La demande mondiale de pétrole reculera en 2026, prévient l'AIE

La demande mondiale de pétrole reculera en 2026, prévient l'AIE
Sayantan Sarkar
14 avr. 2026, 12:52 PM

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Invezz
Tension sur les distillats moyens

Acheter une exposition aux distillats moyens via les crack spreads des produits raffinés (par ex. position longue sur le crack distillat 1er/2e mois contre le brut, ou sur des contrats produit comme l'ULSD). L'AIE cite des distillats moyens à Singapour au‑dessus de 290 $/bbl et une destruction de la demande de kérosène ; cette combinaison soutient des équilibres structurellement tendus pour les distillats et des cracks élevés même si la demande en brut diminue. Effet secondaire : les compagnies aériennes et les utilisateurs industriels se tournent vers des carburants alternatifs et modifient les routes des cargos, mais l'offre de distillats s'ajuste plus lentement que le brut, maintenant des cracks élevés pendant la période de destruction de la demande.

Risque clé : Une normalisation rapide de la demande de kérosène/diesel (par allégement des politiques ou substitution plus rapide) ferait s'effondrer les cracks des distillats.

WTI physique vs futures

Vendre des contrats à terme WTI du mois échéant le plus proche (par ex. CL1) et acheter du WTI à échéance plus lointaine (par ex. CLF6) pour exprimer le décalage entre le physique et le marché à terme. L'article signale le brut physique proche de 150 $ alors que les futures accusent du retard, ce qui implique un risque persistant de backwardation/contango à mesure que les stocks se reconstituent et que la destruction de la demande s'accélère au 2T26. Effet secondaire : l'écart devrait revenir vers sa moyenne lorsque la rareté s'atténuera à la mi‑année dans l'hypothèse de l'AIE d'une « reprise des livraisons d'ici la mi‑année », même si l'on n'atteint pas pleinement les niveaux d'avant le conflit.

Risque clé : Une perturbation prolongée dans le détroit d'Hormuz/le trafic des pétroliers maintient le physique tendu et empêche le retour à la moyenne de l'écart.

  • La demande mondiale de pétrole devrait se contracter de 80 000 barils par jour en 2026.
  • Mars a enregistré une chute record de l'offre : 10,1 millions de barils par jour.
  • Le détroit d'Hormuz restreint le trafic ; les routes alternatives ont augmenté à 7,2 millions de barils par jour.

L'Agence internationale de l'énergie a révisé mardi ses prévisions pour la demande et l'offre mondiales de pétrole brut en 2026 en raison de l'impact dévastateur de la guerre en Iran. 

L'AIE prévoit désormais une contraction de la demande mondiale de pétrole de 80 000 barils par jour en 2026, contre une hausse de 730 000 barils par jour en glissement annuel dans son précédent rapport. 

« Il s'agit de 730 kb/d de moins que dans le rapport du mois dernier et une prévision de baisse de 1,5 mb/d au 2T26 serait la plus forte depuis que la Covid‑19 a réduit la consommation de carburant », a déclaré l'agence dans son rapport sur le marché pétrolier d'avril

Alors que les pays importateurs de pétrole cherchaient désespérément des sources alternatives au sein d'une offre mondiale réduite, les prix du pétrole brut physique ont grimpé à près de 150 dollars le baril, établissant de nouveaux records. 

Cette hausse a largement dépassé les prix sur le marché à terme, entraînant un décalage marqué et croissant entre les valorisations du brut physique et du brut à terme.

« Des hausses encore plus prononcées ont été observées pour les produits raffinés, les prix des distillats moyens à Singapour atteignant des niveaux historiques supérieurs à $290/bbl », a indiqué l'AIE. 

La consommation pétrolière touchée

Les réductions de consommation les plus importantes sont survenues initialement au Moyen‑Orient et dans la région Asie‑Pacifique, affectant principalement le naphta, le gaz de pétrole liquéfié (GPL) et le kérosène.

La hausse des prix des carburants a eu un large impact, affectant à la fois les ménages et les entreprises qui dépendent du GPL.

Par ailleurs, le nombre important d'annulations de vols au Moyen‑Orient, dans certaines parties d'Asie et en Europe a entraîné une baisse substantielle de la consommation de kérosène. 

En réponse à ces conditions de marché, de nombreux pays ont adopté des politiques visant à réduire la demande, tandis que d'autres ont mis en place des mesures destinées à protéger les consommateurs contre l'intégralité du fardeau de l'augmentation des coûts des carburants.

Selon l'AIE, la demande mondiale de pétrole devrait enregistrer une contraction en glissement annuel de 800 000 barils par jour en mars, se creusant à une baisse de 2,3 millions de barils par jour en avril.

« Cependant, la destruction de la demande se propagera à mesure que la rareté et les prix élevés persisteront », a déclaré l'organisme de surveillance énergétique basé à Paris dans son rapport. 

Perturbation historique de l'offre et routes alternatives

En mars, l'offre mondiale de pétrole a connu la plus importante perturbation de son histoire, plongeant de 10,1 millions de barils par jour pour atteindre 97 millions de barils par jour, selon les données de l'AIE.  

Cette baisse significative a été causée par des attaques persistantes contre les infrastructures énergétiques au Moyen‑Orient et par des restrictions continues du trafic des pétroliers dans le détroit d'Hormuz.

La production de l'OPEC+ a diminué de 9,4 millions de barils par jour d'un mois sur l'autre (m‑o‑m), atteignant 42,4 millions de barils par jour, selon les données.  

Parallèlement, l'offre hors OPEC+ a enregistré une baisse moindre de 770 000 barils par jour m‑o‑m, tombant à 54,7 millions de barils par jour.

Cette baisse globale de l'offre hors OPEC+ est survenue malgré des augmentations de production au Brésil et aux États‑Unis, compensées par une réduction de la production au Qatar, a précisé l'AIE.

Début avril, les expéditions à travers le détroit sont restées fortement restreintes, avec des chargements de brut, de liquides de gaz naturel et de produits raffinés s'établissant en moyenne autour de 3,8 mb/d, contre plus de 20 mb/d en février avant la crise.

L'agence a déclaré.

Les routes d'exportation alternatives ont connu une augmentation significative, passant à 7,2 millions de barils par jour depuis moins de 4 millions de barils par jour avant le conflit, selon le rapport de l'AIE.

Ces routes comprennent principalement des expéditions depuis la côte ouest de l'Arabie saoudite et Fujairah sur la côte est des ÉAU, ainsi que le pipeline ITP Irak‑Turquie vers Ceyhan.

Les dommages aux infrastructures énergétiques et les réductions de production associées ont entraîné des pertes d'approvisionnement importantes, totalisant plus de 360 millions de barils en mars et un montant projeté de 440 millions de barils en avril. 

De plus, la perte globale des exportations de pétrole a dépassé 13 millions de barils par jour.

Stocks du marché et scénarios futurs

Les stocks pétroliers sont mobilisés par les consommateurs et les raffineurs pour atténuer l'effet immédiat des interruptions d'approvisionnement, a indiqué l'AIE. 

Malgré des augmentations des stocks terrestres et offshore au Moyen‑Orient, ainsi que des renforcements de stocks en Chine, les stocks pétroliers observés au niveau mondial ont diminué de 85 millions de barils en mars, selon les données.

Un règlement négocié et durable du conflit au Moyen‑Orient entre les États‑Unis et l'Iran reste pour l'instant difficile à atteindre, a indiqué l'agence.

Dans son rapport, l'AIE présente un scénario qui suppose une reprise des livraisons régulières de pétrole et de gaz depuis le Moyen‑Orient vers les marchés internationaux d'ici le milieu de l'année, sans toutefois revenir aux niveaux d'avant le conflit. 

L'AIE reconnaît que ce scénario pourrait être trop optimiste, compte tenu du fort degré d'incertitude quant à l'évolution de la situation.

« Nous présentons également un cas alternatif où les risques pesant sur la production et le commerce de l'énergie au Moyen‑Orient restent élevés en raison d'un conflit prolongé », a déclaré l'agence. 

Dans ce cas, les marchés de l'énergie et les économies du monde entier doivent se préparer à des perturbations significatives dans les mois à venir.