Matières premières : l'or >5 000$ avant la décision de la Fed; le pétrole bondit
- Le pétrole bondit en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz et des craintes d'approvisionnement liées à l'Iran et aux EAU.
- La Fed américaine devrait maintenir les taux face à la flambée des prix du pétrole et au risque d'inflation.
- L'or stable près de 5,000$ l'once mais peine à jouer son rôle de valeur refuge.
Les cours de l'or sont restés stables après avoir passé la majeure partie de la journée dans le rouge mardi, alors que les acteurs du marché attendaient l'issue de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.
L'argent a progressé de près de 1% au moment de la rédaction, les cours continuant de se consolider au‑dessus des 80$ l'once.
Parallèlement, les cours du pétrole ont gagné 2%, retrouvant du terrain après de fortes pertes lors de la séance précédente, l'intensification du conflit au Moyen‑Orient pesant.
Les métaux de base affichent des performances mixtes, après l'appel du président américain Donald Trump en faveur d'une coupe urgente des taux par la Fed.
De plus, Trump a prédit une forte chute des prix du pétrole une fois le conflit en Iran terminé.
Au moment de la rédaction, le contrat aluminium à trois mois valait 3,403$ la tonne, en hausse de 0.4%, tandis que le contrat cuivre reculait de 0.5% à 12,795.13$ la tonne.
L'or stable
Mardi, les cours de l'or sont restés stables. Les acteurs du marché étaient concentrés sur l'escalade du conflit en Iran et sur la décision de politique monétaire attendue de la Réserve fédérale américaine.
Le cours de l'or peine à jouer son rôle de valeur refuge en période de crise.
Il se négocie actuellement à juste au‑dessus de 5,000$ l'once.
Le prix de l'or a chuté d'environ 5% depuis le début de la guerre en Iran il y a deux semaines et demie.
Ce déclin a été exacerbé par le renforcement marqué du dollar américain, qui s'est également produit depuis le début du conflit.
La guerre en cours menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui entre maintenant dans sa troisième semaine, est à l'origine de l'inflation actuelle en raison des perturbations significatives qu'elle a provoquées dans le commerce de l'énergie.
La banque centrale américaine devrait annoncer mercredi sa décision de maintenir les taux d'intérêt inchangés.
Les anticipations du marché concernant des baisses de taux de la Réserve fédérale ont fortement évolué depuis le début de la guerre.
À la fin de la semaine dernière, les contrats Fed Funds n'indiquaient plus même une réduction modeste de 25 points de base d'ici la fin de l'année.
Cela représente pour le marché l'exclusion d'environ 50 points de base de baisses de taux précédemment anticipées.
« Cela s'explique principalement par la forte hausse des prix du pétrole et les risques inflationnistes qui en résultent », a déclaré Carsten Fritsch, analyste matières premières chez Commerzbank AG, dans un rapport.
Le contrat à terme or COMEX était pour la dernière fois à 5,013.25$ l'once, globalement stable par rapport à la clôture précédente.
Les cours de l'argent étaient également pour la plupart inchangés à 80.645$ l'once après avoir passé la majeure partie de la journée dans le vert.
Le pétrole grimpe après les dernières attaques iraniennes
Les cours du pétrole ont progressé de plus de 1% mardi, compensant partiellement les pertes de la séance précédente.
Cette hausse a été alimentée par de nouvelles craintes d'approvisionnement liées aux attaques iraniennes contre les Émirats arabes unis et à la fermeture, toujours importante, du détroit d'Ormuz.
Au moment de la rédaction, le brut West Texas Intermediate se situait à 94.05$ le baril, en hausse de 1,7%, tandis que le Brent valait 101.60$ le baril, en progression de 1,4%.
À un moment de la journée, les prix avaient bondi de plus de 4%.
Lors de la séance précédente, le Brent avait perdu 2.8% tandis que le WTI américain reculait de 5.3% après que certains navires eurent traversé le passage clé du détroit d'Ormuz.
Le conflit en cours entre les États-Unis et Israël contre l'Iran entre dans sa troisième semaine sans résolution, l'Iran intensifiant ses attaques contre les Émirats arabes unis (EAU).
Une troisième attaque en quatre jours a provoqué mardi un incendie au terminal d'exportation de Fujairah aux EAU, entraînant au moins un arrêt partiel des chargements de pétrole.
Par ailleurs, les opérations sur le gisement de gaz Shah restent suspendues après une attaque antérieure.
Fujairah est d'une importance stratégique, situé dans le golfe d'Oman, juste à l'extérieur du détroit d'Ormuz. C'est un point de passage crucial pour des exportations pétrolières équivalant à environ 1% de la demande mondiale.
Cette perturbation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, passage critique pour environ 20% du pétrole mondial et le commerce de gaz naturel liquéfié (GNL), a déclenché des inquiétudes concernant de potentielles pénuries d'approvisionnement, la hausse des coûts énergétiques et une inflation accrue.
Malgré l'utilisation possible de routes de transport alternatives, et en tenant compte des exportations iraniennes toujours en cours, l'offre pétrolière mondiale subirait néanmoins un déficit journalier important de 13.5 millions de barils, selon Commerzbank.
Donald Trump, le président américain, a critiqué lundi plusieurs alliés occidentaux pour leur "ingratitude" après qu'ils eurent refusé sa demande de déployer des navires de guerre pour escorter le trafic commercial à travers le détroit, malgré le soutien qu'ils ont reçu des États-Unis pendant des décennies.
Le conseiller économique de la Maison‑Blanche, Kevin Hassett, a déclaré à CNBC mardi que les pétroliers « commencent à passer au compte‑gouttes » dans le détroit d'Ormuz.
Il a réitéré la position de l'administration Trump selon laquelle le conflit avec l'Iran devrait durer des semaines, et non des mois.
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