L’économie allemande manque de réponses
- L’économie allemande n’a augmenté que de 1 % depuis 2019, tandis que la production industrielle continue de baisser.
- Un vieillissement de la population et la hausse des coûts de l’aide sociale mettent à rude épreuve le modèle de croissance du pays.
- Des investissements faibles, des prix élevés de l’énergie et des tensions politiques freinent un changement économique nécessaire.
Lorsque la plus grande économie européenne cesse de croître, cela signifie que toute la région est en difficulté.
Et l’économie allemande fait actuellement face à un important problème de croissance.
Les usines rétrécissent, les coûts de l’aide sociale augmentent, et le système politique peine à répondre.
Les mêmes signes d’alerte apparaissent dans les rapports des groupes industriels, des économistes et des conseillers gouvernementaux.
Ils pointent vers un changement plus profond qui n’est pas causé par une seule crise, mais par plusieurs pressions de longue date qui se déplacent simultanément.
L’histoire de la croissance économique de l’Allemagne
Depuis 2019, l’économie allemande n’a augmenté que de 1 %, tandis que celle des États-Unis a augmenté de 12 %, et la croissance moyenne des pays de l’UE a été de 4 % sur cette période.
Ces différences indiquent quelque chose de plus profond que les effets de la pandémie ou les prix de l’énergie.
Ils montrent que les moteurs sous-jacents de l’Allemagne ne produisent plus la puissance qu’ils produisaient autrefois.
Les prévisions pour 2026 indiquent une croissance de 0,9 %, bien qu’un tiers de cette croissance soit due à des jours ouvrables supplémentaires dans le calendrier.
La production industrielle devrait de nouveau diminuer l’année prochaine, marquant quatre années consécutives de contraction.
De plus, la production manufacturière est en déclin depuis 2018, et la reprise après la pandémie a été bien plus faible que prévu.
Le commerce mondial ralentit également brusquement, ce qui est important car l’Allemagne dépend toujours fortement des exportations pour générer de la croissance.
De nombreux économistes affirment désormais que le pays n’a pas encore trouvé de substitut au modèle qui l’a porté dans les années 1990 et 2000.
Une main-d’œuvre en diminution répond à une facture croissante
Le système de retraite allemand est devenu le centre d’une tempête politique, mais la question sous-jacente est démographique.
Environ 20 millions de travailleurs devraient prendre leur retraite au cours des dix prochaines années, tandis que seulement 12,5 millions entreront en âge de travailler.
Le ratio travailleurs/retraités était autrefois de 6:1 à l’époque dorée de l’Allemagne, mais maintenant il est de 2:1 et il diminue.
Les dépenses de retraite représentent déjà environ 12 % du PIB. Les dépenses sociales globales se situent près de 31 % du PIB.
La charge fiscale et de contribution devrait atteindre un record de 41,5 % du PIB en 2025.
De jeunes législateurs conservateurs ont commencé à se révolter contre un projet de loi sur les retraites qui garantit des versements jusqu’en 2031 et au-delà.
Leur résistance n’est pas simplement idéologique. Ils considèrent ce projet de loi comme une nouvelle étape vers la hausse des contributions des futurs travailleurs.
Le chancelier fait désormais face à une rébellion au sein de son propre parti à propos d’une politique censée stabiliser le système.
La tension politique reflète la tension économique. L’Allemagne a une société vieillissante avec un système de protection sociale adapté à une structure démographique différente.
Que se passe-t-il avec la base industrielle allemande
L’économie industrielle allemande subit des pressions dues à des coûts plus élevés et à une concurrence plus féroce.
Les secteurs énergivores ont peiné depuis la perte du gaz russe bon marché.
Les prix de l’électricité restent plus élevés qu’aux États-Unis et dans de nombreux voisins européens, ce qui rend les décisions d’investissement plus difficiles pour les entreprises opérant avec des marges faibles.
Les coûts de main-d’œuvre ont augmenté plus rapidement que la productivité ces dernières années. Cela réduit la compétitivité même lorsque la demande mondiale est forte.
Le secteur automobile en est l’illustration. Les constructeurs automobiles allemands ont bâti leur réputation grâce à l’ingénierie et à la technologie de combustion.
Le passage aux véhicules électriques et au design axé sur les logiciels a changé ce qui crée de la valeur dans l’industrie.
Des entreprises comme Tesla et la chinoise BYD se sont rapidement développées. Les producteurs allemands ont réduit des emplois et réduit leurs plans de production.
Les groupes de pression de l’industrie avertissent que l’écart pourrait s’élargir sans une adaptation rapide.
Pourquoi les perspectives de croissance restent faibles
L’économie allemande fait face à plusieurs vents contraires en même temps. Les exportations sont sous pression car le commerce mondial ralentira l’année prochaine.
L’investissement privé reste faible car les entreprises sont incertaines quant à la demande à long terme et aux coûts énergétiques.
Les dépenses publiques en défense et infrastructures devraient augmenter, mais les grands projets avancent lentement en raison des règles d’urbanisme et des retards administratifs.
La Bundesbank ne prévoit qu’une légère amélioration de la production au dernier trimestre 2025. Les évaluations du FMI avertissent que l’Allemagne pourrait avoir du mal à retrouver une forte croissance à moins d’entreprendre des réformes plus significatives.
De nombreux économistes soulignent que l’Allemagne sous-investit depuis des années. Les infrastructures numériques, les réseaux de transports publics, les installations scolaires et les systèmes énergétiques nécessitent d’importantes modernisations.
Ces domaines façonnent la productivité, mais les progrès ont été inégaux. L’économie allemande ne peut pas s’appuyer sur ses anciennes forces si les bases de nouvelles industries ne sont pas construites dès maintenant.
Le fossé d’investissement qui freine les nouvelles industries
Les dépenses de recherche en Allemagne restent élevées, mais elles sont concentrées dans des secteurs traditionnels tels que le génie mécanique, la chimie et les moteurs à combustion.
Ces domaines restent importants, mais ils n’offrent plus le même potentiel de croissance qu’autrefois.
Les secteurs de haute technologie comme la biotechnologie, l’intelligence artificielle et l’informatique avancée nécessitent des compétences et des structures de financement différentes.
Le capital-risque allemand est faible comparé aux États-Unis et de nombreuses start-ups en phase avancée déménagent à l’étranger pour accéder à des marchés de capitaux plus profonds. Les banques dominent toujours le prêt aux entreprises, qui soutient les entreprises établies mais ralentit l’expansion des jeunes entreprises ayant besoin d’un financement flexible. Cela maintient la croissance de la productivité faible et limite la diversité de la base économique.
Un gouvernement sous pression dans un paysage politique tendu
La coalition dirigée par le chancelier Friedrich Merz dispose d’une majorité très étroite. Les désaccords internes autour du projet de loi sur les pensions ont révélé à quel point la position du gouvernement est devenue fragile.
Des groupes industriels estiment que les réformes sont trop lentes pour l’ampleur du défi.
Les sondages d’opinion montrent l’extrême droite AfD devant le gouvernement dans certains sondages.
Cela ajoute un risque politique à toute politique qui impose des coûts clairs aux électeurs.
L’Allemagne dispose encore d’institutions solides et d’une main-d’œuvre qualifiée, mais son économie est à un tournant. Les pressions accumulées au cours de la dernière décennie deviennent de plus en plus difficiles à ignorer. Les décisions prises maintenant influenceront la croissance de l’économie allemande dans les années à venir.
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