L’activité manufacturière au Canada diminue fortement en septembre alors que les négociations commerciales stagnent

L’activité manufacturière au Canada diminue fortement en septembre alors que les négociations commerciales stagnent
Noris Soto
01 oct. 2025, 17:26 PM
  • L’indice PMI manufacturier du Canada a glissé à 47,7 en septembre, marquant huit mois de contraction.
  • Les négociations commerciales avec Washington sont au point mort, ajoutant de la pression sur les usines et les exportations.
  • Le ralentissement des prix des intrants et des extrants a atténué l’inflation, soutenant la baisse des taux de la BdC.

Le secteur manufacturier canadien s’est contracté à un rythme plus rapide en septembre, sous l’effet d’une baisse de la production et de nouvelles commandes dans un contexte commercial incertain, selon des statistiques publiées mercredi.

L’indice des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier canadien de SandP Global a chuté à 47,7 en septembre, contre 48,3 en août.

L’indicateur est resté inférieur à 50 pour le huitième mois consécutif, indiquant un ralentissement persistant de l’activité manufacturière.

Paul Smith, directeur de l’économie chez SandP Global Market Intelligence, a déclaré que les statistiques mettaient en évidence « la sous-performance continue de l’économie manufacturière du Canada ».

Il a souligné que la production, les nouvelles commandes et les exportations ont toutes continué de baisser, tandis que l’incertitude commerciale a incité les entreprises à réduire leurs achats, leurs stocks et leurs emplois.

La production et les nouvelles commandes continuent de fléchir

La ventilation de l’enquête suggère une faiblesse généralisée dans l’ensemble du secteur. En septembre, l’indice de la production a chuté à 46,4 contre 47,4 un mois plus tôt, et la mesure des nouvelles commandes a baissé à 46,1 contre 47,9.

Les deux chiffres mettent en évidence un recul plus fondamental de la demande auquel sont confrontés les fabricants canadiens.

Cette hésitation à l’égard du commerce mondial pèse sur Ottawa alors que la capitale tente de prendre de l’élan dans les négociations avec Washington.

Le Canada négocie depuis des mois avec les États-Unis sur un nouveau cadre de commerce et de sécurité qui éliminerait les droits de douane américains sur les produits canadiens.

Mais les négociations se sont heurtées à une impasse, exposant les fabricants à des vents contraires liés au commerce.

Les perspectives commerciales dépendent de l’examen de l’AEUMC

Le premier ministre canadien Mark Carney a souligné la semaine dernière que les négociations commerciales avec les États-Unis se poursuivaient.

Il a déclaré qu’un grand nombre des difficultés persistantes seront repoussées à la révision future de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC).

L’incertitude prolongée a nui à la confiance des entreprises et aux investissements dans le secteur industriel, alors que celles-ci examinent les ramifications des changements commerciaux futurs avec le principal marché d’exportation du Canada.

Les pressions sur les prix montrent des signes d’atténuation

La dernière enquête a également montré un arrêt des pressions sur les prix, ce qui est positif malgré la faiblesse de la demande.

L’inflation des coûts des intrants a ralenti, l’indice des prix des intrants ayant baissé à 57,3 en septembre, en baisse par rapport à 61,6 en août.

L’indice des prix à la production est tombé à son plus bas niveau depuis près de quatre ans en octobre 2024 à 51,2, ce qui est inférieur à un sommet précédent de 52,0 et confirmé, indiquant une modération des hausses des prix de vente.

M. Smith a déclaré que l’assouplissement des pressions sur les prix rassurerait les décideurs de la Banque du Canada sur le fait que les pressions inflationnistes sous-jacentes s’atténuent.

Cette tendance contribue à justifier la décision de la banque centrale le mois dernier de réduire son taux d’intérêt directeur.

La Banque du Canada a réduit ses taux en septembre

En septembre, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur de 25 points de base à 2,50 %, la première baisse de taux depuis mars.

La banque centrale a indiqué que la réduction des pressions inflationnistes, combinée au ralentissement de la dynamique économique, pourrait permettre une politique plus souple.

La plus récente enquête PMI souligne le récit d’un ralentissement de l’économie, les fabricants réduisant leurs embauches et fermant leurs activités en réponse à la baisse de la demande.

Bien que le ralentissement de la hausse des coûts puisse aider à maîtriser l’inflation, la récurrence des indices PMI inférieurs à 50 indique que la croissance du secteur industriel sera difficile à réaliser à court terme.

Perspective

Le secteur manufacturier canadien en difficulté subit encore plus de retombées de l’affaiblissement de la demande mondiale et de l’impasse des négociations commerciales avec les États-Unis.

Le secteur ne rebondirait pas rapidement à partir de ce genre de niveaux sans une sorte de renversement de l’accord commercial ou une amélioration de la demande extérieure, car la production et les nouvelles commandes restent sous pression continue.

Pour ceux qui établissent une politique politique, l’assouplissement des pressions sur les prix est révélateur d’une modération, mais insiste sur le fait que la contraction continue du secteur manufacturier rappelle néanmoins à tous de faire preuve de prudence, car elle représente une menace réelle pour les perspectives économiques canadiennes dans leur ensemble.