Brent recule après $106/bbl ; l'or fléchit alors que les espoirs de coupes de taux diminuent
- L'or passe sous $5,000 alors que les espoirs de coupes de taux s'estompent en pleine crise pétrolière.
- Le pétrole reste volatile près de $100 alors que les tensions autour d'Ormuz secouent les marchés.
- Les craintes d'inflation liées à la hausse du brut pèsent sur les cours de l'or et de l'argent.
Les prix de l'or ont poursuivi leur recul lundi, le métal jaune passant brièvement sous la barre des $5,000 l'once en raison de la réduction des paris sur des coupes de taux de la Réserve fédérale américaine.
Les prix de l'argent au COMEX sont également tombés sous les $80 l'once lundi, les craintes d'une hausse de l'inflation liée à des prix élevés du pétrole pesant sur le sentiment.
Le contrat argent COMEX s'établissait en dernier lieu à $80.480 l'once, en baisse de 1,3 %.
Par ailleurs, le Brent a dépassé les $106 le baril alors que les tensions géopolitiques montaient au Moyen-Orient et que les perturbations d'offre restaient au premier plan.
Cependant, les prix ont reculé au moment de la rédaction, le brut West Texas Intermediate (WTI) chutant de plus de 2 % après que le président américain Donald Trump a appelé à des efforts mondiaux pour sécuriser le détroit d'Ormuz.
Parmi les métaux de base, les prix de l'aluminium ont effacé leurs gains initiaux et s'établissaient à $3,404.65 la tonne, en recul de 0,5 % sur le London Metal Exchange.
Le contrat cuivre à trois mois était en baisse à $12,846 la tonne, en hausse de 0,7 %.
L'or en repli
L'attrait de l'or, actif sans rendement, s'est atténué lundi, les cours du métal précieux ayant reculé.
Cette baisse a été alimentée par les craintes que la flambée des coûts du pétrole n'accélère l'inflation, conduisant potentiellement les grandes banques centrales, telles que la Réserve fédérale américaine, à adopter une position plus restrictive.
La pression sur les marchés se poursuit en raison de la hausse des prix du pétrole, situation aggravée par la frappe américaine sur le terminal pétrolier de l'île de Kharg en Iran, un hub majeur d'exportation du pays.
L'envolée du coût de l'énergie alimente les craintes inflationnistes, ce qui réduit à son tour la probabilité d'un assouplissement à court terme de la politique monétaire.
Ce contexte pèse sur l'or, des taux d'intérêt plus élevés rendant les actifs non rémunérateurs moins attractifs.
L'attention cette semaine sera portée sur les banques centrales du monde entier, à commencer par la Fed, dont on attend largement qu'elle maintienne son taux directeur inchangé.
Des décisions clés de politique monétaire sont également attendues des banques centrales de la zone euro, du Royaume‑Uni, du Japon, de la Suisse, d'Australie, du Canada, de la Chine, du Brésil et de la Russie.
Les marchés restent volatils alors que le conflit militaire au Moyen‑Orient entre dans sa troisième semaine sans signe de désescalade.
Les perspectives à court terme pour l'or paraissent faibles, soutenues par des indicateurs techniques suggérant de nouvelles baisses et en anticipation de la décision attendue de la Réserve fédérale de maintenir ses taux inchangés cette semaine.
« Toutefois, le potentiel de hausse du métal précieux reste limité par la prise de conscience que des prix élevés de l'énergie pourraient contraindre la Fed à retarder les baisses de taux, sentiment reflété par la baisse de 0,6 % des contrats à terme sur l'or américain pour livraison en avril », a déclaré Zain Vawda, analyste de marché chez MarketPulse, dans une note.
Le contrat or COMEX se négociait à $5,020.30 l'once, en baisse de 0,8 %, après être tombé plus tôt lundi à un plus bas de séance à $4,971.30 l'once.
Le pétrole recule, mais les tensions restent vives
Au milieu des attaques contre la production pétrolière du Golfe et de l'appel du président américain Donald Trump à une collaboration mondiale pour sécuriser le détroit d'Ormuz, les cours du pétrole ont connu des évolutions contrastées lundi.
Le Brent de référence avait progressé au‑dessus de $106 plus tôt dans la journée avant de perdre plus de 1 %, tandis que les cours du brut américain ont reculé de plus de 3 %.
Dimanche, Trump a exigé que d'autres pays contribuent à la protection de cet axe énergétique critique, déclarant que Washington discutait avec plusieurs nations de la façon de surveiller le détroit.
Par ailleurs, lundi, le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que le Royaume‑Uni travaillait avec ses alliés sur un plan commun visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et à rétablir la liberté de navigation au Moyen‑Orient, reconnaissant qu'il s'agirait d'une entreprise difficile.
Trump a également indiqué que les États‑Unis étaient en contact avec l'Iran ; toutefois, il a exprimé des doutes quant à la volonté de Téhéran d'engager des négociations sérieuses pour résoudre le conflit.
Au moment de la rédaction, le Brent s'établissait à $102 le baril, en baisse de 1,2 %, tandis que le WTI reculait de 3 % à $93.93 le baril.
Les deux contrats ont enregistré une hausse de plus de 40 % ce mois‑ci, atteignant leurs plus hauts niveaux depuis 2022.
Cette envolée a suivi la décision de l'Iran d'interrompre ses expéditions via le détroit d'Ormuz — une voie essentielle pour 20 % du pétrole et du GNL mondiaux — en riposte aux attaques menées contre l'Iran par les États‑Unis et Israël.
Les opérations de chargement pétrolier au port de Fujairah aux Émirats arabes unis ont repris, selon un article de Reuters.
L'arrêt avait suivi une attaque de drone qui avait provoqué un incendie dans la zone industrielle pétrolière de l'émirat plus tôt.
Fujairah est un débouché clé pour le brut Murban des ÉAU, traitant environ 1 million de barils par jour — soit près de 1 % de la demande mondiale — et se situe en dehors du détroit d'Ormuz.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a déclaré jeudi que la guerre en cours au Moyen‑Orient provoque la plus importante perturbation de l'offre pétrolière de l'histoire, coïncidant avec des réductions de production de grands producteurs, notamment les ÉAU, l'Arabie saoudite et l'Irak.
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