Les représailles de la Chine signalent la guerre économique alors que les tensions entre le Japon et Taïwan s’intensifient
- La Chine menace de représailles économiques et diplomatiques après les remarques du Japon sur Taïwan.
- Le tourisme, le commerce et les actions ont immédiatement frappé alors que Pékin émet des avertissements de voyage sur le Japon.
- Des signaux militaires croissants et des tensions diplomatiques mettent à l’épreuve le nouveau Premier ministre japonais dans un contexte de tensions régionales.
L’escalade de la réponse de la Chine aux récentes remarques du Japon sur Taïwan a pris un tournant brutal vers des représailles économiques, avec des conséquences potentielles allant du tourisme et du commerce aux tensions militaires.
Alors que les médias d’État font allusion à des sanctions et que Pékin active des leviers diplomatiques, le Japon fait face à son premier test sérieux de politique étrangère sous la Première ministre Sanae Takaichi.
Les enjeux économiques sont considérables, avec des milliards de pertes potentielles et des risques pour des secteurs clés alors que les tensions perturbent une détente fragile entre les deux plus grandes économies de la région.
Pékin fait monter les enchères avec un avertissement de représailles
Au cours du week-end, la plate-forme de médias sociaux liée à l’État chinois Yuyuantantian, souvent utilisée pour prévisualiser la politique officielle, a averti que des « représailles substantielles » étaient sur la table.
Le commentaire faisait référence à la possibilité de suspendre l’engagement commercial, diplomatique et même militaire avec le Japon.
Peu de temps après, le porte-parole militaire de la Chine, le Quotidien de l’Armée populaire de libération, a publié un article d’un universitaire affilié à l’État, avertissant que l’implication japonaise dans tout conflit dans le détroit de Taïwan risquerait de transformer le pays entier en un champ de bataille.
Ce message coïncide avec les craintes croissantes que la Chine n’utilise à nouveau des outils économiques pour pénaliser l’opposition politique, comme on l’a vu lors de différends antérieurs.
Le récent avis de Pékin visant le Japon, ainsi qu’une mise à jour similaire des autorités de Hong Kong, soulèvent le spectre d’un gel du tourisme similaire à l’impasse diplomatique de 2012 sur les îles Senkaku et Diaoyu.
Cet incident a déclenché un boycott de plusieurs mois et a provoqué une chute à deux chiffres des exportations japonaises.
Le tourisme, le commerce et les actions sont immédiatement touchés
Les implications pour l’économie japonaise se sont fait sentir presque immédiatement.
Les sociétés liées au voyage telles que Shiseido Co. ont vu le cours de leurs actions chuter de 11 % lundi.
Les touristes chinois représentant environ un quart des visiteurs annuels au Japon, les nouveaux avertissements aux voyageurs mettent en péril une source vitale de revenus.
Takahide Kiuchi, économiste exécutif à l’Institut de recherche Nomura, a déclaré dans un rapport de Bloomberg qu’un gel prolongé du tourisme chinois pourrait réduire de 2,2 billions de yens (14,2 milliards de dollars) l’économie japonaise, ce qui équivaudrait à 0,36 point de pourcentage du PIB.
M. Kiuchi, qui a également siégé au conseil d’administration de la Banque du Japon, a lié cette estimation aux tendances observées en 2012, lorsque le nombre de touristes chinois a chuté de 25 % en glissement annuel.
Cette réduction, combinée à la baisse des exportations, a porté un coup dur à l’économie japonaise.
Des secteurs similaires devraient à nouveau souffrir, les analystes désignant que l’immobilier, le commerce de détail, les loisirs et les compagnies aériennes sont les plus exposés aux perturbations.
La réinitialisation diplomatique est menacée par l’intensification des signaux militaires
Les tensions marquent un revirement brutal par rapport aux récents efforts diplomatiques.
Le Premier ministre Takaichi a rencontré le président chinois Xi Jinping quelques semaines plus tôt et a exprimé son intention de nouer des liens personnels et de stabiliser les relations.
Ces progrès sont maintenant menacés, car les récents commentaires de Takaichi sur le fait que Taïwan est une situation menaçant la survie ont déclenché la protestation officielle de Pékin.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Japon sur instruction, une phrase indiquant généralement une intervention de haut niveau.
Elle a été suivie d’une action militaire au cours du week-end, lorsque quatre navires armés des garde-côtes chinois ont traversé des eaux contestées contrôlées par le Japon avant de sortir.
Le sommet du G20 en Afrique du Sud ce week-end pourrait être l’occasion d’un dialogue. Le Japon a envoyé lundi un diplomate de haut rang à Pékin pour tenter de désamorcer les tensions.
Une rencontre potentielle entre Takaichi et le Premier ministre chinois Li Qiang pourrait aider à atténuer la pression, bien qu’aucun rendez-vous n’ait été prévu.
Le contexte géopolitique intensifie la pression
L’avertissement de la Chine au Japon intervient dans un contexte d’engagement mondial croissant avec Taïwan.
Une récente visite en Europe du vice-président taïwanais, le premier événement de ce type depuis 2002, a provoqué la colère de Pékin.
L’île affirme de plus en plus sa présence diplomatique, remettant en question la stratégie d’isolement de la Chine.
Pékin a également démontré sa volonté de riposter économiquement, comme on l’a vu lors de son différend de 2017 avec la Corée du Sud sur le système de missiles THAAD.
La proximité du Japon avec Taïwan, qui n’est qu’à 100 kilomètres de l’île de Yonaguni, et son statut de partenaire commercial clé de la Chine le rendent particulièrement vulnérable.
Alors que la cote de popularité de Takaichi reste élevée, l’opinion publique est divisée.
Un sondage de Kyodo News a montré que 48,8 % des personnes interrogées soutenaient l’exercice de l’autodéfense collective par le Japon dans un scénario de conflit à Taïwan, tandis que 44,2 % s’y opposaient.
L’impasse actuelle ajoute une pression supplémentaire à l’économie japonaise, qui lutte déjà contre l’inflation et un ralentissement de la croissance.
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