Pétrole proche de 100 $ après le conflit iranien : le plan Trump de 20 Md$ peut-il enrayer la saignée ?

Pétrole proche de 100 $ après le conflit iranien : le plan Trump de 20 Md$ peut-il enrayer la saignée ?
Devesh Kumar
06 mars 2026, 21:13 PM
  • Les prix du pétrole montent en flèche alors que le conflit avec l'Iran perturbe la navigation dans le détroit d'Ormuz.
  • Les États-Unis proposent un plan d'assurance pour pétroliers de $20B pour stabiliser les flux pétroliers.
  • Les traders évaluent si le plan de la DFC peut empêcher le pétrole de dépasser les $100.

Les prix du pétrole se sont approchés de 100 $ le baril vendredi, alors que les tirs de missiles iraniens entraient dans leur septième jour, paralysant la navigation dans le détroit d'Ormuz et faisant monter en flèche les tarifs d'assurance.

Le président américain Donald Trump a répliqué par une spectaculaire initiative de réassurance de $20 billion soutenue par les États-Unis, via la Development Finance Corporation (DFC), visant à garantir le passage sécurisé des pétroliers et à stabiliser le chaos.

Les marchés ont testé cette bouée de sauvetage tandis que le brut réduisait ses gains intrajournaliers, mais les armateurs et les analystes se demandent si la DFC pourra agir avant que la barrière psychologique des $100 ne se brise.

Mise de $20 billion contre l'arme pétrolière de l'Iran

Le plan comble un vide criant en matière d'assurance.

Les marchés privés, comme les clubs P&I londoniens, ont déserté les eaux du Golfe, exposant 329 navires à $352 billion de réclamations potentielles.

La DFC propose une couverture du risque politique à un « prix très raisonnable » adaptée aux transports d'énergie, garantie jusqu'à $20 billion. Des escorteurs de l'US Navy se profilent en renfort si les assureurs font défaut.

L'Iran a intensifié brutalement : des missiles ont frappé les complexes GNL Ras Laffan et Mesaieed de QatarEnergy, mettant à l'arrêt des installations qui fournissent 20% du GNL mondial via Ormuz.

Des frappes contre des pétroliers ont suivi, vidant le détroit de tout trafic.

JPMorgan estime un déficit de couverture de $300 billion pour l'ensemble de la flotte, et les $20 billion de Trump visent cette lacune aiguë, redirigeant les primes de Londres vers Washington.

Imaginez des supertankers avançant en file indienne derrière des destroyers Arleigh Burke, les sceaux de la DFC remplaçant les timbres de Lloyd’s.

Trump présente cela comme l'Amérique s'appropriant des revenus que l'Europe encaissait traditionnellement, tout en garantissant l'écoulement du pétrole.

La DFC dispose d'une capacité de $205 billion, dont $154 billion disponibles, mais l'ampleur met les limites à rude épreuve.

La séance de vendredi reflétait une adhésion partielle : le Brent a atteint $98 en intrajournalier avant de s'établir à $94, pariant que le plan tempère la prime de guerre sans l'éteindre complètement.

Fonctionnera-t-il réellement avant que $100 ne devienne $120 ?

Les doutes portent sur la rapidité et l'ampleur.

La DFC atteint ses plafonds statutaires ; un feu vert du Congrès pour une extension ne se concrétisera pas en un week-end.

Les armateurs y voient une solution « juridiquement viable » selon Wolfe Research, mais une « réparation partielle » : le risque de guerre voyage par voyage persiste à des tarifs exorbitants.

Les salles de marché attendent une action dès lundi : chaque hausse de $10/le baril ôte 0,5% du PIB mondial et grignote 2-3% des bénéfices du S&P 500.

L'Europe s'implique : la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni annoncent un soutien naval conjoint, mais Trump pousse pour un contrôle centré sur les États-Unis.

L'arrêt chez QatarEnergy a fait exploser les prix du gaz en Europe et en Asie, parallèlement au pétrole. Chaque heure d'interruption du flux via Ormuz resserre encore davantage l'étau de l'offre.

La bifurcation est nette. Des émissions de polices DFC + le lancement d'un convoi inaugural : les positions courtes se couvrent, le pétrole replie à $85-90 sur effet de soulagement.

Les retards ou les demi-mesures propulsent $100 au-delà, ancrant des prix de récession alors que compagnies aériennes, armateurs et usines réclament pitié.

Le repli tardif de vendredi a signalé 60% de confiance dans le pari de Trump, suffisant pour atténuer le pic, pas assez pour le résorber.