Le Canada se montre ouvert à l’égard des limites à l’exportation de bois d’œuvre dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis

Le Canada se montre ouvert à l’égard des limites à l’exportation de bois d’œuvre dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis
Noris Soto
16 juil. 2025, 19:40 PM
  • Le Canada signale pour la première fois qu’il est ouvert aux quotas d’exportation de bois d’œuvre.
  • Le premier ministre de la Colombie-Britannique suggère que les pourparlers pourraient apaiser les tensions commerciales de longue date aux États-Unis.
  • Shift pourrait marquer une nouvelle approche après des années de différends tarifaires et de batailles juridiques.

Le Canada indique qu’il pourrait changer de politique dans l’une de ses plus longues batailles commerciales avec les États-Unis.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a déclaré que le Canada pourrait envisager de limiter ses expéditions de bois d’œuvre résineux vers les États-Unis, ce qui constituerait un geste important dans la relation commerciale transfrontalière.

Ces déclarations, qui ont été rapportées par Bloomberg News mercredi, indiquent un changement de perspective canadienne après des années d’impasse et d’animosité autour du sujet.

Le différend sur le bois d’œuvre est une source de désaccord entre les deux pays depuis des décennies, les producteurs américains accusant régulièrement les exportateurs canadiens de recevoir des subventions gouvernementales inappropriées.

En réponse, les administrations américaines successives ont augmenté les taxes sur le bois canadien, ce qui a entraîné des litiges et des mesures punitives. Ces tensions se sont poursuivies malgré les nombreux accords commerciaux et les décisions de l’Organisation mondiale du commerce.

Les commentaires d’M. Eby indiquent qu’il est prêt à tenir compte de l’une des principales exigences des États-Unis : un système de quotas qui limiterait les exportations de bois d’œuvre canadien vers le marché américain.

Bien que le Canada se soit déjà opposé à de telles restrictions, affirmant qu’elles limiteraient l’accès au marché et nuiraient aux fabricants nationaux, les remarques du premier ministre suggèrent un changement d’attitude.

Le bois d’œuvre résineux : un point chaud commercial persistant

Le bois d’œuvre résineux est une composante économique importante au Canada, en particulier dans des endroits comme la Colombie-Britannique.

En raison de la dépendance de l’industrie à l’égard des ventes aux États-Unis, l’accès au commerce avec les États-Unis est une priorité absolue pour les politiciens canadiens.

Pendant ce temps, les producteurs de bois d’œuvre américains, en particulier dans le nord-ouest et le sud-est du Pacifique, ont soutenu pendant des années que le bois d’œuvre canadien est, plus ou moins, vendu à des prix inférieurs à ceux du marché parce que le bois est subventionné.

Le différend a été marqué par des cycles de rondes tarifaires, de litiges et de négociations.

Le chapitre actuel a commencé en 2017 lorsque le département du Commerce des États-Unis a fixé des tarifs de plus de 20 % sur les importations de bois d’œuvre résineux en provenance du Canada.

L’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) et l’OMC ont fourni au Canada les leviers pour lutter contre les mesures, mais le processus a été lent et le Canada n’a pas encore trouvé de solution permanente.

La volonté d’Eby de négocier des quotas d’exportation pourrait avoir pour but de désamorcer le conflit.

« L’une des demandes de la coalition américaine depuis des années est un quota – qu’il y ait une quantité fixe de bois d’œuvre qui puisse provenir du Canada », a déclaré M. Eby à Bloomberg.

« Et je pense que, pour la première fois, il y a une certaine volonté d’avoir une conversation sur ce à quoi cela pourrait ressembler. »

Répercussions possibles sur le commerce et l’industrie

Un système de quotas pourrait apporter une certitude dans une région commerciale bilatérale par ailleurs turbulente.

Pour les producteurs américains, cela pourrait limiter la concurrence du bois d’œuvre canadien tout en stabilisant les prix intérieurs.

Les quotas peuvent limiter les expéditions totales pour les exportateurs canadiens, mais ils peuvent également réduire la possibilité de frais punitifs et établir des lois commerciales plus claires à l’avenir.

Cependant, la mise en œuvre d’une telle stratégie nécessiterait des négociations considérables entre les gouvernements fédéral et provinciaux du Canada, ainsi qu’une coordination avec les autorités commerciales américaines.

Tout accord devrait également être conforme aux responsabilités existantes en vertu des cadres commerciaux internationaux, comme l’AEUMC.

Bien qu’aucune politique officielle n’ait été établie, les commentaires d’Eby pourraient annoncer le début d’une nouvelle phase dans le différend sur le bois d’œuvre résineux entre le Canada et les États-Unis.

L’idée de négocier des limitations à l’exportation est un changement important par rapport à la politique typique du Canada qui consiste à contester les prélèvements américains par le biais de mécanismes juridiques et mondiaux.

La question de savoir si cela se traduira par une percée dépendra de la façon dont les deux pays équilibreront les pressions politiques internes et les avantages économiques d’un climat commercial plus stable.

Pour l’instant, il semble qu’il y ait de la place pour un compromis, mais modestement.