Le rallye du peso mexicain risque d’être renversé alors que le gel des droits de douane américains touche à sa fin

Le rallye du peso mexicain risque d’être renversé alors que le gel des droits de douane américains touche à sa fin
Noris Soto
02 juil. 2025, 16:56 PM
  • Le peso mexicain devrait s’affaiblir de 5,5 % en un an après un solide gain de 13,2 % depuis le début de l’année.
  • La fin du gel des droits de douane américains augmente les risques de tensions commerciales, bien que le Mexique reste largement protégé.
  • L’écart de taux d’intérêt élevé et le soutien de l’AEUMC devraient limiter les pertes supplémentaires du peso.

Le peso mexicain, l’une des devises les plus performantes des marchés émergents cette année, devrait perdre du terrain dans les mois à venir alors que la pause temporaire des droits de douane américains expire la semaine prochaine, selon un sondage Reuters auprès de stratèges en devises.

Après s’être renforcé pour atteindre son plus haut niveau en près d’un an au cours du deuxième trimestre, le peso devrait inverser une partie de ces gains.

Une prévision médiane de 22 analystes interrogés entre le 27 juin et le 2 juillet suggère que la monnaie s’affaiblira de 5,5 % au cours des 12 prochains mois, tombant à 19,80 pour un dollar américain contre son niveau actuel de 18,72.

Malgré la baisse prévue, les perspectives à un an sont les plus solides depuis octobre, lorsque l’estimation médiane s’établissait à 19,20.

Le peso s’est apprécié de 13,2 % depuis le début de l’année, soutenu par une évolution favorable du commerce et un dollar globalement plus faible.

Le calme commercial temporaire touche à sa fin

La flambée actuelle du peso fait suite à une période de calme relatif après que le président américain Donald Trump a mis en œuvre de nouvelles mesures commerciales qui se sont avérées moins préjudiciables aux exportateurs mexicains que prévu.

Le sentiment haussier a été renforcé par un report de 90 jours des lourds droits de douane américains sur de nombreux pays, y compris les principaux partenaires commerciaux que sont la Chine, le Japon et l’Union européenne.

La période de grâce, introduite en avril, expire le 9 juillet, ravivant les inquiétudes concernant les tensions commerciales mondiales.

Cependant, le Mexique est principalement à l’abri des représailles tarifaires directes en raison de son statut favorable en vertu de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC).

« Le Mexique n’est pas soumis à des tarifs réciproques, ce qui réduit la pression sur le peso jusqu’à la date limite mondiale du 9 juillet », a déclaré Erick Martinez, stratège en devises et taux pour l’Amérique latine chez Barclays, cité dans le rapport.

L’AEUMC et les taux d’intérêt offrent un coussin

La poursuite de la protection de l’économie mexicaine dans le cadre de l’AEUMC pourrait aider à soutenir le peso, selon les analystes.

Sans oublier que la dynamique de la politique monétaire pourrait également apporter un certain soutien.

L’approche prudente de la Banque du Mexique à l’égard des baisses de taux, ainsi que les prévisions d’assouplissement aux États-Unis, suggèrent un écart de taux d’intérêt important en faveur du peso.

Cet avantage de rendement a contribué à attirer les flux d’investisseurs, ce qui a stimulé la monnaie dans un contexte de menaces extérieures croissantes.

Cependant, l’incertitude persistante entourant la renégociation probable de l’AEUMC pourrait rendre les traders sceptiques.

Tout changement dans les débats sur la politique commerciale est susceptible d’ébranler la confiance des investisseurs et d’entraîner une volatilité sur les marchés des changes.

Perspectives régionales : le Brésil et l’Argentine sous pression

Le Mexique n’est pas le seul pays qui va avoir des difficultés dans les prochains jours.

Le real devrait se déprécier de 4 % au Brésil au cours des 12 prochains mois, passant de 5,46 à 5,69 pour un dollar.

Le real reste à la merci du sentiment de risque et des incertitudes budgétaires intérieures, bien que soutenu par les taux d’intérêt historiquement élevés du Brésil.

On estime que le peso argentin a chuté de 17 % en 12 mois à 1 465 pour un dollar.

La monnaie restera sous le contrôle étroit du gouvernement, et les prévisions restent conformes aux objectifs officiels.

Le real s’est apprécié de 11,2 % depuis le début de l’année, et le peso argentin s’est déprécié de 15,7 %.