L'or se stabilise alors que les marchés surveillent l'échéance de Trump sur l'Iran

L'or se stabilise alors que les marchés surveillent l'échéance de Trump sur l'Iran
Devesh Kumar
07 avr. 2026, 06:12 AM
  • L'or se maintient alors que les marchés attendent l'échéance de Trump concernant Ormuz.
  • Les espoirs de baisse des taux par la Fed s'estompent alors que les craintes d'inflation liées au pétrole s'intensifient.
  • Spivak estime que l'or terminera l'année entre 5 500 $ et 6 000 $ en raison de la demande en tant que valeur refuge.

L'or a peu évolué mardi alors que les traders attendaient l'issue du délai du président américain Donald Trump pour que l'Iran rouvre le détroit d'Ormuz, la voie maritime critique par laquelle transite une part substantielle du commerce pétrolier mondial.

Le métal a légèrement progressé ces dernières séances alors que le conflit avec l'Iran a attisé les craintes d'inflation, mais la hausse des anticipations de taux d'intérêt limite son potentiel de hausse.

Les marchés surveillent l'échéance de Trump sur le détroit d'Ormuz

Les investisseurs suivaient de près mardi pour voir si Trump confirmerait que le détroit d'Ormuz avait été rouvert d'ici son échéance fixée à 8 p.m. EDT.

L'Iran a déclaré vouloir un cessez-le-feu durable avec les États-Unis et Israël, mais a refusé la pression occidentale pour rouvrir le passage maritime, a rapporté la télévision d'État dimanche.

Trump a par ailleurs averti Téhéran qu'un échec à conclure un accord nucléaire avant la date limite du 30 avril pourrait entraîner de graves conséquences, y compris la possibilité que l'Iran soit « éliminé ».

Le pétrole est monté mardi vers un plus haut de deux mois au-dessus de 115 $ le baril, alors qu'une escalade verbale maintenait les marchés en mode aversion au risque.

Les craintes d'inflation et les perspectives de la Fed façonnent les échanges

La flambée des prix du pétrole a ravivé les craintes d'inflation, soutenant l'or dans son rôle de couverture contre l'inflation.

Cependant, ces mêmes pressions sur les prix poussent les responsables de la Réserve fédérale à adopter une posture plus restrictive, ce qui tempère l'attrait de l'or en augmentant le coût d'opportunité de la détention d'un actif non rémunéré.

La présidente de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, et le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee, ont tous deux déclaré qu'ils considèrent désormais l'inflation comme une préoccupation plus importante que le chômage, a rapporté Reuters.

Les contrats à terme sur les Fed funds indiquaient vendredi que les marchés n'anticipent aucune baisse des taux d'intérêt américains cette année.

L'attention cette semaine se portera sur les procès-verbaux de la dernière réunion de la Réserve fédérale, attendus mercredi, ainsi que sur des indicateurs d'inflation clés, notamment l'indice des dépenses de consommation personnelle (PCE) et l'indice des prix à la consommation (CPI) — des données qui façonneront de manière significative les anticipations de taux pour le reste de l'année.

Avis d'analystes et évolutions des métaux précieux

L'or pourrait finir l'année dans une fourchette de 5 500 $ à 6 000 $ l'once si cela revient à son récent schéma de négociation en tant que narrative spéculative autonome découplée des autres classes d'actifs, selon Ilya Spivak, responsable macro global chez Tastylive.

« L'année dernière, l'or a pris son envol et est devenu sa propre narrative spéculative, » a déclaré Spivak. « Il pourrait repartir dans cette direction alors que d'autres marchés sont en baisse. »

L'or a peu changé, reculant d'environ 0,1 % à environ 4 640 $ l'once, tandis que l'argent a également légèrement fléchi.

Le platine et le palladium ont également faibli, pesant sur le sentiment vis‑à‑vis des métaux précieux en général.

À surveiller

La direction à court terme de l'or dépendra de deux variables qui se recoupent : l'évolution du face‑à‑face Washington‑Téhéran et tout signal sur le moment où le corridor d'Ormuz pourrait rouvrir ; et les procès‑verbaux de la Réserve fédérale ainsi que les données d'inflation publiées cette semaine, qui cristalliseront la réflexion des marchés sur le rythme et le calendrier des mouvements de taux.

Une désescalade du conflit avec l'Iran entraînant une baisse des prix du pétrole pourrait paradoxalement peser sur l'or en réduisant les inquiétudes inflationnistes, même si elle redonne de l'appétit pour le risque au sens large.