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L’action Nvidia reste sous pression : qu’est-ce qui nuit à la chouchoute de l’IA ?

  • L’action Nvidia se stabilise alors que les investisseurs digérent un accord Groq, coûteux mais stratégique.
  • Les analystes considèrent les charges d’inférence comme un moteur de croissance à long terme malgré les questions liées aux transactions.
  • Les menaces concurrentielles liées à l’IA en provenance de Chine accentuent la pression sur les perspectives technologiques des grandes capitalisations.

L’action Nvidia a légèrement baissé lors des premières négociations mardi, le fabricant de puces n’ayant pas réussi à récupérer une partie des pertes subies lors de la session précédente, l’attention des investisseurs se concentrant sur son accord récemment révélé impliquant la société de puces d’intelligence artificielle Groq.

Les actions Nvidia ont chuté de 0,5 % à 187,22 $ en début de séance mardi après avoir chuté de 1,2 % lundi.

La légère stabilisation de l’action est intervenue dans un contexte de mouvements plus larges et mixtes dans le secteur des semi-conducteurs, avec une baisse de 0,1 % d’Advanced Micro Devices et une hausse de 0,2 % par Broadcom.

Groq affaire dans le docus

Le moteur spécifique à l’entreprise pour Nvidia reste la réaction du marché à son accord récemment annoncé pour obtenir une licence non exclusive pour une technologie auprès du secteur privé Groq.

Selon un rapport du Wall Street Journal, Nvidia paie 20 milliards de dollars pour accéder à la technologie de Groq, un chiffre qui inclut des packages de rémunération pour de nombreux employés clés de Groq qui devraient rejoindre Nvidia dans le cadre de cet accord.

La taille et la structure de l’accord ont suscité un examen minutieux. Les premiers reportages, y compris un premier compte de CNBC, décrivaient la transaction comme une acquisition.

Cependant, Groq a ensuite précisé que l’accord est un accord de licence non exclusif combiné à un transfert de talents, plutôt qu’une prise de contrôle totale par l’entreprise.

Cette distinction a contribué à l’incertitude parmi les investisseurs et analystes cherchant à évaluer les implications financières et stratégiques à long terme.

Les analystes mettent en avant l’opportunité d’inférence

Malgré les questions concernant la valorisation, certains analystes voient un mérite stratégique dans l’accord.

L’analyste de Mizuho, Vijay Rakesh, a déclaré que cet accord renforce la position de Nvidia sur le marché en forte croissance des puces d’inférence, qui sont utilisées pour exécuter des modèles d’intelligence artificielle après leur entraînement.

Rakesh a estimé que l’inférence représente actuellement entre 20 % et 40 % des charges de travail de l’IA, une part qu’il prévoit de monter à 60 % à 80 % au cours des cinq prochaines années.

« Nous considérons cet accord comme un avantage pour Nvidia à long terme, car il ajoute des [intellectual property] clés de propriété intellectuelle à son équipe d’ingénierie pour développer ses capacités d’inférence », a écrit Rakesh dans une note de recherche.

Il a réitéré une note de surperformance sur Nvidia et a maintenu un objectif de prix de 245 $.

Mizuho a également noté que l’efficacité de l’inférence est de plus en plus cruciale pour générer des rendements sur les investissements massifs dans les infrastructures d’IA.

Nvidia, a indiqué la société, a déjà démontré une forte exécution, avec un chiffre d’affaires atteignant 187,14 milliards de dollars et une croissance de 65,22 % au cours des douze derniers mois.

Pourtant, le prix a suscité des sourcils. Le Wall Street Journal a rapporté que Groq projetait un chiffre d’affaires de 1,4 milliard de dollars en 2026, contre environ 500 millions cette année et environ 90 millions en 2024, citant des personnes familières avec les finances de l’entreprise.

Ce profil de croissance a suscité un débat sur la justification de l’engagement de 20 milliards de dollars.

Pression concurrentielle croissante

Le débat autour de la prochaine phase de croissance de Nvidia se déroule sur fond de concurrence mondiale croissante.

Des rapports du South China Morning Post la semaine dernière ont indiqué que des chercheurs de l’université Jiao Tong de Shanghai et de l’université Tsinghua ont développé une puce informatique à photons appelée LightGen, qu’ils affirment capable de surpasser les processeurs traditionnels à base de silicium dans certaines tâches d’entraînement et d’inférence en IA.

Par ailleurs, Meta Platforms a annoncé mardi avoir accepté d’acquérir Manus, une startup d’IA initialement fondée en Chine et désormais basée à Singapour, dans le cadre d’une transaction évaluée à environ 2,5 milliards de dollars.

Manus a déclaré que son agent IA général dépasse les capacités de Deep Research d’OpenAI.

Ces développements soulignent l’inquiétude croissante des investisseurs quant à la durabilité des rendements issus des dépenses massives liées aux investissements liés à l’IA.

Les actions Nvidia ont chuté d’environ 8 % au cours des deux derniers mois, tandis que Microsoft a chuté de 10 % et Meta de 11,8 %.

Les baisses chez les petits acteurs ont été plus marquées, Oracle ayant reculé de 28 % et CoreWeave, fournisseur de cloud d’IA, ayant chuté de plus de 45 %.