Les obstacles à court terme ne suffisent pas à arrêter l'or vers 5 000 $ — Avioli (Merrill)

Les obstacles à court terme ne suffisent pas à arrêter l'or vers 5 000 $ — Avioli (Merrill)
Sayantan Sarkar
07 avr. 2026, 17:00 PM
  • Le prix de l'or a chuté de -16,0 % depuis le conflit en Iran, défiant son rôle de couverture.
  • Des rendements élevés et des prises de bénéfices provoquent le retournement ; la trésorerie institutionnelle est faible.
  • Perspectives long terme haussières : la trajectoire des prix de l'or reste au‑dessus de 5 000 $/oz.

Malgré des vents contraires à court terme pour l'or — notamment des rendements élevés, la vigueur du dollar et des prises de bénéfices — les facteurs structurels subsistent, maintenant la trajectoire haussière de long terme du métal jaune au‑dessus de 5 000 $ l'once, selon Emily Avioli, vice‑présidente et stratégiste en investissement chez Merrill Lynch.

Dans son dernier Capital Market Outlook pour le groupe d'investissement, Avioli a souligné une tendance inattendue : malgré la hausse de l'inflation et l'inquiétude des investisseurs face à la guerre en Iran, l'or n'a pas évolué comme prévu.

« Au contraire, l'éclat du métal jaune s'est estompé, le prix ayant chuté d'environ -16,0 % depuis le début du conflit au Moyen‑Orient », a‑t‑elle noté. 

L'or défie son rôle de couverture géopolitique

Gold has moved largely in tandem with risk assets over the past four weeks, defying its conventional role as a geopolitical hedge.

« Ce mouvement contre‑intuitif soulève la question : les investisseurs doivent‑ils être moins optimistes sur le bullion à l'avenir ? »

Selon Avioli, la situation actuelle reflète davantage des « effets de positionnement, des attentes changeantes sur les taux d'intérêt et la dynamique du dollar » qu'un quelconque changement fondamental pour l'or.

La prudence sur les marchés avant l'expiration d'un ultimatum américain a tiré les prix de l'or vers le bas mardi. L'ultimatum pressait l'Iran soit de rouvrir le détroit d'Ormuz, soit de subir des attaques sévères sur ses infrastructures.

Les frappes contre l'Iran se sont intensifiées tout au long de la journée. Malgré cela, Téhéran n'a donné aucun signe qu'il se plierait à l'ultimatum du président américain Donald Trump visant à ouvrir le détroit d'ici la fin de la journée de mardi. 

Trump a averti que « toute une civilisation mourra ce soir » si aucun accord de dernière minute n'était conclu.

L'escalade récente du conflit en Iran a entraîné une envolée des prix du pétrole, ravivant les craintes d'une offre réduite. Ces coûts énergétiques élevés alimentent l'inflation, ce qui, à son tour, limite la capacité des banques centrales à abaisser les taux d'intérêt. 

Prises de bénéfices et hausse des rendements provoquent le retournement

Bien que l'or soit généralement considéré comme une couverture contre l'inflation, son attrait diminue dans un environnement de taux d'intérêt élevés car il ne génère aucun rendement.

Les prix de l'or avaient fortement progressé depuis 2022, dépassant la barre des 5 400 $ l'once en janvier de cette année. 

Cette forte hausse avait été alimentée à la fois par des achats accrus des banques centrales et par un retour de l'intérêt des investisseurs particuliers. 

Historically, after large rallies in any commodity price in a short window of time, that commodity usually has a consolidation period or digestion of the abnormally large gains. This has been playing out with the current pullback in gold prices.

Avioli said.

Avioli a évoqué le positionnement excessif du marché après le rallye historique comme un facteur clé. Cela a entraîné une vague de prises de bénéfices lorsque le sentiment de repli sur le risque s'est intensifié avec le déclenchement de la guerre.

La décision de céder des positions en or pour accroître la liquidité a pu être aggravée par les niveaux historiquement bas de liquidités des institutions, qui avaient atteint un plancher historique en janvier, a‑t‑elle observé.

La hausse des rendements a été citée par Avioli comme un élément supplémentaire contribuant au récent retournement du prix de l'or.

La hausse des coûts énergétique a intensifié les craintes d'inflation, ce qui a modifié la trajectoire attendue de la politique monétaire. 

Les attentes de baisse des taux ont été repoussées, les futures sur les Fed funds suggérant même une probabilité non négligeable que la prochaine action de la Réserve fédérale soit une hausse. 

Cette augmentation des rendements réels a accru le coût d'opportunité de la détention d'actifs non productifs comme l'or, rendant les alternatives génératrices de revenu relativement plus attractives, a‑t‑elle souligné.

L'attention du marché se tourne actuellement vers plusieurs publications économiques à venir cette semaine. Plus précisément, les minutes de la réunion de mars de la Réserve fédérale doivent être publiées mercredi. 

Ensuite, jeudi seront publiées les données américaines des dépenses de consommation personnelle (PCE), et la semaine se clôturera vendredi par la parution de l'indice des prix à la consommation.