Le chômage au Royaume-Uni augmente alors que l’embauche ralentit et que la croissance des salaires ralentit

Le chômage au Royaume-Uni augmente alors que l’embauche ralentit et que la croissance des salaires ralentit
Diya Poddar
14 oct. 2025, 11:04 AM
  • La croissance des salaires dans le secteur privé a ralenti à 4,4 %, son plus faible niveau depuis 2021.
  • Les pertes d’emplois depuis octobre 2023 s’élèvent à 127 000, soit moins que prévu.
  • Le taux de chômage au Royaume-Uni a augmenté à 4,8 % au cours des trois mois se terminant en août.

Le chômage au Royaume-Uni a atteint son plus haut niveau depuis mai 2021, alors que l’embauche s’est affaiblie et que la croissance des salaires a perdu de son élan, signalant un ralentissement du marché du travail avant le budget du mois prochain.

Les données, publiées mardi par l’Office for National Statistics (ONS), ont montré que les employeurs se stabilisent après des mois de suppressions d’emplois déclenchées par une hausse des charges sociales plus tôt cette année.

Les chiffres suggèrent que la Banque d’Angleterre pourrait devoir envisager des ajustements de taux en 2026.

Le marché du travail se détend alors que le chômage atteint 4,8 %

Le taux de chômage au Royaume-Uni a augmenté à 4,8 % au cours des trois mois se terminant en août.

Il s’agit du niveau le plus élevé depuis mai 2021, alors que l’économie se remettait encore des restrictions liées à la pandémie.

Source : Bureau des statistiques nationales

Les économistes s’attendaient à ce que le chiffre reste inchangé, soulignant l’impact d’une économie plus lente et d’un resserrement des budgets des entreprises.

Dans le même temps, la croissance des salaires dans le secteur privé est tombée à 4,4 %, son plus faible niveau depuis fin 2021 et en dessous des 4,5 % prévus par le marché.

La rémunération totale, hors primes, est passée de 4,8 % à 4,7 %.

La croissance des salaires dans le secteur public a toutefois légèrement augmenté en raison de règlements antidatés pour les fonctionnaires, creusant l’écart entre les deux secteurs.

La modération des salaires sera surveillée de près par la Banque d’Angleterre, qui a maintenu les coûts d’emprunt stables ces derniers mois.

Bien que l’inflation reste près du double de l’objectif de 2 %, les données indiquent un relâchement de la pression sur les employeurs pour qu’ils augmentent davantage les salaires, réduisant ainsi le risque d’une spirale salaires-prix.

Les suppressions d’emplois ralentissent après le choc fiscal

Le marché du travail semble avoir dépassé le pire de la secousse causée par l’augmentation des charges sociales de 26 milliards de livres sterling (34,7 milliards de dollars) d’avril.

Le nombre d’employés sur la liste de paie a diminué de 10 000 en septembre après un gain révisé de 10 000 en août, conformément aux attentes des économistes.

Plus tôt cette année, les pertes d’emplois avaient été beaucoup plus importantes, les entreprises s’étant ajustées à la hausse des coûts due aux nouvelles règles fiscales et au salaire minimum.

Les chiffres révisés de l’ONS montrent que depuis le budget lourd en impôts de la chancelière Rachel Reeves en octobre dernier, les pertes d’emplois totales s’élèvent à 127 000 – beaucoup moins que prévu.

Cette baisse plus faible que prévu suggère que les employeurs conservent leur personnel même si l’activité d’embauche ralentit.

Le nombre de postes vacants a diminué de 9 000 au cours des trois mois se terminant en septembre pour s’établir à 717 000, soit leur baisse la plus lente de l’année.

Cela fait suite à une baisse de 57 000 au cours de la période de juin.

Les traders augmentent leurs paris sur des baisses de taux l’année prochaine

Les marchés financiers ont réagi rapidement aux dernières données. La livre sterling a chuté alors que les traders ont augmenté leurs paris sur les baisses de taux de la Banque d’Angleterre en 2026, certains s’attendant désormais à ce que les coûts d’emprunt atteignent 3,5 % d’ici l’été.

Bien que les décideurs politiques aient exclu de nouvelles réductions cette année, le refroidissement progressif des salaires et de l’embauche pourrait renforcer les arguments en faveur d’un assouplissement de la politique monétaire au printemps prochain.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, qui a maintenu un ton prudent ces derniers mois, devrait s’exprimer plus tard mardi à Washington.

Ses remarques seront scrutées de près alors que les investisseurs cherchent des indices sur la façon dont la banque centrale prévoit d’équilibrer la désinflation et le ralentissement de la croissance.

Le Comité de politique monétaire reste divisé. Certains membres ont averti que les salaires élevés pourraient se répercuter sur les prix, tandis que d’autres considèrent le ralentissement de la croissance des salaires comme la preuve que la désinflation reste intacte.