Le démantèlement des politiques de protection des consommateurs de Trump coûte aux Américains 18 milliards de dollars en frais

Le démantèlement des politiques de protection des consommateurs de Trump coûte aux Américains 18 milliards de dollars en frais
Diya Poddar
24 juin 2025, 18:01 PM
  • 15 milliards de dollars pour les clients américains en raison des plafonds de frais de carte inversée et de découvert.
  • 22 affaires d’application de la loi ont été abandonnées, ce qui a entraîné des dommages de 3 milliards de dollars.
  • Annulation ou révision de paiements de réparation d’une valeur de 50 millions de dollars.

Le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB) des États-Unis a constaté un revirement brutal des activités d’application de la loi et des mesures réglementaires sous l’administration du président Donald Trump, avec un coût financier estimé à au moins 18 milliards de dollars pour les consommateurs.

C’est ce qui ressort d’une analyse conjointe publiée mardi par le Centre de protection des emprunteurs étudiants et la Consumer Federation of America.

Les résultats surviennent dans un contexte d’examen de plus en plus minutieux des changements de politique qui ont éliminé les plafonds des frais bancaires, mis fin aux mesures d’application de la loi contre les grandes institutions financières et annulé les règlements destinés à indemniser les consommateurs lésés par l’inconduite présumée des entreprises.

15 milliards de dollars touchés par la politique de frais

L’un des facteurs de coût les plus importants mis en évidence dans l’analyse est le recul de la réglementation des frais initiée pendant le mandat de l’ancien président Joe Biden. Le CFPB de l’ère Biden avait proposé de plafonner les frais de retard des cartes de crédit à 8 $ et les frais de découvert à 5 $.

Ces propositions ont été mises de côté sous la direction de Trump, permettant aux banques de recommencer à facturer des frais plus élevés. Les groupes de surveillance affirment que ce revirement réglementaire coûtera aux consommateurs américains environ 15 milliards de dollars par an.

L’administration Trump a commencé à réduire la surveillance de l’agence peu de temps après avoir pris le contrôle du bureau en février.

Les efforts visant à éliminer complètement le CFPB ont jusqu’à présent échoué, mais le personnel de l’agence serait réduit de 90 %, ce qui affaiblit considérablement la capacité d’application de la loi.

3 milliards de dollars d’affaires abandonnées

En plus de lever les plafonds réglementaires, le CFPB dirigé par Trump a également mis fin à l’application de la loi. Selon le rapport, 22 mesures d’application de la loi qui étaient actives lorsque Biden a quitté ses fonctions en janvier ont été rejetées.

Il s’agissait notamment d’enquêtes sur de grandes institutions financières telles que JP Morgan Chase, Bank of America, Wells Fargo et Capital One. Ensemble, ces affaires ont impliqué plus de 3 milliards de dollars en préjudices présumés pour les consommateurs.

L’administration Trump soutient que le CFPB, sous sa direction précédente, avait outrepassé son autorité légale et poursuivi l’application de la loi pour des raisons politiques.

Règlements inversés

Le démantèlement s’est également étendu aux règlements précédemment convenus.

Les organisations affirment que les dispositions de réparation impliquant Toyota et un processeur de paiement ont été révisées ou abandonnées, ce qui a conduit à une indemnisation d’environ 50 millions de dollars qui ne sera plus versée aux consommateurs.

Ces actions, note le rapport, vont à l’encontre de la mission initiale du bureau de rétablir l’équité et la transparence dans le secteur financier.

Ce changement d’approche en matière d’application de la loi soulève également des questions plus larges sur le rôle futur du CFPB.

Les critiques préviennent que la réduction de la surveillance pourrait encourager les grandes institutions à imposer des frais élevés et à adopter des pratiques préjudiciables aux consommateurs, sans craindre une intervention réglementaire.

L’agence, créée après la crise financière de 2008, a été créée pour prévenir les prêts prédateurs, faire respecter la transparence et protéger les consommateurs contre l’exploitation financière.

Avec une réduction d’environ 90 % des effectifs du bureau, sa capacité de surveillance du secteur financier a été considérablement réduite.

Ce changement structurel survient à un moment où de nombreux Américains sont confrontés à des pressions financières accrues en raison de l’inflation, de la hausse des taux d’intérêt et de l’augmentation de la dette des ménages.

Alors que l’administration prétend qu’elle freine les excès bureaucratiques, les défenseurs des consommateurs soutiennent que ces changements se font au détriment des Américains ordinaires.

Aucune annonce officielle n’a été faite sur les autres mécanismes d’application de la loi, le cas échéant, qui remplaceront les cas retirés et les règlements annulés.

Le manque de clarté sur la façon dont les consommateurs lésés seront indemnisés à l’avenir a ajouté aux préoccupations en matière de responsabilité publique.