L’inflation sous-jacente au Japon en juin ralentit à 3,3 %, toujours bien au-dessus de l’objectif de la Banque du Japon

L’inflation sous-jacente au Japon en juin ralentit à 3,3 %, toujours bien au-dessus de l’objectif de la Banque du Japon
Deepali Singh
18 juil. 2025, 07:12 AM
  • L’inflation sous-jacente au Japon s’est refroidie à 3,3 % en juin, légèrement meilleure que les prévisions de 3,4 %, mais toujours élevée.
  • Cela fait suite au gain de 3,7 % de mai, qui était un sommet de deux ans pour l’inflation de base.
  • Le taux d’inflation « core-core » (hors produits alimentaires frais et énergie) s’est accéléré à 3,4 %, son rythme le plus rapide depuis janvier 2023.

L’indicateur clé des prix à la consommation du Japon a légèrement ralenti plus que prévu en juin, mais est demeuré bien au-dessus de l’objectif de la Banque du Japon.

Cette inflation persistante continue d’exercer une pression sur le gouvernement du Premier ministre Shigeru Ishiba, qui fait face à des élections nationales cruciales dimanche, et maintient la banque centrale sur la voie d’une potentielle hausse des taux d’intérêt à l’avenir.

Les prix à la consommation, hors coût volatil des aliments frais, ont augmenté de 3,3 % en juin par rapport à l’année précédente, selon un rapport du ministère de l’Intérieur et des Communications publié vendredi.

Il s’agit d’un ralentissement par rapport à la hausse de 3,7 % observée le mois précédent, qui avait atteint un sommet en deux ans.

Bien que cette modération ait été en partie attribuée au ralentissement de la hausse des prix de l’énergie, les subventions gouvernementales ayant contribué à atténuer le choc, ce chiffre met tout de même en évidence la vigueur sous-jacente de l’inflation dans l’économie japonaise.

L’estimation médiane des économistes tablait sur un gain de 3,4 %.

En approfondissant les données, une mesure de l’inflation encore plus surveillée qui exclut les coûts des aliments frais et les prix de l’énergie a grimpé à 3,4 % en juin.

Il s’agit du rythme d’augmentation le plus rapide de cet indicateur « core-core » depuis janvier de l’année dernière et a dépassé l’estimation consensuelle de 3,3 %, signalant que les pressions inflationnistes généralisées sont toujours très présentes.

« Il y a plusieurs facteurs ponctuels, il n’y a donc pas lieu de trop s’inquiéter de la décélération de l’IPC de base », a commenté Toru Suehiro, économiste en chef chez Daiwa Securities.

Implications politiques et monétaires

Ce tableau d’inflation tendre crée une toile de fond difficile pour le Premier ministre Shigeru Ishiba, alors que son gouvernement de coalition se dirige vers des élections nationales pour la chambre haute du Parlement ce dimanche. Il y a un risque tangible que son gouvernement perde sa majorité lors de ces élections.

Si un tel revers se produisait, l’administration d’Ishiba pourrait être contrainte de faire des concessions aux partis d’opposition, dont beaucoup ont fait campagne en promettant d’assouplir les restrictions budgétaires afin d’apporter un soulagement plus direct aux ménages aux prises avec le coût élevé de la vie.

Pour la Banque du Japon (BOJ), les chiffres de vendredi sont susceptibles de renforcer sa volonté de poursuivre la normalisation de sa politique monétaire.

Alors que l’on s’attend généralement à ce que la banque centrale maintienne son taux d’intérêt de référence inchangé à la fin de sa prochaine réunion de politique monétaire le 31 juillet, l’inflation persistante et supérieure à la cible laisse la porte grande ouverte à de futures hausses des taux d’intérêt.

Le gouverneur Kazuo Ueda et la BoJ attendent également avec impatience plus de clarté sur l’issue des négociations tarifaires en cours entre les États-Unis et le Japon, qui restent une variable importante pour les perspectives économiques.

Les dernières données sur l’inflation suggèrent qu’une fois ces incertitudes externes dissipées, les arguments en faveur d’une nouvelle hausse des taux resteront solides.