Les actions Ubisoft chutent de 33 % après une restructuration et des annulations de jeux

Les actions Ubisoft chutent de 33 % après une restructuration et des annulations de jeux
Ananthu C U
22 janv. 2026, 12:08 PM
  • Les actions d’Ubisoft ont atteint un niveau historiquement bas après avoir annulé six jeux et averti d’une perte d’exploitation d’un milliard d’euros.
  • L’éditeur français fermera les studios, réduira les coûts et se divisera en cinq divisions créatives par genre.
  • Les prévisions de réservations nettes pour 2026 ont été réduites à 1,5 milliard d’euros, déclenchant la pire journée de l’action depuis 1996.

Les actions d’Ubisoft Entertainment ont connu leur pire journée jamais enregistrée jeudi après que l’éditeur français de jeux vidéo a dévoilé une réorganisation majeure, la fermeture de studios et l’annulation de six jeux, accentuant les inquiétudes quant à sa trajectoire financière.

Les actions du fabricant « Assassin’s Creed » ont chuté jusqu’à 33 % lors de transactions différées, menant les pertes sur l’indice SBF 120 de Paris et marquant la plus forte baisse en une journée depuis l’introduction en bourse de la société en 1996.

L’action se négociait autour de 4,6 €, ce qui donnait à Ubisoft une capitalisation boursière d’environ 616 millions d’euros (720 millions de dollars), selon les données du marché.

Cette vente fait suite à des années de baisse des performances boursières après la pandémie de Covid-19, alors qu’Ubisoft faisait face à des sorties retardées, à la hausse des coûts et à l’affaiblissement des réservations.

Restructurations majeures et fermetures de studios

Mercredi soir, Ubisoft a annoncé une refonte majeure de l’organisation, incluant des plans de division de ses activités en cinq divisions créatives organisées par genre de jeu.

Dans le cadre de cette restructuration, la société a annoncé qu’elle fermerait ses studios à Halifax, au Canada, et à Stockholm, tout en réalisant des restructurations dans les studios d’Abu Dhabi, Helsinki et Malmö.

Ubisoft a également confirmé qu’il annulerait le développement de six jeux, dont un remake très attendu de Prince of Persia, et retarderait un titre non annoncé d’un an.

« L’environnement de marché actuel exige que le Groupe modifie progressivement sa manière d’organiser et de fonctionner », a annoncé Yves Guillemot, fondateur et PDG d’Ubisoft, dans le communiqué.

« La réorientation du portefeuille aura un impact significatif sur la trajectoire financière à court terme du Groupe, en particulier pour les exercices 2026 et 2027, mais cette réinitialisation renforcera le Groupe et lui permettra de se renouveler avec une croissance durable et une génération de trésorerie robuste. »

L’entreprise a indiqué que la restructuration avait déclenché une déduction de 650 millions d’euros et qu’elle prévoit désormais une perte d’exploitation d’environ 1 milliard d’euros (1,17 milliard de dollars) pour l’exercice se terminant en 2026.

Réductions de prévisions et plans d’économie

Parallèlement à cette restructuration, Ubisoft a fortement baissé ses perspectives.

La société prévoit désormais des réservations nettes d’environ 1,5 milliard d’euros (1,75 milliard de dollars) pour l’exercice se terminant en 2026, soit une baisse de 330 millions d’euros par rapport aux prévisions précédemment publiées. Elle a également retiré ses prévisions antérieures pour les exercices 2026 et 2027.

Ubisoft a déclaré qu’elle envisagerait de vendre des actifs dans le cadre des efforts pour stabiliser ses finances.

Les mesures de réduction des coûts devraient générer 500 millions d’euros (580 millions de dollars) d’économies, les coûts fixes étant projetés à 1,25 milliard d’euros (1,46 milliard de dollars) sur une base de fonctionnement d’ici mars 2028, contre 1,75 milliard d’euros (2,35 milliards de dollars) pour l’exercice se terminant 2023.

La société a séparément déclaré qu’elle réduirait 200 millions d’euros de coûts au cours des deux prochaines années.

L’entreprise a également averti qu’elle perdrait environ 1 milliard d’euros sur une base ajustée avant intérêts et impôts au cours de cet exercice, contre une estimation précédente d’un seuil de rentabilité.

Réaction du marché et impact des investisseurs

Les analystes ont réagi vivement à cette annonce. « C’est un avertissement de profit désastreux dans une longue série de catastrophes sans répons », ont déclaré les analystes de Bernstein.

Cette chute a marqué une victoire significative pour les vendeurs à décpro.

Citadel détenait une position courte équivalente à 0,89 % des actions Ubisoft mardi, ce qui implique des bénéfices d’environ 240 millions d’euros grâce au transfert de jeudi, selon les documents français sur les valeurs mobilières.

Marchant MC, basée à Londres, a également révélé une position courte valant 0,56 % de la société.

Les actions d’Ubisoft ont désormais perdu près de la moitié de leur valeur au cours de l’année écoulée et sont bien en dessous de leur capitalisation boursière maximale de 2018, qui était d’environ 11 milliards d’euros, soulignant l’ampleur des défis auxquels l’éditeur est confronté alors qu’il tente de réinitialiser son activité.