Marchés mondiaux de la dette : entre risques de guerre et espoirs de paix
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Achetez des Bunds allemands à 10 ans et renforcez les Bunds à 30 ans lors des replis. La croissance européenne ralentit rapidement, ce qui maintient les attentes de baisses de taux et limite la hausse des rendements même si les pics du pétrole s'estompent. L'article montre que l'Allemagne a moins sous‑performé que les États‑Unis en mai et que l'écart US–Allemagne à 10 ans s'est creusé — ce qui signifie que l'Europe a encore de la marge pour rattraper son retard alors que le marché penche vers une croissance plus lente, et non vers des taux plus élevés.
Risque clé : Une nouvelle flambée de l'inflation en Europe oblige la BCE à rester plus longtemps dans une posture restrictive que ce que prévoient les marchés.
Vendre les Treasuries américains à 30 ans (futures UST 30Y ou ETF comme TLT). Les États‑Unis sont restés le sous‑performeur : les rendements à 30 ans ont atteint ~5,2 % et l'écart US–Allemagne à 10 ans s'est élargi à 1,51 %, tandis que la mesure d'inflation privilégiée par la Fed s'est accélérée à 3,8 %. Ce mélange — inflation persistante et détérioration des dynamiques budgétaires — maintient les rendements longs vulnérables même si les pourparlers de paix s'améliorent.
Risque clé : Une percée de paix claire et durable, associée à une baisse rapide de l'inflation américaine entraînant un recul anticipé des taux réels.
- Le conflit en Iran a propulsé les rendements obligataires mondiaux à des plus hauts sur plusieurs décennies.
- Les avancées des pourparlers de paix et la faiblesse des données ont ensuite fait reculer les rendements.
- Les inquiétudes liées à l'inflation et aux finances publiques continuent de perturber les investisseurs.
La guerre en Iran a secoué les marchés obligataires mondiaux tout au long du mois de mai, entraînant une forte hausse du coût d'emprunt des gouvernements, avant que des signes de progrès dans les négociations de paix et des données économiques plus faibles n'inversent une partie des mouvements.
Ces fluctuations brutales ont mis en lumière les inquiétudes des investisseurs concernant l'inflation, la politique des banques centrales et l'augmentation des niveaux d'endettement public.
Si une fin durable du conflit pourrait apporter un soulagement immédiat aux marchés obligataires et réduire le coût d'emprunt des États, les investisseurs restent prudents quant aux risques économiques à plus long terme.
Le marché du Trésor frappé par les craintes d'inflation
Le marché du Trésor américain a connu une forte volatilité au cours du mois.
Le rendement du Bon du Trésor américain à 30 ans a atteint environ 5,2 % le 20 mai, son plus haut niveau depuis 2007, alors que le conflit en Iran accentuait la pression sur les marchés de la dette mondiaux.
La vente massive a été provoquée par la crainte que les pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran n'enlisent.
Ces craintes ont fait grimper le prix du pétrole au‑dessus de 110 $ le baril et ont accru les inquiétudes concernant l'inflation.
Des données d'inflation américaines robustes ont également contribué à la hausse des rendements.
La flambée ne s'est pas limitée aux États-Unis.
Les rendements des obligations d'État au Royaume‑Uni et au Japon ont atteint des plus hauts sur plusieurs décennies au cours du mois de mai.
Certains rendements japonais ont atteint des niveaux record, tandis que le rendement de l'obligation allemande à 10 ans a touché son plus haut niveau depuis 2011.
Le ralentissement économique soutient la reprise des obligations
Les marchés obligataires se sont ensuite redressés à mesure que les prix du pétrole reculaient et que des avancées diplomatiques semblaient indiquer des progrès dans les négociations entre Washington et Téhéran.
Dans le même temps, des données économiques plus faibles, notamment en Europe, ont réduit les anticipations selon lesquelles les banques centrales devront relever agressivement leurs taux d'intérêt.
Les données publiées la semaine dernière ont montré que l'activité économique de la zone euro s'est contractée au rythme le plus rapide depuis deux ans et demi en mai, les coûts énergétiques élevés pesant sur la région.
Les États‑Unis divergent de l'Europe
Malgré la reprise plus large des marchés obligataires, les États‑Unis sont restés un sous‑performeur relatif en mai.
Les rendements du Treasury américain à 10 ans ont augmenté de 6 points de base entre le 30 avril et le 29 mai.
En revanche, les rendements allemands à 10 ans ont reculé de 6 points de base sur la même période.
Alors que la faiblesse économique en Europe réduisait les attentes de nouvelles hausses de taux, l'économie américaine est restée résiliente.
La vigueur persistante a été soutenue par un boom des investissements dans l'intelligence artificielle.
En conséquence, les opérateurs ont éliminé les attentes de baisses des taux de la Fed cette année.
À un moment donné, les marchés ont brièvement intégré une hausse de taux complète de 25 points de base d'ici décembre.
Des données publiées jeudi ont montré que la mesure d'inflation privilégiée par la Fed a augmenté de 3,8 % en glissement annuel en avril, ce qui représente le rythme le plus rapide en trois ans.
L'écart de rendement entre les obligations d'État américaines et allemandes à 10 ans s'est creusé jusqu'à 1,51 point de pourcentage, son niveau le plus élevé depuis la mi‑2025.
Les gilts britanniques connaissent un nouveau mois turbulent
Le marché des gilts britanniques a également connu une forte volatilité au cours du mois de mai.
Les rendements des gilts à 30 ans ont grimpé à 5,87 % à la mi‑mai, leur niveau le plus élevé depuis 1998.
Cette hausse reflétait à la fois la vente massive sur les marchés obligataires mondiaux et les craintes qu'un successeur du Premier ministre malmené Keir Starmer puisse engager des dépenses publiques plus élevées.
Cependant, les obligations britanniques se sont ensuite redressées alors que les espoirs de paix augmentaient, que les données économiques domestiques se dégradaient et que le principal candidat Andy Burnham s'est engagé à maintenir les règles budgétaires du gouvernement.
Entre le 30 avril et le 29 mai, les rendements des gilts à 10 ans ont chuté d'environ 21 points de base, surperformant à la fois les Treasuries américains et les obligations allemandes.
Pour autant, les rendements restaient sensiblement plus élevés qu'avant le début du conflit.
Les inquiétudes budgétaires accentuent la pression sur les marchés
Les obligations d'État à plus longue échéance ont été les plus touchées lors de la vente à la mi‑mai, reflétant des préoccupations dépassant le seul cadre de l'inflation.
Les rendements réels ajustés de l'inflation ont également augmenté aux États‑Unis et en Europe, indiquant une montée des inquiétudes des investisseurs sur les conditions économiques et budgétaires.
Des analystes de Bank of America ont déclaré qu'ils estimaient qu'un facteur majeur à l'origine de la vente sur le marché du Trésor était la dégradation continue des dynamiques budgétaires.
Certains investisseurs ont également exprimé des inquiétudes quant à l'indépendance du nouveau président de la Federal Reserve, Kevin Warsh, nommé par le président américain Donald Trump.
La combinaison des risques d'inflation, des préoccupations budgétaires et de l'incertitude entourant la politique des banques centrales a fait que les marchés obligataires sont restés très sensibles aux évolutions tout au long du mois de mai.
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