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Le pétrole progresse vers 100 $ après les frappes États‑Unis–Iran : qu'est‑ce qui peut le pousser plus haut ?

Le pétrole progresse vers 100 $ après les frappes États‑Unis–Iran : qu'est‑ce qui peut le pousser plus haut ?
Devesh Kumar
02 sept. 2026, 08:08 AM

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Brent (BZ=F)

Acheter les futures Brent car le marché réintègre le risque d'offre lié à Ormuz : les frappes s'intensifient, l'Iran avertit de restrictions de circulation et les attaques contre des pétroliers ajoutent une prime de risque persistante. Avec le Brent près de 95,5–96 $ et le WTI à son plus haut depuis fin juillet, l'élan conjugué au resserrement des distillats moyens (restrictions russes à l'exportation de diesel) soutient une poussée vers 100 $.

Risque clé : Une désescalade rapide qui rétablirait la confiance dans les flux via Ormuz et ferait disparaître la prime de risque.

Tension sur le diesel américain (U.S. Heating Oil HO=F)

Acheter les futures sur le fioul de chauffage car la tension secondaire se transmet du brut aux produits raffinés : même si le brut emprunte des itinéraires alternatifs, l'offre de diesel/distillats moyens reste contrainte parce que la Russie a prolongé ses restrictions à l'exportation de diesel tandis que les perturbations dans le Golfe limitent les alternatives. Cela maintient les écarts sur les produits raffinés soutenus et peut surperformer le brut à la hausse.

Risque clé : Un assouplissement plus rapide que prévu de l'offre de diesel (la Russie lève ses limites à l'exportation ou la demande s'affaiblit fortement), effondrant la tension sur les produits raffinés.

  • Le Brent se maintient au‑dessus de 95 $ alors que les frappes États‑Unis–Iran ravivent les craintes d'approvisionnement liées à Ormuz.
  • Le WTI reste proche de 91 $ tandis que les risques pour les pétroliers maintiennent la prime d'approvisionnement au Moyen‑Orient.
  • Les restrictions russes sur le diesel resserrent l'offre de carburants tandis que le soulagement venu du Venezuela reste lointain.

Les cours du pétrole ont poursuivi leur hausse mercredi alors qu'un nouvel échange de frappes entre les États‑Unis et l'Iran a ravivé la crainte d'une détérioration des flux énergétiques via le détroit d'Ormuz.

Le Brent s'échangeait autour de 95,50 $–96 $ le baril en séance asiatique, tandis que le West Texas Intermediate se maintenait près de 91 $ après que les deux indices eurent bondi de plus de 4 % mardi.

Le WTI se négocie à son plus haut niveau depuis la fin juillet. Le mouvement récent a replacé le marché pétrolier résolument sur le terrain du risque d'offre après plusieurs semaines durant lesquelles les opérateurs avaient commencé à intégrer une amélioration progressive du trafic dans le Golfe.

Deux attaques récentes contre des pétroliers ont accru l'incertitude.

Le risque Ormuz rehausse la prime pétrolière

La dernière escalade est plus significative pour le brut que les affrontements isolés observés plus tôt cet été.

Les forces américaines ont lancé une nouvelle série de frappes contre des cibles iraniennes mardi, tandis que Téhéran a répondu par des missiles balistiques et des drones visant des positions liées aux États‑Unis dans tout le Golfe.

Les Gardiens de la Révolution islamique d'Iran ont également averti que la circulation via Ormuz pourrait faire l'objet de restrictions supplémentaires.

Les analystes de Commerzbank Research ont indiqué que les combats renouvelés ont inversé l'amélioration timide du sentiment observée lors des récents efforts diplomatiques et ont accru le risque que les perturbations via Ormuz durent plus longtemps qu'attendu.

Les stratégistes matières premières d'ING, Warren Patterson et Ewa Manthey, écrivent dans ING Think que les flux de brut déclarés via le détroit s'étaient redressés vers 6 à 8 millions de barils par jour ces dernières semaines, bien qu'ils estiment la moyenne plutôt proche de 5 millions.

La Russie accentue la pression sur des marchés carburants déjà tendus

Le problème d'offre ne se limite pas au Moyen‑Orient.

La Russie a prolongé ses restrictions à l'exportation de diesel jusqu'en septembre, alors que des attaques ukrainiennes répétées contre des infrastructures énergétiques resserrent la disponibilité domestique de carburant.

Moscou est le deuxième exportateur mondial de diesel, ce qui rend la mesure particulièrement importante alors que la demande agricole saisonnière et les réapprovisionnements hivernaux approchent.

Patterson et Manthey ont indiqué dans ING Think que cette prolongation ajoute une couche supplémentaire de tension aux marchés mondiaux des distillats moyens, à un moment où les perturbations dans le golfe Persique contraignent déjà l'offre.

Cette combinaison explique en partie pourquoi les marchés des produits raffinés restent tendus même lorsque les cargaisons de brut trouvent des routes alternatives.

Le Venezuela apporte un soulagement, mais pas à court terme

Washington tente également de créer une réserve d'approvisionnement à plus long terme via le Venezuela.

Le président Donald Trump a déclaré que le pétrole obtenu dans le cadre d'un nouvel accord avec Caracas aiderait à reconstituer la réserve stratégique de pétrole (Strategic Petroleum Reserve), qui contenait environ 290 millions de barils fin août, près d'un plus bas en 44 ans.

Mais des investissements significatifs et des travaux d'infrastructure sont nécessaires avant que la production vénézuélienne puisse augmenter de manière substantielle.

Le secrétaire à l'Énergie des États‑Unis, Chris Wright, a déclaré mercredi que la production du Venezuela pourrait plus que doubler, passant d'environ 1,1–1,2 million de barils par jour au cours des prochaines années.

Cela rend l'accord potentiellement important, mais peu susceptible de compenser un choc immédiat lié à Ormuz.