Le PIB du Canada recule en avril alors que le secteur manufacturier vacille et que les secteurs des services amortissent le choc

Le PIB du Canada recule en avril alors que le secteur manufacturier vacille et que les secteurs des services amortissent le choc
Noris Soto
30 juin 2025, 11:04 AM
  • Le PIB réel du Canada a reculé de 0,1 % en avril, principalement en raison d’une forte baisse de 1,9 % de la production manufacturière.
  • Les industries de services ont progressé de 0,1 %, et des hausses ont été observées dans la finance, les administrations publiques et le divertissement.
  • L’activité pétrolière et gazière est restée stable dans l’ensemble, les travaux d’entretien et la rupture d’un oléoduc ayant pesé sur les exportations.

Selon Statistique Canada, le PIB réel du Canada a diminué de 0,1 % en avril, renversant la tendance de 0,2 % enregistrée en mars.

L’économie nationale a été freinée par une récession généralisée dans les industries productrices de biens, qui ont reculé de 0,6 %, en raison d’une forte baisse dans le secteur de la fabrication.

Pendant ce temps, le secteur des services a affiché une légère hausse de 0,1 %, ce qui a partiellement compensé la hausse de 10 des 20 principaux secteurs manufacturiers.

Selon Statistique Canada, la baisse d’avril du secteur manufacturier a été sa pire performance mensuelle depuis avril 2021, avec une baisse de 1,9 %.

La fabrication de biens durables a diminué de 2,2 %, tandis que la production de biens non durables a diminué de 1,6 %.

Cette baisse reflète une baisse de la production intérieure et de la demande internationale, en particulier à la lumière des tensions commerciales actuelles avec les États-Unis.

Le secteur manufacturier se contracte fortement, les véhicules automobiles sont durement touchés

Le secteur manufacturier de biens durables a reculé pour la première fois en quatre mois en avril, huit des dix sous-secteurs ayant perdu du terrain. La baisse la plus prononcée depuis septembre 2021 a été observée dans la fabrication de matériel de transport, en baisse de 3,7 %.

Cette baisse s’explique par une chute de 21,6 % dans la catégorie « Autre matériel de transport » et un recul de 5,2 % dans la fabrication de véhicules automobiles, qui se sont produits en même temps que la baisse des expéditions d’automobiles et de camions légers.

Cette baisse est attribuable en partie à la réduction de la production de certains constructeurs automobiles, alors que la menace de nouveaux tarifs américains sur les exportations canadiennes de véhicules automobiles persistait, a indiqué Statistique Canada.

La production de biens non durables a également ralenti, la fabrication d’aliments prenant la tête avec une baisse de 3,6 %, la plus forte baisse mensuelle de ce secteur en près d’un an, tandis que les produits du pétrole et du charbon ont chuté de 5,9 %.

La baisse a également été facilitée par le fait que les raffineries du Canada ont fait l’objet d’importantes activités d’entretien et de révision en avril.

Les secteurs du commerce de gros et des ressources ajoutent à la

Le commerce de gros a diminué de 1,9 %, ce qui représente la baisse mensuelle la plus prononcée depuis juin 2023. Sept sous-secteurs sur neuf ont perdu de l’argent, le segment des grossistes de véhicules et de pièces automobiles ayant chuté le plus, soit de 6,8 %.

Cela a coïncidé avec une baisse des volumes d’importation et d’exportation. Les grossistes de matériel, de fournitures et d’articles divers ont également connu des baisses, en raison de la faiblesse générale du commerce international.

Les secteurs de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière et de l’extraction de pétrole et de gaz étaient inchangés en avril. L’extraction de pétrole et de gaz a diminué de 0,6 %, principalement en raison de réductions de la production de gaz naturel et de pétrole brut classique.

L’extraction des sables bitumineux est demeurée stable, les opérations d’entretien ayant contrebalancé l’augmentation de la production de bitume. Un bref arrêt de l’oléoduc Keystone en raison d’une rupture a ralenti le transport et l’exportation de pétrole.

Toutefois, les services de soutien à la production de pétrole et de gaz ont augmenté de 4,8 %, en raison de l’augmentation des activités de forage et de gréement.

Le secteur des services apporte un soutien modeste

Du côté des services, les administrations publiques (+0,8 %) ont connu leur plus forte augmentation mensuelle en plus d’un an, principalement en raison d’une hausse de 2,2 % de l’activité de l’administration fédérale.

Selon Statistique Canada, cette hausse est attribuable aux augmentations opérationnelles associées aux élections fédérales au Canada. Les services de soins de santé et d’enseignement ont légèrement progressé, contribuant à la croissance de 0,4 % dans l’ensemble du secteur public.

Les marchés financiers ont été actifs en avril, avec une hausse de 0,7 % dans le secteur de la finance et des assurances. Les services d’investissement financier ont bondi de 3,5 %, leur plus forte hausse en plus d’un an, alors que la volatilité des marchés s’est accrue après l’annonce des tarifs américains le 2 avril.

Les volumes élevés d’échanges sur les marchés boursiers canadiens ont persisté jusqu’au milieu du mois, alimentés par l’anxiété avant de devenir optimistes lorsque l’annonce d’un répit tarifaire de 90 jours a été annoncé.

Les arts, les loisirs et les loisirs ont connu une augmentation de 2,8 %, soit la meilleure performance depuis le début de 2022. Les sports-spectacles ont pris les devants, alors que cinq clubs canadiens de la LNH ont participé aux séries éliminatoires pour la première fois depuis 2017.

L’augmentation de la fréquentation et des activités événementielles a donné un coup de fouet à l’ensemble de l’industrie.

Les estimations anticipées indiquent une faiblesse persistante en mai

Selon les chiffres préliminaires de mai, le PIB réel a encore baissé de 0,1 %. L’estimation rapide montre une faiblesse persistante dans l’administration publique, les mines et le commerce de détail, compensée à peine par la vigueur de l’immobilier et des services de location à bail. Les données définitives de mai seront publiées le 31 juillet 2025.

Le secteur de l’énergie au Canada demeure inextricablement lié à la demande américaine. Selon la base de données sur la valeur ajoutée des exportations de Statistique Canada, le secteur de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière et de l’extraction de pétrole et de gaz dépendra des États-Unis pour 60 % de sa production et 42 % de ses emplois d’ici 2023.

L’industrie des sables bitumineux, en particulier, a été la plus dépendante des exportations, 87 % de sa production et de sa main-d’œuvre dépendant de la demande américaine, contre 81 % en 2014.

Les exportations de pétrole brut ont atteint un niveau record de 240,4 millions de mètres cubes en 2024, dont 229,8 millions à destination des États-Unis.

Alors que les expéditions vers d’autres pays ont augmenté de façon spectaculaire à la suite de l’inauguration du prolongement de l’oléoduc Trans Mountain, les États-Unis demeurent la principale destination du pétrole canadien, exposant le secteur à d’importants risques géopolitiques et commerciaux.