Le premier ministre canadien Carney s’excuse auprès de Trump au milieu des retombées de la publicité anti-tarifs

Le premier ministre canadien Carney s’excuse auprès de Trump au milieu des retombées de la publicité anti-tarifs
Devesh Kumar
01 nov. 2025, 10:56 AM
  • Le premier ministre Carney s’est excusé auprès de Trump pour la publicité anti-tarifaire de Reagan en Ontario.
  • Trump a qualifié la publicité de « fausse » et a gelé les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis.
  • La publicité de 75 millions de dollars de l’Ontario utilisait les remarques de Reagan en 1987 sans autorisation.

Le premier ministre canadien Mark Carney a confirmé publiquement samedi qu’il s’était excusé auprès du président américain Donald Trump pour une publicité anti-tarifaire financée par le gouvernement provincial de l’Ontario.

La publicité controversée, qui mettait en vedette l’ancien président Ronald Reagan défendant le libre-échange, a déclenché d’importantes tensions entre les deux pays et a incité Trump à suspendre les négociations commerciales et à menacer d’imposer des tarifs supplémentaires sur les produits canadiens.

M. Carney a reconnu que M. Trump avait été offensé par la publicité et a déclaré que ce n’était pas quelque chose qu’il aurait autorisé lui-même, marquant ainsi un effort diplomatique pour réparer les relations commerciales tendues entre les États-Unis et le Canada.

La publicité qui a déclenché la colère de Trump

La publicité au centre de la controverse a été diffusée pendant la série de championnat de la Ligue américaine à la fin du mois d’octobre, atteignant des millions de téléspectateurs qui ont regardé le match très médiatisé entre les Blue Jays de Toronto et les Mariners de Seattle sur Fox Sports.

Commandée par le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, la campagne de 75 millions de dollars présentait des extraits de l’allocution radiophonique de Ronald Reagan en 1987 mettant en garde contre les dangers des tarifs douaniers et leur potentiel de nuire à l’économie américaine.

Donald Trump a réagi presque immédiatement, qualifiant l’annonce de « fausse » et de « frauduleuse », et l’accusant de déformer la véritable position de Reagan sur le commerce.

En réponse, le président a annoncé une hausse de 10 % des droits de douane sur les produits canadiens et a suspendu toutes les négociations commerciales en cours avec le Canada.

M. Trump aurait été furieux que l’Ontario n’ait pas retiré la publicité immédiatement après que son équipe eut soulevé des objections.

Ajoutant au tumulte, la Fondation présidentielle Reagan a déclaré qu’elle envisageait une action en justice, notant que l’Ontario n’avait jamais demandé ou reçu la permission d’utiliser ou de modifier les remarques de Reagan.

Le geste diplomatique de Carney et les tensions persistantes

M. Carney a présenté ses excuses en privé à M. Trump lors d’un dîner organisé par le président sud-coréen mercredi au forum de la Coopération économique Asie-Pacifique à Gyeongju.

Lorsqu’il s’est adressé aux journalistes samedi, M. Carney a souligné sa désapprobation personnelle de la campagne publicitaire et a révélé qu’il avait explicitement demandé à Ford de ne pas la diffuser avant sa publication.

« Je me suis excusé auprès du président », a déclaré Carney, confirmant les commentaires antérieurs de Trump vendredi.

Malgré les excuses, M. Trump a clairement indiqué que les pourparlers commerciaux avec le Canada ne reprendraient pas.

S’adressant aux journalistes à bord d’Air Force One vendredi, M. Trump a reconnu les excuses, mais a réaffirmé sa position, affirmant que ce que le gouvernement de M. Carney avait fait était « mal », même s’il maintenait une « très bonne relation » avec le premier ministre.

M. Carney a indiqué que les négociations commerciales ne reprendraient que lorsque les États-Unis seraient « prêts », laissant la situation diplomatique dans un état précaire.

Le différend tarifaire en cours a créé d’importants défis pour le Canada, puisque plus des trois quarts des exportations canadiennes sont dirigées vers les États-Unis, d’une valeur d’environ 3,6 milliards de dollars canadiens (2,7 milliards de dollars américains), en biens et services qui traversent la frontière chaque jour.

Au fur et à mesure que la situation évolue, les deux pays semblent enfermés dans une impasse sans résolution claire en vue.