Tesla n'est pas intéressée par la production locale de véhicules électriques, selon un ministre indien.

Tesla n'est pas intéressée par la production locale de véhicules électriques, selon un ministre indien.
Ananthu C U
02 juin 2025, 14:17 PM
  • Tesla a décidé de ne pas produire de véhicules électriques en Inde, malgré une nouvelle politique offrant des réductions d'impôt pour la production locale.
  • La nouvelle politique indienne en matière de véhicules électriques prévoit un droit d'importation de 15 % sur un nombre limité de voitures électriques haut de gamme.
  • Les entreprises doivent investir 500 millions de dollars en Inde et démarrer la production locale dans un délai de trois ans.

Le ministre indien des Industries lourdes, HD Kumaraswamy, a annoncé que Tesla n'avait manifesté aucun intérêt à fabriquer des véhicules électriques (VE) dans le pays.

Le constructeur automobile prévoit actuellement d'importer des voitures dans le pays.

Cette révélation intervient alors que l'Inde finalise une nouvelle politique en matière de véhicules électriques, visant à attirer les investissements étrangers grâce à des réductions substantielles des droits d'importation pour les constructeurs automobiles qui s'engagent à produire localement.  

Politique en faveur des véhicules électriques pour attirer Tesla

La politique nouvellement annoncée offre un taux d'imposition à l'importation réduit de 15 %, contre 70 % habituellement, pour un nombre limité de voitures électriques, à condition que les entreprises investissent au moins 500 millions de dollars dans la fabrication locale et commencent leurs opérations dans un délai de trois ans.

De plus, les fabricants sont tenus de respecter des seuils spécifiques de contenu national, en atteignant 25 % de localisation d'ici la troisième année et 50 % d'ici la cinquième année.

Chaque entreprise agréée peut importer un maximum de 8 000 voitures par an au tarif fiscal réduit.

Si l'entreprise importe moins de 8 000 voitures, elle peut reporter le quota non utilisé à l'année suivante, indique un communiqué de presse du gouvernement indien.

Initialement conçue pour Tesla, cette politique visait à inciter le géant des véhicules électriques à établir une base de production en Inde.

Cependant, malgré des indications antérieures d'intérêt, notamment les efforts déployés par Tesla pour embaucher du personnel dirigeant et rechercher des espaces d'exposition dans des villes comme Mumbai et New Delhi, la société a décidé de ne pas procéder à une production locale.  

Kumaraswamy a déclaré, soulignant l'accent mis actuellement par l'entreprise sur l'importation de véhicules sur le marché indien.

Tesla envisagerait apparemment d' importer des véhicules électriques de son usine de Berlin en Inde.

Cela, malgré les propos du PDG de Tesla, Elon Musk, qui estimait que les droits de douane sur les véhicules importés en Inde étaient trop élevés.

La nouvelle politique autorise également des investissements limités dans la recherche, les machines et la recharge rapide.

Le manque de bornes de recharge rapide a empêché une adoption plus large des véhicules électriques par les clients sur le marché en développement du pays.

L'offensive indienne en faveur des véhicules électriques

La volonté de l'Inde de promouvoir la fabrication locale de véhicules électriques s'inscrit dans le cadre de sa stratégie plus large visant à accroître la part des véhicules électriques sur le marché automobile national, qui passe actuellement de 2,5 % à 30 % d'ici 2030.

Le gouvernement estime que la production nationale permettra non seulement de créer des emplois, mais aussi de réduire la dépendance aux importations, de favoriser les progrès technologiques et de contribuer à la durabilité environnementale.

Alors que Tesla reste hésitante, d'autres constructeurs automobiles mondiaux ont manifesté leur enthousiasme pour la politique indienne en matière de véhicules électriques.

Des entreprises telles que Mercedes-Benz, Volkswagen, Hyundai et Kia ont exprimé leur intérêt à établir des installations de production dans le pays, a déclaré le ministre, signalant une réponse positive aux incitations gouvernementales.

Sur le plan national, les constructeurs automobiles indiens tels que Tata Motors et Mahindra & Mahindra ont déjà réalisé des investissements importants dans la production de véhicules électriques.

Tata Motors, par exemple, se concentre sur les batteries de véhicules électriques produites localement afin de maintenir son avantage concurrentiel face à une concurrence de plus en plus forte.

Ces entreprises ont également exprimé leurs inquiétudes concernant les réductions de droits d'importation, craignant que de telles mesures ne compromettent leurs investissements et la croissance de l'industrie locale des véhicules électriques.