Les États-Unis pèsent sur 100 % des droits de douane et l’éviction de l’ALEAC pour le Nicaragua en raison de violations des droits de l’homme

Les États-Unis pèsent sur 100 % des droits de douane et l’éviction de l’ALEAC pour le Nicaragua en raison de violations des droits de l’homme
Noris Soto
22 oct. 2025, 13:01 PM
  • Les États-Unis peuvent imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % sur les importations nicaraguayennes en raison de violations des droits de l’homme et du travail.
  • Washington envisage également de suspendre les avantages du Nicaragua dans le cadre de l’accord commercial CAFTA-RD.
  • Les économistes préviennent que ces mesures pourraient dévaster l’économie du Nicaragua, dépendante des exportations, et dissuader les investisseurs.

Le gouvernement américain envisage d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % sur les produits nicaraguayens et même de retirer le pays de l’Accord de libre-échange entre l’Amérique centrale et la République dominicaine (CAFTA-DR).

Les actions proposées interviennent après que le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a déterminé que les politiques du Nicaragua en matière de droits du travail, de droits de l’homme et d’État de droit sont « déraisonnables » et « alourdissent ou restreignent le commerce américain ».

L’USTR a décidé que les actions de l’administration du président Daniel Ortega « entravent le commerce américain » en raison d’abus généralisés et de limites aux libertés fondamentales.

L’agence a noté que la détérioration des institutions démocratiques du Nicaragua et les violations généralisées des droits du travail internationalement reconnus étaient des préoccupations majeures.

Droits de douane et suspension du commerce sur la table

Toutefois, dans le cadre de ces options, l’USTR a suggéré d’imposer des droits de douane supplémentaires pouvant aller jusqu’à 100 % sur certains ou tous les produits nicaraguayens. Ces mesures devaient être mises en œuvre immédiatement, avec une période de transition de 12 mois.

L’agence a également recommandé que le Nicaragua perde ou voie la suspension ou la révocation des avantages de l’accord CAFTA-DR (Accord de libre-échange entre la République dominicaine et l’Amérique centrale), un arrangement établi en 2006 qui a entraîné une explosion des exportations de marchandises nicaraguayennes vers le pays de la liberté.

Washington décidera s’il prend les mesures qu’il a proposées sur les chasseurs de la prochaine génération après la fin des commentaires publics sur les actions le 19 novembre.

Le rapport fait état d’une augmentation significative de la pression économique sur le Nicaragua, qui a déjà fait face à de nombreuses séries de sanctions et d’isolements diplomatiques au cours des deux dernières années.

Si elles sont adoptées, les nouvelles mesures pourraient s’attaquer au cœur de l’économie axée sur les exportations.

Le règne d’Ortega et l’examen minutieux des États-Unis

Le Nicaragua est contrôlé par le président Daniel Ortega et son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, depuis 2007.

Murillo a été nommé « co-président » à la suite d’un amendement constitutionnel qui a renforcé la position du couple.

L’enquête de l’USTR sur les violations présumées commises par le gouvernement Ortega-Murillo a débuté le 10 décembre 2024, sous l’administration du président Joe Biden, en vertu de l’article 301 de la loi sur le commerce des États-Unis de 1974.

Lors d’une audience le 16 janvier, l’enquête a reçu plus de 160 commentaires du public et les témoignages de plusieurs témoins.

Après des mois d’enquête, l’USTR a décidé que le gouvernement nicaraguayen avait « commis ou autorisé une série d’abus » des droits du travail et des droits humains, y compris des actions portant atteinte aux citoyens et aux biens américains.

Selon le rapport, ces politiques « limitent les opportunités commerciales pour les entreprises américaines au Nicaragua » et accusent le gouvernement de « démanteler l’État de droit ».

Impact économique et réaction nationale

Des économistes et des commentateurs politiques nicaraguayens ont averti que les mesures américaines pourraient avoir un impact dévastateur sur l’économie fragile du pays.

Les États-Unis sont le principal marché d’exportation du Nicaragua, absorbant des exportations essentielles comme l’or brut et les textiles, qui seraient tous deux directement touchés par des droits de douane plus élevés ou une suspension de l’ALEAC-RD.

L’économiste Juan Sebastián Chamorro, qui a été privé de sa nationalité et banni à Washington après avoir été accusé de « trahison », a qualifié le rapport de l’USTR d'« extrêmement grave » et a averti que les ramifications pourraient être « dévastatrices pour l’économie nicaraguayenne ».

Il a averti que l’élimination potentielle des incitations de l’ALEAC-RD pourrait décourager considérablement les investissements étrangers, obligeant les entreprises à réévaluer leurs opérations face à l’incertitude commerciale.

Chamorro a noté que la dépendance du Nicaragua vis-à-vis des marchés américains le rend particulièrement vulnérable aux représailles commerciales.

Il a averti que le retrait de l’ALEAC-RD ne réduirait pas seulement les revenus d’exportation, mais affaiblirait également la confiance dans le Nicaragua en tant que pays favorable aux entreprises.

Prochaines étapes à Washington

L’USTR va maintenant tenir compte des commentaires du public avant de décider d’aller de l’avant ou non avec les mesures prévues.

Bien qu’aucune date de décision finale n’ait été fixée, la procédure représente le défi le plus grave à ce jour pour l’adhésion du Nicaragua à l’accord commercial régional.

Si elles sont appliquées, les sanctions pourraient modifier les relations économiques entre Washington et Managua, démontrant que les États-Unis sont prêts à utiliser des pressions commerciales pour remédier aux violations des droits de l’homme et de la gouvernance en Amérique centrale.