L’OPEP+ devrait probablement maintenir les niveaux actuels de production alors que les préoccupations de surapprovisionnement montent

  • La coalition OPEP+ devrait procéder à un gel de la production en raison d’une suroffre mondiale croissante.
  • Les contrats à terme sur le pétrole brut ont reculé de 17 % en 2025, principalement en raison de l’augmentation de l’offre et du ralentissement de la demande mondiale.
  • Le blocus du Venezuela, la guerre Ukraine-Russie et la tension entre l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis sur le marché pétrolier soutiennent le marché pétrolier.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés devraient procéder à la pause prévue de la production lors de la réunion de ce week-end, alors que les preuves d’un excès mondial de pétrole continuent de s’accumuler, a indiqué Bloomberg dans un rapport.

Une visioconférence mensuelle est prévue pour le 4 janvier, où des membres clés, notamment l’Arabie saoudite et la Russie, se réuniront pour évaluer la décision — initialement prise en novembre — de maintenir un gel des augmentations de l’offre tout au long du premier trimestre, selon trois délégués cités dans le rapport.

Cette pause fait suite à une période d’augmentation rapide de la production plus tôt dans l’année.

La politique a été confirmée par la coalition lors d’une réunion plus tôt ce mois-ci et devrait être réaffirmée lors de la prochaine réunion.

Les difficultés du pétrole en 2025

Les contrats à terme sur le pétrole brut ont connu une baisse significative cette année, enregistrant une baisse de 17 % et les positionnant pour leur baisse annuelle la plus importante depuis la perturbation économique généralisée causée par la pandémie de 2020.

Cette forte baisse est principalement due à un déséquilibre fondamental du marché mondial du pétrole : une hausse de l’offre coïncidant avec un ralentissement de la croissance de la demande mondiale.

Du côté de l’offre, la production a considérablement augmenté, résultant à la fois de la coalition OPEP+ et de ses principaux concurrents non membres, notamment les États-Unis.

Malgré les réductions de production convenues par les membres de l’OPEP+, l’augmentation de la production d’autres pays a maintenu le marché bien approvisionné.

Parallèlement, le rythme de la croissance de la demande mondiale de pétrole a ralenti, reflétant des vents contraires économiques plus larges et, dans certaines régions, une reprise post-pandémique mûrissante.

Les inquiétudes concernant une inflation persistante, des taux d’intérêt plus élevés et un secteur manufacturier lent dans les grandes économies ont refroidi les attentes d’une consommation énergétique robuste.

En regardant vers l’avenir, le consensus parmi les principaux prévisionnistes énergétiques pointe vers un excédent important sur le marché.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE), une voix majeure dans l’analyse du marché de l’énergie, prévoit actuellement un surplus record pour l’année à venir.

Même le secrétariat de l’OPEP, qui a historiquement tendance à adopter une vision plus optimiste ou « haussière » de la demande et de la stabilité du marché que d’autres agences, prévoit un excédent modeste mais notable.

Cette attente généralisée d’un surplus d’offre renforce le sentiment baissier qui domine actuellement les marchés du pétrole brut, suggérant que la pression à la baisse sur les prix devrait persister à moins que l’offre ne soit significativement réduite ou que l’activité économique mondiale ne s’accélère fortement pour stimuler la demande.

Tensions géopolitiques accrues

Face à une incertitude géopolitique croissante sur les marchés pétroliers mondiaux, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires tiennent leur dernière réunion en ligne.

Le Venezuela, membre de l’OPEP, a dû commencer à fermer ses puits de pétrole.

Cette action est une conséquence directe d’un blocus imposé par les États-Unis par l’administration du président Donald Trump, qui a impliqué la saisie et la poursuite de pétroliers transportant du pétrole brut vénézuélien.

De plus, des attaques ukrainiennes ont ciblé les infrastructures pétrolières russes et les pétroliers, touchant également le Kazakhstan, un autre membre de l’alliance.

Une rare tension publique est apparue dans la relation entre l’Arabie saoudite, le chef du groupe, et son voisin, les Émirats arabes unis, notamment concernant le conflit au Yémen.

Riyad a publiquement pressé mardi les Émirats arabes unis de cesser son soutien aux groupes armés opérant au Yémen.

La décision de l’Arabie saoudite et de ses alliés de rétablir rapidement les approvisionnements en pétrole — interrompus depuis 2023 — a surpris les négociants pétroliers en avril, d’autant plus que les marchés mondiaux semblaient déjà bien approvisionnés.

L’accord initial visait une restauration rapide de 2,2 millions de barils par jour.

Cela a été suivi par une renaissance plus lente d’une seconde couche, un processus qui a été interrompu le mois dernier.

Environ 1,2 million de barils par jour provenant de ces deux couches sont encore hors service, en partie parce que certains pays peinent à respecter les augmentations de production engagées.