Les marchés réévaluent les probabilités d'une baisse des taux de la Fed après le cessez‑le‑feu en Iran

Les marchés réévaluent les probabilités d'une baisse des taux de la Fed après le cessez‑le‑feu en Iran
Rivanshi Rakhrai
08 avr. 2026, 17:12 PM
  • Le cessez‑le‑feu porte les attentes de baisse des taux à 43 % sur les marchés.
  • La baisse des risques liés à l'énergie atténue les craintes d'inflation pour la Fed.
  • Les analystes envisagent une ou deux baisses plus tard cette année.

Les opérateurs ont commencé à intégrer la possibilité d'une baisse des taux d'intérêt d'ici la fin de l'année suite à un accord de cessez‑le‑feu entre les États‑Unis et l'Iran.

D'après les données de l'outil FedWatch de CME Group, la probabilité d'une réduction des taux est montée à environ 43 % mercredi matin.

Le FedWatch, qui calcule les anticipations à partir des contrats à terme sur les fed funds à 30 jours, affichait une hausse notable par rapport aux seuls 14 % avant l'annonce du cessez‑le‑feu.

Les valorisations du marché laissent désormais entendre que le taux de référence au jour le jour pourrait chuter vers 3,5 % d'ici décembre, contre le taux effectif actuel de 3,64 %.

Basculement du sentiment entraîné par les perspectives énergétiques et d'inflation

Avant le cessez‑le‑feu, les attentes de baisses de taux avaient été contenues.

Le conflit avec l'Iran avait poussé les prix de l'énergie à la hausse, suscitant des inquiétudes selon lesquelles des pressions inflationnistes pourraient faire dérailler les efforts de la Fed pour ramener l'inflation vers son objectif de 2 %.

Plus tôt dans l'année, les marchés anticipaient plusieurs baisses de taux alors que les responsables politiques cherchaient à soutenir un marché du travail en ralentissement.

Cependant, l'escalade des tensions géopolitiques et la hausse des cours du pétrole avaient tempéré ces attentes, conduisant les opérateurs à penser que la Fed resterait prudente.

Avec le cessez‑le‑feu désormais en place, même s'il reste fragile, le sentiment s'est de nouveau orienté vers un assouplissement de la politique monétaire.

Les analystes anticipent une revalorisation supplémentaire

Krishna Guha, responsable de la stratégie globale sur les politiques et les banques centrales chez Evercore ISI, a observé que les marchés penchent de plus en plus vers au moins une baisse des taux cette année.

« Le marché intègre désormais un biais net en faveur d'une unique baisse de la Fed cette année », a déclaré Guha dans une note.

Il a ajouté : « En supposant qu'un accord imparfait soit probablement conclu, ce réajustement a encore du chemin à parcourir, l'onde de choc inflationniste imminente étant désormais beaucoup moins susceptible de menacer les anticipations d'inflation. »

Guha a également suggéré que l'assouplissement pourrait s'étendre au‑delà des États‑Unis, avec d'éventuelles baisses de taux de la part de leurs homologues mondiaux, notamment la Banque d'Angleterre, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon.

Les investisseurs se tournent désormais vers la publication prochaine de données économiques, qui devraient apporter davantage d'éclairages sur les tendances inflationnistes.

Le Département du Commerce doit publier l'indice des prix PCE jeudi.

Le rapport reflétera les niveaux de prix en février, avant le début des hostilités au Moyen‑Orient.

Cela sera suivi, vendredi, par les données de mars sur l'indice des prix à la consommation (CPI) du Bureau of Labor Statistics, qui devraient refléter l'impact de la hausse des prix de l'énergie pendant le conflit.

Les économistes interrogés par Dow Jones anticipent une inflation PCE globale à 3 % et une inflation sous‑jacente à 2,8 %.

Pour le CPI, les prévisions s'établissent à 3,3 % pour l'inflation globale et à 2,7 % pour l'inflation sous‑jacente, les hausses des prix de l'énergie devant probablement peser sur la lecture globale.

Perspectives prudentes malgré l'optimisme

Malgré l'amélioration des perspectives, Guha a averti que la situation reste incertaine, en particulier quant à la durabilité de l'accord de cessez‑le‑feu.

Il a indiqué que les décideurs devraient maintenir une posture prudente à court terme, surveillant de près les données à venir et l'évolution géopolitique.

« Ensuite, sous réserve d'informations rassurantes, ils pourraient pencher à nouveau vers une posture plus accommodante dès la fin de l'été, avec la possibilité d'une, voire de deux baisses plus tard dans l'année », a déclaré Guha.

Pour l'instant, les marchés semblent recalibrer leurs anticipations, conciliant un recul des risques d'inflation et une incertitude géopolitique persistante.