L'action Air Canada confrontée à des vents contraires : et maintenant ?

  • L'action Air Canada a chuté de près de 20 % par rapport au plus haut de l'année de $21.65.
  • L'activité de la société fait face à d'importants vents contraires alors que les prix du kérosène continuent d'augmenter.
  • L'action d'Air Canada continuera probablement de baisser à court terme.

Le cours d'Air Canada a reculé ces dernières semaines, reflétant la performance des autres compagnies aériennes, qui ont chuté depuis le début de la guerre en Iran. AC est tombé à $17.35 vendredi, en baisse d'environ 20 % par rapport à son plus haut de l'année.

D'autres titres du secteur aérien ont également reculé, l'ETF US Global Jets très surveillé (JETS) passant à $22, contre un sommet depuis le début de l'année à $31.25.

L'action Air Canada sera sous les projecteurs aujourd'hui après que l'un de ses avions a été impliqué dans un accident à New York qui a fait deux morts. 

La guerre en Iran va affecter l'activité d'Air Canada 

Air Canada, le géant canadien du transport aérien, fait face à d'importantes turbulences alors que la guerre en Iran se poursuit.

Le principal défi pour la compagnie est la flambée des prix du kérosène, qui suit la hausse des prix de l'énergie. Le Brent et le West Texas Intermediate (WTI) ont grimpé respectivement à $112 et $100.

En conséquence, selon l'IATA, le prix moyen du kérosène a bondi à 175 le baril, en hausse de 62 % par rapport au mois précédent. Les carburants en Amérique du Nord sont passés à 182c, en hausse de 54 % par rapport au mois précédent.

La hausse des prix du carburant pèse sur les compagnies aériennes car il s'agit du principal poste de coût auquel elles sont confrontées. Cette situation est d'autant plus sensible pour les compagnies qui n'ont pas couvert leurs coûts de carburant.

Cette flambée a interrompu le fort élan d'Air Canada, comme l'ont montré les derniers résultats financiers. L'activité de la société est aussi affectée par ses liaisons au Moyen-Orient, qui ont ralenti avec la poursuite du conflit.

Les résultats ont montré qu'Air Canada a réalisé des produits d'exploitation de $5.8 billion, un niveau record. Ils ont également révélé que son résultat d'exploitation a bondi à $918 million.

D'autres indicateurs ont continué de s'améliorer, signe que l'impact du conflit commercial entre les États-Unis et le Canada n'a pas entravé ses opérations. De plus, la compagnie a présenté de solides chiffres malgré une grève survenue durant l'été.

Le chiffre d'affaires annuel d'Air Canada s'est élevé à $22.3 billion, tandis que ses charges d'exploitation ont grimpé à $21.4 billion, lui procurant un résultat d'exploitation de $918 million. Son bénéfice net dépassait $644 million.

La société prévoit que son activité dégagera un EBITDA ajusté compris entre $3.35 billion et $3.75 billion, tandis que son flux de trésorerie disponible se situera entre $400 million et $800 million. Cette croissance devrait s'accélérer, avec des revenus atteignant $30 billion en 2030, et un EBITDA ajusté compris entre 18 % et 20 % d'ici là.

Il y a des signes que la société est devenue surévaluée par rapport aux autres compagnies aériennes. Elle affiche un ratio cours/bénéfices prévisionnel de 11, supérieur à 7,3 pour United Airlines, 9,56 pour Delta et 6,3 pour American Airlines.

Prévision du cours d'Air Canada : analyse technique 

Graphique de l'action AC | Source: TradingView 

Le graphique journalier montre que le cours d'Air Canada s'est effondré ces dernières semaines, passant d'un sommet à $21.6 en février au $17.4 actuel.

Il évolue à un niveau de support crucial, qui coïncide avec le plus bas atteint en octobre dernier.

L'action est tombée au point de renversement « Strong pivot » de l'outil Murrey Math Lines. Elle est également passée sous toutes les moyennes mobiles et forme lentement un drapeau baissier.

Par conséquent, l'action poursuivra probablement sa tendance baissière dans les prochains jours, potentiellement jusqu'au plus bas de l'année à $16.40. Une chute sous ce support indiquerait une poursuite de la baisse, éventuellement jusqu'au niveau psychologique à $15.

Côté positif, la guerre en Iran ne durera pas éternellement. En conséquence, les entreprises qui ont plongé pendant le conflit devraient probablement rebondir lorsque la guerre prendra fin.