Les objectifs écologiques de l’industrie aérienne sont menacés alors que l’IATA accuse les producteurs de carburant du déficit de SAF

  • L’IATA prévoit que les objectifs d’adoption des SAF seront manqués en raison d’une faible production et d’une mauvaise régulation.
  • Le coût élevé des SAF (2 à 5 fois le carburant traditionnel) constitue un obstacle économique majeur.
  • La croissance des SAF est insuffisante, qui ne devrait répondre qu’à 0,8 % des besoins en carburant de 2026.

L’industrie aérienne mondiale fait face à un revers important dans ses objectifs environnementaux, l’Association internationale du transport aérien (IATA) ayant annoncé mardi que le secteur devrait ne pas atteindre ses objectifs cruciaux pour l’adoption de carburants d’aviation durables (SAF) dans les années à venir.

Ce pronostic décevant, selon la grande compagnie aérienne, découle principalement de l’échec des producteurs de carburant à augmenter l’offre et de ce qu’ils perçoivent comme des cadres réglementaires inadéquats ou contre-productifs.

La déclaration de l’IATA souligne une inquiétude croissante dans l’industrie selon laquelle la transition vers des opérations plus écologiques avance trop lentement.

L’adoption généralisée du SAF est considérée comme l’outil le plus vital pour le secteur aérien afin d’atteindre son objectif ambitieux d’émissions carbone nettes zéro d’ici 2050.

Cependant, le rythme actuel des progrès est considéré comme « décevant », compromettant les objectifs à moyen terme de l’industrie.

Capacité de production et obstacles économiques

Le problème central reste le manque de capacité de production adéquate pour les SAF.

Alors que les compagnies aériennes sont de plus en plus prêtes à s’engager à acheter des carburants plus respectueux de l’environnement, les producteurs ont eu du mal à obtenir les investissements nécessaires pour construire et exploiter de grandes installations de raffinage.

De plus, l’IATA a critiqué l’approche réglementaire fragmentée et souvent punitive adoptée par divers gouvernements mondiaux, selon un rapport de Reuters.

Le SAF offre une voie importante pour décarboner le secteur de l’aviation, principalement en utilisant des matières premières comme les matières premières comme les déchets et l’huile de cuisson usagée.

Comparé au carburant d’avion conventionnel, le SAF peut réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre du cycle de vie.

Cependant, son adoption généralisée rencontre d’importants obstacles économiques. Actuellement, le SAF est deux à cinq fois plus cher que le carburant traditionnel, un écart de coût que les opérateurs aériens hésitent à accepter.

Ce coût élevé constitue un obstacle majeur à l’augmentation de la production et de l’utilisation, nécessitant un soutien politique, des avancées technologiques et une augmentation des investissements pour ramener les coûts des SAF à un niveau compétitif.

Croissance insuffisante et frustration dans l’industrie

L’IATA prévoit que 2,4 millions de tonnes métriques de SAF seront disponibles en 2026, ne répondant qu’à 0,8 % des besoins totaux en carburant.

L’industrie aéronautique vise des émissions nettes zéro d’ici 2050, principalement grâce au passage aux SAF, un engagement pris en 2021.

« Nous ne voyons pas de SAF produits dans les volumes que nous espérions et attendions. C’est décevant », a été cité le directeur général du groupe professionnel, Willie Walsh, dans le rapport de Reuters.

Il avait auparavant averti que l’objectif de zéro émission carbone en 2050 pourrait être menacée.

Pour atteindre ses objectifs d’émissions, le secteur aéronautique doit urgemment stimuler la production de SAF.

Actuellement, le SAF ne représente qu’environ 0,3 % de la consommation mondiale de carburant pour avions, un chiffre que les données de l’IATA prévoient de ne plus atteindre que 0,7 % d’ici 2025.

Les experts soulignent que ce taux de croissance est insuffisant.

Les compagnies aériennes ont constamment déclaré leur volonté d’acheter tous les SAF disponibles. Cependant, ils critiquent les fabricants de carburant pour avions, affirmant qu’ils maintiennent délibérément des prix élevés et ne produisent pas suffisamment de carburant plus respectueux de l’environnement.

Walsh a déclaré :

Il a également mentionné sa conviction que de nombreuses compagnies aériennes retiendraient leurs engagements officiels en matière de durabilité en 2026.

Il a désigné Air New Zealand comme pionnière dans l’établissement d’objectifs plus réalisables, donnant l’exemple à l’industrie.