L’action Oklo a bondi de 15 % après l’accord avec Meta : OKLO est-il le prochain gagnant de l’infrastructure IA ?

  • L’action d’Oklo a bondi de 15 % après que Meta a accepté de soutenir un campus nucléaire de 1,2 gigawatt dans l’Ohio.
  • Meta prévoit d’obtenir jusqu’à 6,6 GW d’énergie nucléaire d’ici 2035 pour répondre à la demande de centres de données IA.
  • Cet accord marque la première validation commerciale majeure d’Oklo après des années en tant que start-up avant le chiffre d’affaires.

L’action Oklo (NYSE : OKLO) a bondi de plus de 15 % vendredi après que Meta a annoncé un accord pour soutenir le développement d’un campus nucléaire avancé de 1,2 gigawatt dans le comté de Pike, dans le sud de l’Ohio.

Cet accord historique marque la première validation commerciale majeure du petit fabricant de réacteurs modulaires et signale un appétit croissant des entreprises pour l’énergie nucléaire afin de soutenir les opérations d’intelligence artificielle.

L’annonce souligne un point d’inflexion crucial : alors que les centres de données IA consomment de l’électricité à des rythmes qui sollicitent les réseaux vieillissants, les grandes entreprises technologiques se tournent vers l’énergie nucléaire.

Pour Oklo, une startup soutenue par des capital-risqueurs qui a fonctionné jusqu’à présent comme une entreprise technologique pré-revenu, le partenariat avec Meta constitue une preuve de concept que les offtakes d’entreprise peuvent réellement fonctionner.

Actions d’Oklo : Pourquoi les grandes entreprises technologiques financent l’énergie nucléaire

L’annonce de Meta vendredi a révélé une ambitieuse stratégie nucléaire à trois volets visant à sécuriser jusqu’à 6,6 gigawatts d’énergie d’ici 2035, soit l’équivalent de l’électricité pour environ 5 millions de foyers.

L’entreprise a signé des accords d’achat d’électricité de 20 ans avec Vistra pour trois centrales nucléaires existantes dans l’Ohio et la Pennsylvanie, tout en investissant simultanément dans des partenariats de développement avec Oklo et TerraPower.

Grâce à ces partenariats, le géant technologique vise à mettre en service les petits réacteurs modulaires de nouvelle génération d’ici une décennie.

La logique est simple : l’entraînement et l’inférence de l’IA, le calcul nécessaire pour exécuter de grands modèles de langage comme les propres systèmes d’IA de Meta, demande des quantités astronomiques d’électricité.

Goldman Sachs prévoit que la demande mondiale d’électricité pour centres de données pourrait augmenter de 165 % d’ici 2030 par rapport à 2023, les charges de travail de l’IA étant à l’origine de cette croissance.

L’analyste de Wedbush, Dan Ives, note que les cessions d’entreprise réduisent de manière significative à la fois le risque de financement et d’exécution pour les développeurs nucléaires, permettant à des entreprises comme Oklo de sécuriser leurs sources de revenus avant que les régulateurs n’approuvent leurs conceptions.

Pour les hyperscalers comme Meta, sécuriser le pouvoir aujourd’hui n’est plus optionnel, c’est une nécessité stratégique pour rester compétitif dans la course aux armements de l’IA.

Du pilote au succès

Dans le cadre de l’accord Meta, le géant technologique paiera d’avance l’électricité et fournira des financements pour faire avancer le projet de centrale d’Aurora d’Oklo, conçu pour produire jusqu’à 1,2 gigawatt dans le comté de Pike d’ici 2034.

La pré-construction débute en 2026, la première phase entrant en service d’ici 2030.

De manière cruciale, le soutien de Meta réduit les risques liés aux achats précoces, à l’acquisition de carburant et à l’infrastructure du site, permettant à Oklo de passer du statut de vaporware à une entreprise avec une demande client validée et un financement partiel du projet.

L’enthousiasme du marché, cependant, s’accompagne de réserves.

Les petits réacteurs modulaires (SMR) restent non éprouvés à l’échelle commerciale aux États-Unis.

Bien que NuScale ait obtenu l’approbation de conception par la NRC pour sa technologie SMR en 2020 puis de nouveau en mai 2025 pour une conception améliorée, les délais réglementaires pour les permis de construction et les licences d’exploitation s’étendent encore sur 30 mois ou plus.

Les réacteurs Aurora d’Oklo, qui utilisent la technologie à neutrons rapides pour brûler des déchets nucléaires recyclés, ne disposent pas encore de certification de conception NRC, seulement de l’engagement commercial de Meta.

L’accord constitue une validation claire et un catalyseur à court terme, mais l’action Oklo devra franchir des jalons réglementaires et respecter les calendriers de financement des projets pour justifier les valorisations actuelles.