Dettes en hausse et salaires faibles : la génération Z exclue du marché du travail ?

Dettes en hausse et salaires faibles : la génération Z exclue du marché du travail ?
Diya Poddar
21 mars 2026, 11:05 AM
  • La dette étudiante croissante dépasse la hausse des salaires et accentue la pression financière.
  • L'IA et les changements dans le recrutement réduisent la valeur des diplômes traditionnels.
  • La pression financière retarde les étapes de vie et modifie les choix professionnels.

Une part croissante de la génération Z (définie comme les personnes nées entre 1997 et 2012) se retire du travail et de l'éducation au moment où les fardeaux d'endettement augmentent et où les salaires peinent à suivre le coût de la vie.

Dans les principales économies, des millions de jeunes sont désormais classés comme NEET, c'est‑à‑dire ni en emploi, ni en éducation, ni en formation.

Ce phénomène suscite des inquiétudes quant à la participation à long terme au marché du travail et à la croissance économique.

Les données d'institutions mondiales et des enquêtes sur l'emploi suggèrent que la pression financière, les faibles perspectives d'emploi et l'évolution des attitudes vis‑à‑vis du travail contribuent tous à un fossé croissant entre les jeunes et le marché du travail.

L'inactivité des jeunes augmente

Au niveau mondial, environ une personne sur cinq âgée de 15 à 24 ans était classée comme NEET en 2023, selon l'Organisation internationale du Travail.

Cette tendance est particulièrement visible en Europe.

En Espagne, plus d'un demi‑million de jeunes ne travaillent ni n'étudient. Au Royaume‑Uni, près de 3 millions d'individus de la génération Z sont économiquement inactifs, dont 384,000 depuis la pandémie de COVID.

Un rapport de PwC a constaté que quatre travailleurs sur dix de la génération Z envisageraient de quitter leur emploi et de dépendre des allocations de chômage. Cela reflète un désengagement croissant vis‑à‑vis des parcours d'emploi traditionnels.

Le fardeau de la dette augmente

La dette étudiante devient un facteur central de ce changement. Au Royaume‑Uni, un diplômé doit désormais plus de £314,356, dépassant le coût moyen d'un logement et établissant un nouveau record.

Alors que le diplômé type quitte l'université avec environ £45,000 de dette, un petit mais croissant groupe doit plus de £267,000.

Plus de 150,000 emprunteurs ont désormais des soldes supérieurs à £100,000, en hausse à mesure que les intérêts se capitalisent.

Le phénomène est global. Aux États‑Unis, la dette étudiante totale a dépassé $1.7 trillion.

Parallèlement, les gains n'ont pas suivi. Les données montrent que les personnes au début de la vingtaine gagnent environ $45,500, contre $51,852 pour les milléniaux au même âge, ajusté pour l'inflation.

Dans le même temps, les prix de l'immobilier ont augmenté plus de deux fois plus vite que les revenus depuis 2000, creusant l'écart entre revenus et capacité d'achat.

Le marché du travail se resserre

Les opportunités pour les nouveaux entrants se font plus limitées. Au Royaume‑Uni, plus de 1.2 million de candidatures ont été soumises pour moins de 17,000 postes pour diplômés lors d'un récent cycle de recrutement.

Certains diplômés déclarent avoir postulé à des centaines d'offres sans succès.

Aux États‑Unis, des organisations comme Goodwill ont averti d'une possible hausse du chômage des jeunes à mesure que l'intelligence artificielle remplace des postes de niveau d'entrée.

Les employeurs réorientent également leurs priorités, accordant moins d'importance aux diplômes et davantage aux compétences pratiques.

Les attitudes envers le travail évoluent

La pression économique reconfigure la manière dont la génération Z aborde le travail. Beaucoup se montrent moins attachés aux parcours professionnels traditionnels et aux longues heures.

Certains choisissent des postes à moindre pression offrant plus de souplesse, notamment dans l'enseignement et les métiers, tandis que d'autres évitent les carrières en entreprise.

Les tendances en matière de santé mentale influencent aussi les décisions. Plus d'un tiers des 18‑24 ans déclarent des affections telles que l'anxiété ou la dépression.

La pression financière retarde des étapes de vie clés.

Environ 14% des diplômés déclarent que la dette les a contraints à retarder leur départ du foyer parental ou la fondation d'une famille, tandis qu'un tiers a retardé l'épargne pour un logement ou la retraite.

En conséquence, un diplômé sur trois estime désormais que son diplôme n'a pas été rentable financièrement.