Chronique : Records historiques, inflation forte et un accord pas encore conclu

Chronique : Records historiques, inflation forte et un accord pas encore conclu
Invezz Team
14 mai 2026, 18:59 PM

propulsé par

Invezz
Micron (MU)

Acheter MU. L'article identifie les semi‑conducteurs comme le moteur principal de la surchauffe haussière (MU en hausse d'environ 150 % récemment), et cette dynamique est encore récompensée tant que les investisseurs tablent sur un accord durable entre les États‑Unis et la Chine. Si les tarifs sont assouplis ou si la suspension des droits de douane est prolongée, les chaînes d'approvisionnement et les anticipations de demande pour la mémoire/les semi‑conducteurs s'améliorent rapidement, maintenant la pression acheteuse sur le secteur.

Risque clé : L'échec d'un accord entre la Chine et les États‑Unis et l'expiration en août de la suspension des tarifs déclencheraient un mouvement de rejet du risque marqué et une décote des semi‑conducteurs.

AMD (AMD)

Acheter AMD. C’est l’un des principaux bénéficiaires dans ce même mouvement haussier sur les semi‑conducteurs (en hausse d'environ 127 % sur six semaines). Si la narrative « l'accord arrive » tient, AMD en profite de manière disproportionnée car les investisseurs le considèrent comme un proxy à bêta élevé pour les dépenses d'investissement en IA/informatique et pour la demande technologique mondiale.

Risque clé : Un IPC/IPP élevé contraint la Fed à maintenir une politique plus stricte (ou à relever les taux), écrasant les actions de croissance à multiples élevés et inversant la surchauffe haussière.

  • Les marchés atteignent des records historiques alors que Trump et Xi tiennent des pourparlers décisifs.
  • Les valeurs des semi‑conducteurs bondissent jusqu’à 200 %, mais l’inflation élevée assombrit les perspectives.
  • Les baisses de taux semblent exclues ; Warsh hérite d'une Fed profondément divisée.

Au moment où ces lignes sont écrites, le président Trump, accompagné d'une cohorte de hauts dirigeants d'entreprises américaines, se trouve en Chine.

M. Trump et le président chinois Xi Jinping ont déjà tenu une réunion officielle à Pékin.

Mais en l'état, peu de détails ont filtré sur ce qui a été discuté, et encore moins sur ce qui a été convenu.

On sait toutefois que la rencontre a duré plus de deux heures, bien au‑delà de l'heure prévue pour les entretiens.

M. Trump a qualifié les discussions de « great » et a déclaré que la relation entre les deux pays serait « better than ever before. »

Mais Xi Jinping a averti que les États‑Unis et la Chine pourraient « entrer en conflit » si la question de Taïwan était mal gérée.

À ce jour, il n'y a eu aucune annonce directe concernant le commerce, l'intelligence artificielle, les exportations de terres rares ou le conflit en cours au Moyen‑Orient.

Pourtant, jeudi après‑midi, le NASDAQ et le S&P évoluaient à de nouveaux records historiques, et il semble que les investisseurs s'attendent à ce que la délégation américaine reparte avec un accord durable.

Dans le meilleur des cas, certains analystes estiment que cela pourrait aboutir à une réduction significative des tarifs douaniers, affectant potentiellement des marchandises d'une valeur allant jusqu'à 30 milliards GBP (env. 34,6 milliards €).

Sinon, un accord visant à prolonger la pause tarifaire actuelle serait considéré comme une sorte de compromis de base satisfaisant pour les deux parties.

Ce qui n'est pas pris en compte, c'est la possibilité qu'aucun accord ne soit conclu et que la suspension actuelle des tarifs arrive à expiration en août. Mais ce n'est pas ce que suggère l'ambiance actuelle.

Par ailleurs, les semi‑conducteurs restent au premier plan du rallye spectaculaire des actions américaines, qui a démarré fin mars.

La progression a été spectaculaire, avec des gains en pourcentage à trois chiffres pour certaines entreprises au cours des six dernières semaines.

Cela inclut Micron Technologies, en hausse d'environ 150 %, tandis qu'AMD et Intel ont ajouté respectivement 127 % et 200 %.

Le NASDAQ, à forte composante technologique, a gagné plus de 28 % sur la même période.

Bien que remarquable, des périodes comme celle‑ci, lorsque les actions de croissance dominent le marché, se terminent souvent par un repli.

Mais comme nous l'avons vu à de nombreuses reprises depuis le dernier épisode haussier commencé en octobre 2022, ces replis affectent rarement la tendance haussière de fond.

Les investisseurs qui peuvent réaliser des profits sur leurs positions de croissance cherchent ensuite de la valeur et réallouent leurs gains vers des segments du marché négligés.

Mais chaque fois que cette situation se répète, et à chaque nouveau record atteint (rappelons que le Dow et le Russell 2000 des petites capitalisations sous‑performent actuellement), le risque augmente.

Cela est d'autant plus vrai en ce moment que les mouvements historiques du NASDAQ et du S&P se produisent dans un contexte incertain, tant sur le plan géopolitique qu'économique.

Il n'y a aucun signe que la guerre entre les États‑Unis et l'Iran puisse se terminer prochainement, la perspective de relancer des négociations de paix paraissant même sombre.

Par ailleurs, le détroit d'Ormuz reste fermé et effectivement contrôlé par Téhéran, bien que le blocus naval américain des ports iraniens dans la région semble pénaliser l'Iran. 

Sur le plan économique, les dernières publications américaines ont montré une hausse indésirable de l'inflation.

Les dernières données sur l'IPC et l'IPP sont sorties plus chaudes que prévu.

Le PPI de base, une mesure de l'inflation en gros qui exclut l'alimentation et l'énergie, a bondi à 5,2 % en glissement annuel, son niveau le plus élevé depuis décembre 2022, bien au‑dessus des attentes et du chiffre du mois précédent de 4,0 %.

Cela complique la tâche du futur président de la Fed, Kevin Warsh, d'autant que son indicateur d'inflation préféré, l'IPC en moyenne tronquée, vient d'enregistrer sa plus forte progression mensuelle depuis plus de deux ans.

Non seulement M. Warsh prend ses fonctions alors que le FOMC est plus divisé qu'il ne l'a été depuis 1992, mais il subira également des pressions de la part du président Trump pour baisser les taux, alors même que l'inflation monte en flèche, que le marché du travail est stable et que la croissance économique est relativement robuste.

Un examen de l'outil FedWatch du CME montre que la probabilité d'une baisse des taux de 25 points de base avant la fin de l'année est désormais inférieure à 2 %.

Parallèlement, la probabilité d'une hausse d'un quart de point dépasse 30 %, alors qu'elle était inférieure à 1 % à la même époque le mois dernier.

La probabilité que les taux restent inchangés pour le reste de l'année s'établit actuellement à 62 %.

M. Warsh a donc une bataille devant lui, à supposer qu'il croie vraiment qu'une politique monétaire plus souple soit ce dont l'économie américaine a besoin en ce moment.

Sur les graphiques, le NASDAQ et le S&P semblent connaître des surchauffes.

Cela pourrait‑il s'avérer être un sommet d'épuisement similaire à ceux observés sur les métaux précieux fin janvier ?

Ou y aura‑t‑il une fin ordonnée du rallye, avec une période de consolidation décente avant une nouvelle reprise ?

Les achats à ces niveaux semblent alimentés par la peur de manquer le mouvement (FOMO) et la croyance que les actions américaines n'augmentent qu'à la hausse.

Mais cela occulte le fait que le risque d'un repli significatif augmente à chaque nouveau record.

(Ceci est une chronique bimensuelle de David Morrison. Il est analyste principal des marchés chez Trade Nation. Les opinions exprimées sont les siennes.)