« Prenez une grande inspiration » : le chef du Trésor américain informe les marchés avant le moment Davos de Trump

« Prenez une grande inspiration » : le chef du Trésor américain informe les marchés avant le moment Davos de Trump
Devesh Kumar
21 janv. 2026, 14:35 PM
  • Bessent demande aux marchés de « prendre une grande inspiration » avant le discours à Davos à enjeux élevés de Trump.
  • Trump menace de payer 10 % de droits de douane sur huit pays européens à cause de la pression du Groenland, suscitant des craintes d’escalade.
  • L’UE pèse 109 milliards de dollars de droits de douane de représailles alors que le Trésor ignore le signal de désinvestissement danois des obligations.

Le très attendu discours du président américain Donald Trump au Forum économique mondial à Davos est dans quelques minutes.

Avant ce discours à enjeux élevés, le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a exhorté à plusieurs reprises les marchés mondiaux et les dirigeants européens à « s’asseoir, se détendre » et « prendre une grande inspiration ».

« Tout le monde, prenez une grande inspiration », a déclaré Bessent à CNBC.

L’intervention du chef du Trésor souligne une faille cruciale qui s’installe entre la confiance de l’administration dans sa stratégie au Groenland et un monde financier qui observe les actifs américains être martelés par la crainte d’une guerre commerciale.

Pourquoi les paroles de Bessent comptent plus qu’elles ne devraient

Quand un secrétaire au Trésor en exercice se sent obligé de dire publiquement aux marchés de ne pas paniquer, c’est parce que la panique s’installe déjà.

Les propos de Bessent sont venus directement après l’escalade des menaces tarifaires de Trump ; le président avait annoncé des droits de douane de 10 % sur huit pays européens s’opposant à sa volonté d’acquérir le Groenland du Danemark.

Le problème immédiat est que les marchés ne croient pas au message froid de l’administration.

L’appel de Bessent à la retenue faisait écho à sa rhétorique d’avril 2025, lorsque Trump a annoncé des tarifs « Jour de la Libération » et qu’on lui a répondu que ces avertissements n’étaient que de la fanfaronnade.

Cette fois, les investisseurs et les dirigeants mondiaux ne croient pas au récit. Les preuves sont présentes sur toutes les grandes classes d’actifs.

Rien que mardi, le SandP 500 a chuté de 2,1 %, le Dow a chuté de 1,8 % et le Nasdaq de 2,4 %, la plus forte baisse en une seule journée depuis trois mois.

L’indice du dollar a glissé à un plus bas de deux semaines autour de 98,5, alors que les investisseurs étrangers fuyaient massivement les actifs américains.

Les rendements des obligations du Trésor à dix ans ont grimpé vers 4,27 %, tandis que les obligations à 30 ans se sont approchées du seuil critique de 5 % à 4,9 %, ce qui indique que les acheteurs d’obligations se dirigent vers la sortie.

Ce que les marchés observent à Davos

La tentative de Bessent de minimiser les risques reflétait une anxiété plus profonde, car la riposte européenne pourrait dégénérer en quelque chose de bien pire que les tarifs traditionnels de type « œil pour œil ».

L’UE a indiqué qu’elle pourrait imposer des droits de douane sur 109 milliards de dollars de biens américains en échange.

Plus menaçant pour les responsables du Trésor comme Bessent est le spectre que l’Europe utilise ses énormes détentions en bons du Trésor américain et en actions.

Un fonds de pension danois a déjà annoncé son intention de se désinvestir des obligations du gouvernement américain, un coup symbolique à l’avant.

Bessent a balayé cela d’un revers de main, qualifiant les avoirs du Trésor du Danemark d'« insignifiants ».

Mais en privé, le Trésor sait exactement ce qui est en jeu.

Si les banques centrales et institutions européennes entament un retrait coordonné des actifs en dollars, cela pourrait déstabiliser toute l’architecture financière qui soutient les coûts d’emprunt américains et le commerce mondial.

Trump arrive à Davos mercredi matin avec son propre message à transmettre, probablement bien plus combatif que le ton mesuré de Bessent.