Bilan des matières premières : l'or recule de plus de 1% face à un dollar ferme

Bilan des matières premières : l'or recule de plus de 1% face à un dollar ferme
Sayantan Sarkar
09 mars 2026, 16:16 PM
  • Le Brent atteint 119 $/bbl, un sommet inédit depuis mi‑2022.
  • La fermeture virtuelle du détroit d'Ormuz bloque 1/5 de l'approvisionnement pétrolier mondial.
  • L'or recule sous la force du dollar ; l'aluminium atteint presque un plus haut en quatre ans.

Les cours du pétrole ont bondi de façon spectaculaire lundi alors que la matière première a franchi le seuil des 100 $ le baril pour la première fois depuis 2022. 

L'escalade des tensions géopolitiques au Moyen‑Orient pendant le week‑end a fait grimper les cours du pétrole de plus de 26% lundi.

Cependant, les prix ont effacé une partie des gains après des informations indiquant que les pays du G7 pourraient puiser dans les réserves stratégiques de pétrole (SPR). 

Parallèlement, les prix de l'or ont fortement reculé de plus de 1% alors que le dollar américain s'est renforcé face à un panier de devises majeures, limitant la demande. 

Parmi les métaux de base, les perspectives d'approvisionnement en aluminium depuis le Moyen‑Orient se sont détériorées en raison de l'aggravation des hostilités dans la région, poussant le prix du métal à son plus haut niveau depuis près de quatre ans.

« Les acheteurs du métal aux États‑Unis se précipitent pour sécuriser des cargaisons alternatives en provenance d'Asie après qu'au moins deux grandes fonderies du Moyen‑Orient ont été contraintes de suspendre les livraisons », a déclaré Neil Welsh, responsable des métaux chez Britannia Global Markets, dans un commentaire envoyé par courriel. 

Le contrat aluminium à trois mois sur le London Metal Exchange s'établissait à $3,405.50 la tonne, en baisse de 0,6%.

Le contrat avait atteint un pic à $3,479.45 la tonne plus tôt dans la journée. 

Pétrole au‑dessus de 100 $

Lundi, les cours du pétrole ont bondi au‑delà de 119 $ le baril, un sommet inégalé depuis le milieu de 2022. 

Cette hausse a été alimentée par la réduction des approvisionnements des grands producteurs et par la crainte de perturbations maritimes prolongées résultant de l'élargissement du conflit américano‑israélien avec l'Iran.

Après une séance volatile, le Brent a atteint un pic à $119.50 le baril et le West Texas Intermediate $119.48 le baril, marquant le plus fort bond absolu journali­er jamais enregistré pour le Brent.

Depuis la clôture précédente avant que les États‑Unis et Israël ne lancent des attaques le 28 février, le Brent a grimpé jusqu'à 66% et le WTI a bondi de jusqu'à 77%.

Pour mettre en perspective, ces niveaux de lundi restent inférieurs au record historique des contrats d'environ 147 $ le baril, établi en 2008, selon des données LSEG remontant aux années 1980.

Environ un cinquième du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié, qui transite habituellement par le détroit d'Ormuz, est actuellement bloqué en raison de la fermeture virtuelle du détroit.

De plus, la nomination de Mojtaba Khamenei comme guide suprême de l'Iran, succédant à son père Ali Khamenei, contribue à la hausse des prix. 

Cela indique que les faucons restent fermement aux commandes à Téhéran, une semaine après le début de son conflit avec les États‑Unis et Israël.

« Les prix du Brent pourraient atteindre 135 $ le baril si la situation actuelle perdure pendant quatre mois », a déclaré Janiv Shah, vice‑président, marchés pétroliers chez Rystad Energy, dans un commentaire envoyé par courriel.

« L'analyse prospective que nous avons réalisée sur une base de deux mois montre également que les prix restent au‑dessus de 110 $ le baril, compte tenu des conditions actuelles. »

Au moment de la rédaction, le WTI s'établissait à $100.82 le baril, en hausse de 11%, tandis que le Brent était à $102.74 le baril, en hausse de 10.4%. 

L'or recule

Lundi, le prix de l'or a diminué de plus de 1%, principalement en raison d'un dollar renforcé.

Le métal a également été mis sous pression par l'anticipation d'une hausse des taux d'intérêt, découlant d'inquiétudes d'inflation liées au conflit au Moyen‑Orient.

L'incertitude entourant la guerre pèse sur les prix de l'or, alimentant les craintes d'inflation et la perspective d'une remontée des taux d'intérêt. 

Cependant, selon Jim Wyckoff, analyste principal chez Kitco Metals, un conflit prolongé est susceptible de soutenir la demande d'or en tant que valeur refuge, établissant ainsi un plancher de prix.

L'or est souvent considéré comme une couverture contre l'inflation. Toutefois, son attrait est également renforcé par des taux d'intérêt bas, car il ne génère aucun rendement en soi.

Le dollar américain s'est renforcé alors que les prix du pétrole approchaient les 120 $ le baril.

Cette envolée, alimentée par la crainte qu'un conflit prolongé au Moyen‑Orient puisse fortement interrompre les approvisionnements énergétiques et nuire à la croissance économique mondiale, a poussé les investisseurs à se réfugier dans la liquidité. 

Un dollar plus fort rend à son tour l'or libellé en dollars plus coûteux pour les détenteurs d'autres devises.

Les prochaines données économiques américaines comprennent la publication de l'indice des prix à la consommation (IPC) de février mercredi. 

De plus, l'indice des dépenses de consommation personnelle (PCE), qui est la mesure d'inflation préférée de la Réserve fédérale, doit être publié vendredi.

Malgré l'escalade des tensions au Moyen‑Orient, la hausse attendue des prix de l'or, liée à son rôle traditionnel de valeur refuge, ne s'est pas matérialisée.

Cela a surpris de nombreux investisseurs haussiers qui anticipaient un mouvement haussier plus marqué.

« Mais il semble soutenu par une demande persistante pour les valeurs refuges, même si le potentiel de hausse paraît limité pour l'instant, sans aide du dollar américain qui continue de monter », a déclaré David Morrison, analyste marchés senior chez Trade Nation. 

Au moment de la rédaction, le contrat or COMEX était à $5,096.84 l'once, en baisse de 1.2%, tandis que l'argent se situait à $84.253 l'once, en baisse de 0.1%.