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Les problèmes du logement au Portugal évoluent dans un contexte de faible demande et d'inflation élevée

Les problèmes du logement au Portugal évoluent dans un contexte de faible demande et d'inflation élevée
Diya Poddar
17 juil. 2024, 15:02 PM
  • Les prix de l’immobilier au Portugal continuent d’augmenter malgré la baisse de la demande.
  • Le nombre de personnes sans abri augmente, et davantage de personnes socialement intégrées sont touchées.
  • Le nombre de personnes sans abri augmente, et davantage de personnes socialement intégrées sont touchées.

Au Portugal, la combinaison de la hausse des prix de l’immobilier et de l’inflation provoque une nouvelle forme de sans-abrisme. Traditionnellement, l’itinérance était associée aux personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie ou de santé mentale. La tendance actuelle montre un changement significatif.

Le visage changeant du sans-abrisme

Luís Filipe Macedo, de l'association Remar, souligne que le sans-abrisme touche désormais "des personnes en bonne santé qui luttent pour leur vie".

L’augmentation des prix de l’immobilier et du coût de la vie pousse les personnes qui travaillent ou exercent des petits boulots à vivre dans la rue. Certains sont même contraints de vivre sous des tentes.

L'association Cais, qui s'intéresse aux processus de réinsertion, signale également une augmentation du sans-abrisme et de l'exclusion sociale. De nombreuses personnes vivent dans une situation précaire et le chômage pour les couples peut être particulièrement dévastateur.

Le manque de logement stable a un impact direct sur leur capacité à obtenir et à conserver un emploi.

Statistiques actuelles et variations régionales

En 2022, il y avait 10 700 sans-abri au Portugal. Les régions où les proportions de sans-abri sont les plus élevées sont l'Alentejo, la zone métropolitaine de Lisbonne et l'Algarve.

La stratégie nationale pour l'intégration des personnes sans abri (ENIPSSA) 2025-2030 reconnaît l'augmentation du sans-abrisme, malgré diverses mesures proposées et mises en œuvre.

Tendances du marché du logement

Malgré le ralentissement économique, les prix de l'immobilier au Portugal continuent d'augmenter. Au cours de l'année précédant avril 2024, le prix médian des logements a augmenté de 7,04 % pour atteindre 1 596 € le mètre carré.

De 2017 à 2023, les prix de l’immobilier ont augmenté à un taux annuel de 9,2 %. Corrigée de l'inflation, l'augmentation était plus modeste de 4,74 % sur un an en avril 2024.

Les prix de l’immobilier augmentent régulièrement depuis 2014. Cette tendance s’est poursuivie dans toutes les régions, certaines connaissant des hausses plus importantes que d’autres.

Transactions de logements et activité de construction

Malgré la hausse des prix, les transactions immobilières ont fortement chuté. En 2023, le nombre total de transactions de logements a diminué de 18,7% pour atteindre 136 499 unités.

Cela fait suite à une modeste augmentation de 1,3 % en 2022 et à une augmentation substantielle de 20,5 % en 2021. Chaque région du Portugal a connu une baisse des transactions, la péninsule de Setúbal ayant connu la plus forte baisse à 25,2 %.

A l’inverse, le secteur de la construction résidentielle reste robuste. Les logements agréés ont augmenté de 6 % en 2023 pour atteindre 32 053 unités, et les logements achevés ont augmenté de 6,8 % pour atteindre 21 534 unités.

L'économie portugaise souffre

La croissance économique du Portugal a considérablement ralenti. Après une expansion de 6,8 % en 2022, la croissance est tombée à 2,3 % en 2023 et devrait encore ralentir à 1,7 % en 2024. La Banco de Portugal prévoit une légère amélioration à 1,9 % de croissance en 2025.

Les pressions inflationnistes s’atténuent, avec une inflation globale à 2,2 % en avril 2024, contre 5,7 % l’année précédente.

Le taux de chômage s'élevait à 6,8 % au premier trimestre 2024, soit une légère augmentation par rapport au trimestre précédent mais une baisse par rapport aux 7,2 % de la même période de l'année précédente.

Impact sur les individus socialement intégrés

La hausse du coût de la vie et des prix de l’immobilier touche particulièrement les personnes socialement intégrées qui se retrouvent désormais confrontées au sans-abrisme.

Ce phénomène souligne la nécessité de logements abordables et de filets de sécurité sociale efficaces.

La situation est exacerbée pour ceux qui ont peut-être un emploi mais ne peuvent pas obtenir un logement stable en raison des prix exorbitants des loyers et de l’immobilier.