L’économie canadienne se contracte plus que prévu au T2 alors que les exportations chutent, ce qui stimule les paris sur une baisse des taux

L’économie canadienne se contracte plus que prévu au T2 alors que les exportations chutent, ce qui stimule les paris sur une baisse des taux
Noris Soto
29 août 2025, 16:25 PM
  • L’économie canadienne s’est contractée de 1,6 % au deuxième trimestre, sa première contraction en près de deux ans, en raison de la faiblesse du commerce.
  • Les exportations ont chuté de 7,5 %, mais les fortes dépenses des ménages et des administrations publiques ont fait grimper la demande intérieure de 3,5 %.
  • Les marchés ont relevé à 48 % les probabilités d’une baisse des taux en septembre, ce qui a fait baisser le dollar canadien et les rendements obligataires.

L’économie canadienne s’est contractée à un rythme plus soutenu que prévu au deuxième trimestre, les exportations ayant reculé en raison des tarifs douaniers imposés par les États-Unis, a indiqué vendredi Statistique Canada.

L’économie s’est contractée de 1,6 % sur une base annualisée au cours des trois mois se terminant le 30 juin , après une croissance de 2,0 % au premier trimestre, bien que révisée à la baisse.

Cette mauvaise performance a porté la croissance annualisée du premier semestre à peine au-dessus de zéro, à seulement 0,4 %.

Son recul au deuxième trimestre a été le premier trimestre de contraction du pays en sept trimestres, et a mis en évidence une perte soudaine d’élan. Les analystes interrogés par Reuters avaient prévu une baisse moindre de 0,6 %.

La faiblesse des exportations et des investissements pèse sur la croissance

Les exportations ont été le principal frein à l’économie, chutant de 7,5 % au cours du trimestre, la plus forte baisse en cinq ans.

La baisse des flux commerciaux, exacerbée par les droits de douane américains, a éclipsé les augmentations ailleurs dans l’économie.

Les investissements des entreprises présentaient des symptômes de stress. Les dépenses en machines et matériel ont diminué de 0,6 %, ce qui représente la première baisse depuis l’éclosion.

La baisse des exportations et des investissements a mis en évidence la vulnérabilité du Canada aux chocs externes et aux conditions du commerce mondial.

La demande intérieure amortit le choc

Malgré les difficultés extérieures, la demande intérieure a servi de tampon. Les dépenses de consommation finale des ménages ont augmenté de 4,5 % sur une base annualisée, en raison de la forte activité des consommateurs.

L’investissement résidentiel a augmenté de 6,3 %, tandis que les dépenses de consommation finale des administrations publiques ont augmenté de 5,1 %.

Dans l’ensemble, la demande intérieure a augmenté de 3,5 %, ce qui indique que les dépenses des ménages et du secteur public sont restées vigoureuses malgré la faiblesse du secteur commercial.

Le PIB mensuel met en évidence une faiblesse persistante

Le produit intérieur brut a chuté de 0,1 % en juin, a également indiqué jeudi Statistique Canada, après des baisses en avril et en mai.

La baisse mensuelle est principalement attribuable à la production dans les secteurs de la production de biens, qui représentent le quart de l’économie canadienne.

Il s’agit du troisième mois consécutif de contraction, la première fois en trois ans que l’économie se contracte trois mois de suite. Le PIB de juin était attendu en hausse de 0,1 %, selon les analystes.

En juillet, une estimation anticipée indiquait que l’économie pourrait avoir progressé de 0,1 %, signalant qu’elle pourrait être sur la voie d’une légère reprise au troisième trimestre.

Réaction du marché et hausse des attentes de baisse des taux

Les données décevantes sur le PIB ont ajouté aux attentes selon lesquelles la Banque du Canada (BdC) pourrait être forcée d’assouplir sa politique monétaire. Le taux d’intérêt directeur de la banque centrale est resté inchangé à 2,75 % lors des trois dernières réunions.

Le montant de la baisse de taux de la Banque du Canada (BdC) prévu lors de la réunion du 17 septembre de la banque centrale est passé de 40 % avant la publication du PIB à 48 %.

Les marchés financiers ont réagi immédiatement. Le dollar canadien a reculé de 0,17 % à 1,3771 par dollar américain, ou 72,62 cents US.

Les rendements des obligations d’État à deux ans ont baissé de 2,8 points de base à 2,664 % dans un contexte d’attentes croissantes d’assouplissement de la politique monétaire.

Perspectives : Optimisme prudent dans un contexte d’incertitude

Bien que la contraction du deuxième trimestre ait été un revers important, la vigueur de la demande intérieure et les premiers signes de reprise en juillet indiquent que l’économie pourrait éviter un ralentissement prolongé.

Néanmoins, en raison des pressions exercées sur les exportations et du ralentissement des investissements des entreprises, les perspectives de croissance du Canada demeurent incertaines.

La Banque du Canada fera face à une décision politique difficile en septembre, mettant en balance les risques d’inflation et les indicateurs apparents d’un ralentissement de l’économie.