Le dollar recule après un accord Iran-USA et un fort rallye du risque

Le dollar recule après un accord Iran-USA et un fort rallye du risque
Devesh Kumar
15 juin 2026, 08:22 AM

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Position longue AUDUSD

Acheter AUDUSD. L'article montre un « reset » hors des positions refuges : la prime liée au pétrole/à la géopolitique diminue (Brent -4 %), les craintes d'inflation s'atténuent et l'appétit pour le risque revient — situation dans laquelle l'AUD a tendance à surperformer. Les bénéficiaires les plus nets ont été l'AUD et le NZD, et ce mouvement est lié à la réouverture attendue du détroit d'Ormuz, qui devrait maintenir le risque énergétique à un niveau plus faible.

Risque clé : L'accord bloque ou la réouverture d'Ormuz est retardée, réintroduisant le risque lié au pétrole/la prime géopolitique et une nouvelle demande refuge pour le dollar américain.

Position courte USDJPY

Vendre USDJPY. Le yen est l'exception, oscillant autour de 160 et restant faible alors que le rallye du risque progresse. La BoJ devrait relever ses taux à environ 1 %, mais les marchés doutent qu'elle resserre suffisamment après l'estompement du choc pétrolier ; USDJPY peut donc dériver à la hausse à moins que le Japon n'intervienne ou que la banque centrale n'adopte une position plus restrictive que prévu.

Risque clé : Le Japon intervient ou la BoJ indique une trajectoire de resserrement plus forte et confiante, inversant rapidement la faiblesse du yen.

  • Le dollar américain s'est affaibli alors que les investisseurs se sont repositionnés vers des actifs plus risqués.
  • La baisse des prix du pétrole a atténué les craintes d'une inflation mondiale prolongée.
  • Les opérateurs attendent désormais les décisions de politique monétaire clés de la Fed, de la BoJ et de la RBA cette semaine.

Le dollar américain a perdu une partie de son attrait de valeur refuge lundi, les investisseurs considérant un cadre provisoire d'accord US-Iran comme une raison de revenir vers des actifs risqués et de réévaluer la menace inflationniste liée au pétrole.

L'indice dollar a touché son plus bas niveau depuis le 5 juin avant de se stabiliser autour de 99,55 en Asie.

L'euro a progressé vers $1,1601, la livre sterling a grimpé à $1,3434, tandis que les dollars australien et néo-zélandais ont également gagné du terrain, les opérateurs annulant une partie de la position de sécurité accumulée pendant le conflit au Moyen-Orient.

Le mouvement n'a pas constitué une liquidation complète du dollar. Il s'agit d'un réajustement.

Les marchés veulent encore des preuves que le détroit d'Ormuz peut rouvrir sans encombre, que les flux d'énergie peuvent se normaliser et que les volets non résolus de l'accord, notamment le programme nucléaire iranien, ne font pas capoter la trêve avant sa signature formelle en Suisse.

La demande pour les valeurs refuge s'est estompée

L'accord préliminaire annoncé par des responsables américains et iraniens vise à mettre fin à la guerre, lever le blocus américain des ports iraniens et rouvrir le détroit d'Ormuz, un axe central du commerce mondial du pétrole et du gaz.

Cela a modifié le ton sur les marchés. Le Brent a chuté de plus de 4 % à environ 83 $ le baril, réduisant la prime géopolitique qui avait soutenu le dollar pendant le conflit.

La baisse des prix de l'énergie a aussi réduit les craintes que les banques centrales soient contraintes de maintenir une politique monétaire plus stricte plus longtemps pour contenir l'inflation importée.

Les devises liées au risque ont été les bénéficiaires les plus évidents.

Le dollar australien a progressé de 0,6 % à $0,7079, tandis que le kiwi a gagné 0,4 % à $0,5854. Ces devises ont tendance à mieux performer lorsque les investisseurs sont plus enclins à détenir des actifs cycliques.

Le yen reste près de la zone à risque

Le yen est demeuré l'exception, s'affaiblissant autour de 160 yens pour un dollar, un niveau que les opérateurs jugent sensible pour les autorités japonaises.

Tokyo a déjà agi en cas de mouvements désordonnés des devises, et la faiblesse récente maintient le risque d'intervention sur la table.

La pression sur le yen reflète le contexte de politique monétaire propre au Japon.

La Banque du Japon devrait relever ses taux à 1 % cette semaine, mais les investisseurs surveillent aussi si elle paraîtra suffisamment assurée pour continuer à durcir sa politique après l'atténuation du choc pétrolier.

Les décisions des banques donnent le ton

La série de décisions de politique monétaire de cette semaine pourrait déterminer si le dollar continue de glisser ou se stabilise.

La Réserve fédérale devrait laisser ses taux inchangés, et les investisseurs seront attentifs à la première conférence de presse de Kevin Warsh pour obtenir des indications sur l'inflation et sur un éventuel mouvement en décembre.

La Reserve Bank of Australia devrait également maintenir son taux à 4,35 % après le resserrement intervenu plus tôt cette année.

Pour l'instant, la faiblesse du dollar repose davantage sur un effet de soulagement que sur une conviction durable.

Une réouverture durable d'Ormuz soutiendrait l'appétit pour le risque. Tout retard ou toute reprise des tensions pourrait rapidement raviver la demande pour les valeurs refuge.