Netanyahu s’excuse auprès du Qatar pour sa frappe meurtrière dans le cadre du cessez-le-feu à Gaza

Netanyahu s’excuse auprès du Qatar pour sa frappe meurtrière dans le cadre du cessez-le-feu à Gaza
Ananthu C U
29 sept. 2025, 21:02 PM
  • Netanyahu présente ses excuses au Qatar pour la frappe de Doha qui a fait six morts et promet de ne pas subir d’attaques futures.
  • Les États-Unis affirment que les excuses aident à restaurer le rôle de médiation du Qatar dans les pourparlers de cessez-le-feu à Gaza.
  • La frappe a tendu les liens entre Israël et le Golfe et a fait reculer les efforts de diplomatie régionale soutenus par les États-Unis.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté lundi des excuses rares au Qatar, reconnaissant sa responsabilité dans une frappe de missile meurtrière qui a frappé la capitale qatarie, Doha.

La concession a été faite lors d’un appel conjoint avec le président américain Donald Trump et le Premier ministre qatari Sheikh Mohammed Bin Abdulrahman Al Thani, selon un communiqué publié par la Maison Blanche.

La frappe, qui visait des responsables du Hamas à Doha le 9 septembre, a tué cinq membres du Hamas ainsi qu’un garde de sécurité qatari.

L’incident a déclenché de vives critiques de la part du Qatar et de ses alliés du Golfe, compliquant les efforts visant à faire avancer la médiation soutenue par les États-Unis dans la guerre à Gaza.

De rares excuses signalent un changement de politique

Netanyahu, qui a menacé ces dernières semaines de frappes supplémentaires contre des personnalités du Hamas basées au Qatar, a exprimé son « profond regret » pour l’incident et a reconnu qu’Israël avait violé la souveraineté qatarie.

Il a assuré au Premier ministre qatari qu’Israël ne mènerait pas de nouvelles attaques sur le sol qatari.

« Le Premier ministre a en outre exprimé son regret qu’en ciblant les dirigeants du Hamas lors des négociations sur les otages, Israël ait violé la souveraineté qatarie et a affirmé qu’Israël ne mènerait plus une telle attaque à l’avenir », a déclaré la Maison Blanche dans son communiqué.

Bien que ni Israël ni le Qatar n’aient fait de commentaires publics, la Maison Blanche a qualifié la réaction du cheikh Mohammed de « bienvenue ».

Pour le Qatar, les excuses étaient considérées comme une condition préalable à la reprise de son rôle de médiateur entre Israël et le Hamas.

Axios a été le premier à rapporter les détails des excuses de Netanyahu, qui surviennent alors qu’il se rend à Washington pour des discussions avec Trump.

Retombées diplomatiques dans le Golfe

La frappe du 9 septembre a gravement tendu les relations d’Israël avec le Qatar et a suscité la condamnation des États du Golfe, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

L’attaque a également soulevé des questions sur les garanties de sécurité américaines dans la région, sapant les efforts américains pour faciliter la normalisation entre Israël et les gouvernements arabes.

Le Qatar, qui abrite la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient, est depuis longtemps un acteur diplomatique essentiel dans les négociations impliquant le Hamas, aux côtés de l’Égypte.

Après l’attaque, les responsables qataris avaient exigé des excuses officielles d’Israël avant de reprendre les pourparlers.

La Maison Blanche a reconnu que la frappe avait fait reculer la diplomatie régionale, Trump affirmant qu’il avait appris l’opération israélienne trop tard pour intervenir.

L’administration cherche maintenant à réinitialiser la relation, l’appel de lundi étant décrit comme un effort pour « mettre les relations israélo-qatariennes sur une voie positive après des années de griefs mutuels et de malentendus ».

Les pourparlers de cessez-le-feu se poursuivent

Trump a continué à faire pression pour un cessez-le-feu à Gaza, insistant au cours du week-end sur le fait que les négociations étaient sur le point d’aboutir.

Des responsables américains ont suggéré que l’engagement d’Israël à ne pas cibler le territoire qatari pourrait faire partie d’un cadre plus large conçu pour restaurer le rôle de médiation du Qatar.

Bien que les excuses puissent apaiser les tensions à court terme, la frappe a mis en évidence les risques d’escalade à un moment où les États-Unis et les acteurs régionaux luttent pour contenir le conflit.

Pour Netanyahu, cette décision représente une concession visant à préserver les canaux diplomatiques critiques, alors même que les pressions nationales et régionales s’intensifient à cause de la guerre à Gaza.