Les rendements du Trésor américain chutent alors que le pétrole plonge après un cessez‑le‑feu au Moyen‑Orient

Les rendements du Trésor américain chutent alors que le pétrole plonge après un cessez‑le‑feu au Moyen‑Orient
Invezz Team
08 avr. 2026, 10:11 AM
  • Les rendements du Trésor américain reculent alors qu'une trêve au Moyen‑Orient calme les craintes d'inflation.
  • Le pétrole passe sous la barre des $100, stimulant la demande pour les obligations du gouvernement américain.
  • Les signaux de la Fed et les données d'inflation déterminent désormais les perspectives de taux.

Les rendements du Trésor américain ont reculé mercredi alors qu'un gel des hostilités de deux semaines au Moyen‑Orient a atténué les craintes d'un nouvel choc inflationniste et a ramené les investisseurs vers la dette publique.

Le rallye s'est accéléré alors que les prix du pétrole ont fortement reculé, réduisant les craintes que des coûts énergétiques plus élevés ne compliquent la trajectoire de la politique de la Réserve fédérale.

À 3:35 a.m. ET, le rendement du bon du Trésor à 10 ans avait chuté de plus de 10 points de base à 4.2399%, tandis que le deux ans reculait de 11 points de base à 3.7193% et que l'obligation à 30 ans reculait de 7 points de base à 4.8482%.

Un point de base équivaut à 0.01%.

Le rallye obligataire s'accélère

La baisse des rendements suggérait que les investisseurs décontraient une partie de la prime d'inflation incorporée sur le marché obligataire alors que les tensions dans la région avaient augmenté.

Les prix des bons augmentent quand les rendements baissent, et le changement de ton sur le marché indiquait une demande renouvelée pour la dette publique alors que les perspectives pour le pétrole devenaient moins menaçantes.

Le marché obligataire avait été sous pression auparavant, les opérateurs évaluant le risque qu'un conflit régional plus vaste perturbe les flux énergétiques et maintienne des pressions sur les prix.

Le mouvement de mercredi a marqué une inversion, les investisseurs se rassurant à la vue des signes qu'une escalade militaire immédiate pourrait être évitée, du moins pour l'instant.

Le recul des énergies apaise les craintes d'inflation

Les prix du pétrole ont chuté après que le président Donald Trump a déclaré qu'il retarderait une action militaire contre l'Iran pendant que se poursuivaient des pourparlers sur les conditions liées au détroit d'Hormuz.

Ce passage est crucial car il transporte environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié, faisant de toute perturbation une préoccupation directe pour l'inflation, les coûts de transport et le sentiment de risque global.

Cela importe pour le marché obligataire car l'énergie a été l'un des canaux les plus évidents par lesquels le conflit au Moyen‑Orient a alimenté les anticipations d'inflation.

À mesure que les cours du brut reculaient, les opérateurs ont gagné en confiance sur le fait que le dernier choc pétrolier pourrait ne pas être suffisamment sévère pour contraindre la Fed à adopter une posture plus prudente.

L'attention se tourne vers les signaux de politique

Avec l'atténuation des tensions géopolitiques, l'attention revient sur les signaux des banques centrales et sur les données économiques à venir.

La Réserve fédérale a maintenu son taux directeur inchangé lors de sa réunion de mars, le président Jerome Powell reconnaissant que des prix du pétrole plus élevés pourraient compliquer les perspectives d'inflation même si des inquiétudes sur la croissance subsistaient.

Les investisseurs guettent toute nouvelle indication sur la manière dont les décideurs interprètent la récente volatilité des marchés de l'énergie.

Une baisse durable du brut pourrait étayer l'argument en faveur d'un assouplissement des conditions financières, tandis qu'une reprise des pressions sur le pétrole ranimerait rapidement les craintes d'une inflation persistante.

L'enjeu immédiat est de savoir si les conditions plus calmes dans le Golfe perdurent et si la navigation par Hormuz reste stable.

Si le pétrole reste contenu, les rendements du Trésor pourraient encore baisser à mesure que les investisseurs réajustent leurs anticipations en misant sur une modération des risques inflationnistes.

Pour l'instant, le message du marché est clair : la baisse du pétrole aide le rebond des obligations, et les perspectives de taux sont de nouveau davantage dictées par la politique et les données que par la crainte d'un choc énergétique brutal.