La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % face aux risques mondiaux

La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % face aux risques mondiaux
Noris Soto
18 mars 2026, 16:58 PM
  • La Banque du Canada maintient son taux à 2,25 % alors que les risques mondiaux augmentent dans le contexte des tensions liées à la guerre.
  • Les risques pour la croissance augmentent alors que l'emploi recule et que l'économie montre des signes de faiblesse.
  • Macklem affirme que la banque interviendra si l'inflation liée à l'énergie persiste.

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur mercredi, adoptant une approche prudente alors que les responsables doivent concilier des pressions inflationnistes accrues liées à l'énergie et un affaiblissement de la croissance économique.

Les responsables, dirigés par le gouverneur Tiff Macklem, ont maintenu le taux directeur inchangé à 2,25 %, conformément aux attentes des marchés et aux prévisions des économistes.

La décision intervient dans un contexte d'incertitude accrue liée au conflit au Moyen‑Orient et à son impact potentiel sur les marchés mondiaux de l'énergie.

Dans sa déclaration de politique monétaire, la banque centrale a souligné qu'elle ne pouvait pas prévoir la durée ni l'ampleur du conflit impliquant l'Iran, décrivant les perspectives économiques comme « hautement incertaines ».

La banque centrale fait abstraction des pressions inflationnistes à court terme

La Banque du Canada a indiqué qu'elle « ferait abstraction » des effets inflationnistes immédiats de la hausse des prix de l'énergie, tout en restant vigilante quant aux risques à plus long terme.

« Le risque que la hausse des prix de l'énergie se propage rapidement aux prix des autres biens et services semble contenu », a déclaré Macklem dans des remarques préparées.

La banque a noté que l'inflation demeure proche de son objectif de 2 % et que l'économie continue de fonctionner avec un excédent d'offre, ce qui peut contribuer à limiter des pressions inflationnistes plus générales.

« Le conseil de direction fera abstraction de l'impact immédiat de la guerre sur l'inflation, mais si les prix de l'énergie restent élevés, nous n'autoriserons pas leurs effets à se répandre et à devenir persistants », a ajouté Macklem.

Parallèlement, les décideurs ont supprimé des formulations de communiqués antérieurs laissant entendre que le taux directeur actuel « reste approprié », indiquant plutôt qu'ils « sont prêts à intervenir au besoin ».

Les inquiétudes sur la croissance s'intensifient face à la faiblesse économique

Si les risques inflationnistes sont surveillés, la Banque du Canada a exprimé une préoccupation accrue quant aux perspectives de croissance économique.

Les responsables ont déclaré qu'il est « trop tôt pour évaluer l'impact du conflit au Moyen‑Orient sur la croissance », mais ont ajouté que « les risques pour la croissance semblent pencher à la baisse ».

Les récentes données économiques indiquent un affaiblissement des conditions.

Le Canada a perdu 83 900 emplois en février, soit la plus forte baisse mensuelle depuis quatre ans, tandis que le taux de chômage est passé à 6,7 %.

L'économie s'est également contractée à un rythme annualisé de 0,6 % au quatrième trimestre.

Le gouverneur Macklem a reconnu les arbitrages difficiles auxquels sont confrontés les décideurs.

« La faiblesse économique associée à la hausse de l'inflation constitue un dilemme pour les banques centrales », a‑t‑il déclaré.

« Augmenter les taux d'intérêt pour freiner l'inflation pourrait affaiblir davantage l'économie. Abaisser les taux pour soutenir la croissance risque de pousser l'inflation bien au‑dessus de l'objectif. »

Parmi les vents contraires figurent le ralentissement de la croissance démographique, l'investissement des entreprises atone et les tensions commerciales persistantes avec les États‑Unis.

Le choc pétrolier a un impact mitigé sur l'économie canadienne

La banque centrale a mis en avant les effets complexes de la hausse des prix du pétrole sur l'économie canadienne, à la fois exportatrice d'énergie et portée par la consommation.

Des prix du pétrole plus élevés peuvent accroître les recettes publiques et les bénéfices des entreprises dans les régions productrices d'énergie.

Cependant, ils font aussi augmenter les prix de l'essence, réduisant le pouvoir d'achat des ménages.

Macklem a déclaré que, si une hausse soutenue des prix du pétrole « augmenterait les revenus tirés des exportations d'énergie », des coûts de carburant plus élevés « comprimeront les consommateurs, leur laissant moins de revenus pour d'autres dépenses ».

Les décideurs ont également averti que des perturbations dans le détroit d'Ormuz pourraient affecter l'offre de matières premières plus largement, y compris les engrais, ce qui ajouterait aux pressions inflationnistes.

Pour l'instant, la banque centrale semble décidée à rester en attente pendant qu'elle évalue la durée des pressions inflationnistes liées à l'énergie et leur incidence sur la croissance économique.