Le Royaume-Uni évalue l’assurance nationale sur les revenus locatifs alors que Reeves cherche à combler un déficit de 40 milliards de livres sterling

Le Royaume-Uni évalue l’assurance nationale sur les revenus locatifs alors que Reeves cherche à combler un déficit de 40 milliards de livres sterling
Harsh Vardhan
28 août 2025, 10:06 AM
  • Reeves peut taxer les revenus locatifs des propriétaires avec l’assurance nationale.
  • La proposition pourrait lever jusqu’à 3 milliards de livres sterling tout en comblant le déficit de 40 milliards de livres sterling du Royaume-Uni.
  • La politique pourrait mettre à l’épreuve les engagements du Parti travailliste en matière de fiscalité et de responsabilité fiscale.

Le gouvernement britannique envisage une nouvelle mesure fiscale controversée qui verrait les propriétaires payer des cotisations d’assurance nationale (NIC) sur les revenus locatifs, alors que la chancelière Rachel Reeves cherche des moyens de combler un déficit de 40 milliards de livres sterling dans les finances publiques.

Reeves, qui présentera son premier budget d’automne dans les mois à venir, a reçu des propositions de responsables du Trésor visant à étendre le système d’assurance nationale pour couvrir les revenus immobiliers, actuellement exemptés de la taxe.

Le plan, rapporté pour la première fois par le Times, pourrait générer environ 2 milliards de livres sterling par an et a déjà relancé le débat politique sur la façon de rendre le système fiscal plus équitable.

Comment la politique fonctionnerait

À l’heure actuelle, les propriétaires paient l’impôt sur le revenu sur les bénéfices locatifs mais ne cotisent pas à l’assurance nationale, que les travailleurs et les travailleurs indépendants sont obligés de payer sur les salaires et les revenus.

En vertu de la proposition, un taux de NIC de 8 % serait appliqué aux revenus locatifs jusqu’à 50 270 £, avec un taux réduit de 2 % applicable aux revenus supérieurs à ce seuil.

Cette approche refléterait la façon dont les gains des employés sont traités, tout en maintenant les réductions aux niveaux de revenu plus élevés.

La mesure s’appuie directement sur les travaux du groupe de réflexion Resolution Foundation, qui a d’abord suggéré la réforme comme moyen d’éliminer les échappatoires dans le cadre fiscal actuel.

Adam Corlett, économiste principal du groupe de réflexion, a fait valoir que les propriétaires ne devraient pas bénéficier de « taux d’imposition inférieurs à ceux de leurs locataires ». Le groupe estime que, si la composante employeur des NIC était également prélevée sur les revenus locatifs, les revenus annuels pourraient augmenter de près de 3 milliards de livres sterling.

Vers une mesure visant les revenus « non gagnés »

Les initiés du gouvernement décrivent la politique potentielle comme faisant partie d’une tentative plus large d’aligner l’imposition entre les revenus gagnés et non gagnés.

Alors que les salaires et traitements sont soumis à l’assurance nationale, les revenus de la propriété, des pensions et de l’épargne sont largement exonérés.

Les partisans de la mesure au sein du Parti travailliste suggèrent que cette imposition des bénéfices locatifs améliorerait l’équité et enverrait un message politique selon lequel « ceux qui ont des revenus non gagnés devraient contribuer davantage ».

Cependant, les critiques ont averti que l’approche pourrait augmenter les loyers, dissuader les investissements dans le secteur locatif privé et augmenter la pression financière sur les petits propriétaires qui font déjà face à une série de réformes fiscales introduites ces dernières années.

Défis financiers croissants

Le débat survient à un moment charnière pour le chancelier Reeves.

L’Institut national de recherche économique et sociale (NIESR) a averti qu’elle était confrontée à un écart de 41 milliards de livres sterling entre la trajectoire actuelle du gouvernement et son objectif d’équilibrer les dépenses quotidiennes avec les recettes fiscales d’ici 2029-30. En incluant la nécessité de restaurer les coussins budgétaires, le trou effectif pourrait dépasser 51 milliards de livres sterling.

Le Parti travailliste s’étant engagé lors de la campagne électorale générale à ne pas augmenter les taux de TVA, d’impôt sur le revenu ou de NIC, Reeves est limitée dans ses options.

Ses alliés soutiennent que l’élargissement du champ d’application de l’assurance nationale pour couvrir les revenus locatifs ne représente pas techniquement une hausse des taux et ne violerait donc pas les engagements du manifeste.

Néanmoins, le risque politique est réel. Toute mesure visant à taxer plus lourdement les propriétaires pourrait faire l’objet de réactions négatives de la part des propriétaires fonciers, dont beaucoup affirment qu’ils assument déjà des charges fiscales importantes, ainsi que des organismes de l’industrie mettant en garde contre les effets d’entraînement pour les locataires.

Préparer le budget d’automne

Le Trésor n’a pas confirmé si la politique figurera dans le budget de Reeves, mais il est entendu que les responsables effectuent des évaluations des coûts et des études d’impact.

La chancelière devrait dévoiler un ensemble de mesures visant à stabiliser les finances publiques, à investir dans les services prioritaires et à maintenir la crédibilité auprès des marchés.

Pour l’instant, la perspective d’une assurance nationale sur les revenus locatifs ajoute une nouvelle dimension à la question politiquement sensible de savoir qui paie pour la reprise budgétaire de la Grande-Bretagne et comment Reeves peut concilier les règles fiscales du Parti travailliste avec les attentes des électeurs.