Faut-il acheter l'action Uber après son pari européen audacieux de $318M ?

Faut-il acheter l'action Uber après son pari européen audacieux de $318M ?
Devesh Kumar
17 avr. 2026, 10:14 AM

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Invezz
Acheter Uber (UBER)

Acheter UBER. La participation de €318M dans Delivery Hero (4.5%) constitue un point d'appui compatible avec la réglementation qui renforce l'optionnalité d'Uber sur la livraison de repas en Europe tout en préservant la discipline du capital. Elle s'aligne sur le plan de février visant à ajouter sept marchés européens et $1B de gross bookings sur trois ans, et elle est financée par des fondamentaux en amélioration (Q4 trips/GB +22%, adj. EBITDA +35%, FCF $2.8B).

Risque clé : Les marges de la livraison en Europe se compressent plus vite qu'Uber ne peut monter en puissance, transformant la participation en une distraction stratégique tandis que les dépenses en robotaxis continuent de peser sur le flux de trésorerie disponible.

Vendre Delivery Hero (DHER)

Vendre DHER. L'entrée minoritaire d'Uber signale l'arrivée d'un acheteur/partenaire plus concurrentiel et mieux capitalisé sur le marché européen fragmenté de la livraison, et Prosus se retire pour des raisons réglementaires/antitrust — souvent un facteur de pression à court terme. L'action a déjà bondi d'environ 3% après l'annonce ; le potentiel haussier reste limité à moins qu'Uber n'élargisse sa position au-delà d'une participation passive.

Risque clé : Uber convertit la participation minoritaire en un contrôle commercial plus poussé (ou en une participation plus importante) qui améliore matériellement la croissance et la rentabilité de DHER, inversant la pression concurrentielle.

  • Uber achète une participation de 4.5% dans Delivery Hero à Prosus pour €270 million.
  • L'opération profite d'une cession imposée par l'UE, évitant les risques d'une prise de contrôle totale.
  • De bons résultats aident, mais les marges et les dépenses en robotaxis pèsent sur les perspectives.

Uber a réalisé une petite opération porteuse d'un message fort pour les investisseurs.

La société achète une participation de 4.5% dans le groupe allemand de livraison de repas Delivery Hero pour environ €270 million, soit environ $318 million, en acquérant 13.6 million d'actions auprès de Prosus à €20 chacune.

Le calendrier est important : Prosus vend cette participation pour satisfaire aux conditions imposées par la Commission européenne liées à sa transaction Just Eat Takeaway.

Cela signifie qu'Uber exploite une ouverture réglementaire plutôt que de lancer une offre de rachat agressive.

Cela en fait moins une opération de M&A spectaculaire qu'un coup stratégique bien chronométré dans l'un des marchés de livraison les plus concurrentiels au monde.

Petite participation, mais signal stratégique fort

En termes simples, Uber n'essaie pas d'acheter Delivery Hero entièrement.

Uber acquiert une participation minoritaire qui lui donne une plus grande exposition au secteur européen de la livraison de repas en ligne sans les coûts, l'examen et la complexité d'une acquisition complète.

Cette distinction compte : une participation de 4.5% ne confère pas le contrôle à Uber, mais lui offre une vue plus rapprochée des événements.

Les investisseurs ont soutenu l'opération : les actions Delivery Hero ont gagné environ 3% après l'annonce.

L'accord semble davantage stratégique que symbolique puisque Prosus devait réduire sa participation pour des raisons antitrust, et Uber était en position d'acheter.

Pour Uber, l'attrait est évident : l'Europe reste fragmentée, concurrentielle et mûre pour une recomposition.

Acheter une participation relativement faible est une façon moins risquée d'approfondir sa présence et de garder des options stratégiques ouvertes.

Pourquoi l'Europe compte plus que le montant du chèque

Le prix de €270 million est modeste pour une entreprise de la taille d'Uber.

Ce qui donne du poids à l'opération, c'est le contexte général.

En février, Uber a déclaré qu'elle prévoyait d'étendre son activité de livraison de repas dans sept nouveaux marchés européens en 2026 : la République tchèque, la Grèce, la Roumanie, l'Autriche, le Danemark, la Finlande et la Norvège, avec pour objectif d'ajouter $1 billion en gross bookings au cours des trois prochaines années.

Cela fait paraître la participation dans Delivery Hero moins comme une opération isolée et davantage comme une composante d'une offensive régionale plus large.

Cela rend‑il vraiment l'action Uber achetable ?

La réponse honnête est que cet accord renforce l'argumentaire haussier pour Uber, mais ne le tranche pas.

Les derniers résultats officiels d'Uber étaient solides : les trajets du quatrième trimestre 2025 ont augmenté de 22% en glissement annuel, les gross bookings ont également augmenté de 22%, l'EBITDA ajusté a progressé de 35% pour atteindre $2.5 billion, et le flux de trésorerie disponible (free cash flow) a atteint $2.8 billion.

Ces chiffres donnent aux investisseurs des raisons de considérer l'achat d'une participation de $318 million comme financièrement gérable et stratégiquement crédible plutôt que comme irréfléchi.

Toutefois, l'histoire boursière est plus complexe qu'une seule opération en Europe.

L'action Uber a clôturé à $76.48 jeudi, bien en dessous de son plus haut sur 52 semaines à $101.99.

En février, la société avait également prévu un bénéfice ajusté pour le premier trimestre inférieur aux attentes des analystes, les courses moins chères et des impôts plus élevés pesant sur les marges.

Plus récemment, Uber s'est engagée à consacrer plus de $10 billion à sa stratégie de robotaxis, ce qui souligne que les investisseurs évaluent aussi des engagements de dépenses plus lourds et le risque d'exécution.