Invezz

Le détroit d'Ormuz rouvre — pourquoi le pétrole file encore vers 100 $ ?

Le détroit d'Ormuz rouvre — pourquoi le pétrole file encore vers 100 $ ?
Devesh Kumar
04 sept. 2026, 08:14 AM

propulsé par

Invezz
Long sur Brent (ICE)

Acheter des contrats à terme sur le Brent (ou CFD/ETN Brent). Même avec la réouverture d'Ormuz, l'article montre que le marché incorpore toujours une prime géopolitique : les escortes américaines empêchent l'effondrement des flux, mais elles restent fragiles et les attaques iraniennes contre des bases américaines pourraient rapidement perturber le trafic. Avec Brent >$96 et en voie d'enregistrer les plus fortes hausses hebdomadaires depuis la mi‑juillet, l'élan conjugué au soutien des stocks (stocks en baisse) favorise une poussée vers ~$100.

Risque clé : Une augmentation soutenue et mesurable du trafic à Ormuz (proche des niveaux d'avant‑guerre) combinée à l'absence de nouvelles frappes sur les infrastructures énergétiques, retirant la prime et ramenant le Brent vers les $70.

Long sur le diesel US

Prendre une exposition sur le diesel américain (contrats NYMEX ULSD). Le diesel est le maillon faible : les prix ont atteint un record d'environ ~$5.82/gal, les stocks de distillats sont faibles et le marché est vulnérable à l'approche des récoltes et de la saison de chauffage hivernale. Même si le brut se stabilise, le diesel peut rester soutenu car les perturbations de raffineries/produits (Ukraine/Russie et tension sur les routes au Moyen‑Orient) resserrent le marché des produits.

Risque clé : Une reconstitution rapide des stocks de distillats ou un net apaisement des perturbations des raffineries/produits qui mettrait fin à la rareté du diesel et ferait chuter les prix.

  • Le Brent se maintient au‑dessus de $96 alors que les tensions États‑Unis–Iran maintiennent élevés les risques d'approvisionnement mondiaux.
  • Le WTI reste au‑dessus de $92 alors que les escortes américaines à Ormuz atténuent la crainte immédiate d'une interruption.
  • Le diesel américain atteint un record à $5.82 alors que les arrêts de raffineries resserrent le risque d'approvisionnement en carburant.

Les prix du pétrole ont augmenté vendredi, maintenant le Brent au‑dessus de $96 le baril et le WTI au‑dessus de $92, alors que la reprise des combats entre les États-Unis et l'Iran l'emportait sur les signes montrant que Washington parvenait à faire transiter davantage de brut par le détroit d'Ormuz.

Le Brent a gagné 0.6% pour s'établir à $96.06 le baril lors des échanges en Asie, tandis que le West Texas Intermediate a progressé de 0.9% à $92.10.

Les deux repères se dirigeaient vers leurs plus fortes hausses hebdomadaires depuis la mi‑juillet, le Brent en hausse de 7.6% et le WTI de 10.4%. Le rallye montre combien le risque géopolitique est revenu rapidement malgré les efforts visant à stabiliser la navigation dans le Golfe.

Les escortes à Ormuz atténuent la crainte immédiate d'une rupture d'approvisionnement

La principale source d'apaisement provenait du détroit d'Ormuz, où l'armée américaine a escorté 40 navires commerciaux transportant environ 18 million barrels of oil through the waterway on Tuesday.

C'était le volume journalier le plus élevé acheminé par le détroit depuis le début du conflit.

Les forces américaines ont également intercepté des missiles et des drones pendant l'opération. L'escorte suggère que Washington peut maintenir au moins une partie de la voie de transit en fonctionnement lors d'une activité militaire intense, réduisant ainsi le risque d'un effondrement soudain des exportations du Golfe.

Mais l'amélioration est fragile. Avant le conflit, environ 20 millions de barils par jour transitaient par Ormuz, tandis que l'Energy Information Administration estimait que les flux avaient en moyenne été de seulement 4.9 million barrels a day in the second quarter as the war disrupted shipping.

Des analystes d'ANZ Research, cités par The Wall Street Journal, ont indiqué que la reprise des attaques iraniennes contre des bases américaines au Koweït et aux Émirats arabes unis risque de compromettre la reprise du trafic à Ormuz.

Cela laisse une prime géopolitique substantielle intégrée au Brent comme au WTI.

Le risque de guerre maintient le Brent soutenu près de 100 $

Les nouvelles frappes américaines contre l'Iran cette semaine ont marqué l'escalade la plus nette depuis juillet, tandis que les menaces israéliennes contre les infrastructures iraniennes ont maintenu les opérateurs vigilants quant au risque de dommages aux installations énergétiques.

Capital Economics, cité par The Wall Street Journal, s'attend à ce que le Brent atteigne $100 le baril d'ici la fin de l'année avant de retomber vers $70 fin 2027.

Cette prévision reflète des risques d'approvisionnement élevés à court terme même si le marché se normalise par la suite.

Les stocks américains offrent également un soutien. Les stocks commerciaux de brut ont chuté à 424.5 millions de barils pour la semaine close le 28 août, en baisse d'environ 4.5 millions de barils par rapport à la semaine précédente, selon l'EIA.

Certains analystes estiment néanmoins qu'il existe encore une marge de repli des prix si les flux maritimes continuent de s'améliorer.

Norbert Rücker, stratégiste chez Julius Baer, a déclaré à Barron’s que des stocks mondiaux plus solides que prévu et une amélioration du trafic à Ormuz pourraient ramener le pétrole dans les $70 au cours de 2026.

La raréfaction du diesel ajoute une pression supplémentaire

Le marché du brut n'est qu'une partie de l'histoire de l'offre. Les prix du diesel aux États‑Unis ont atteint un record à $5.820 le gallon jeudi, dépassant le précédent sommet établi en juin 2022.

La flambée reflète un resserrement du marché mondial des produits alors que les attaques ukrainiennes perturbent des raffineries russes et que l'instabilité au Moyen‑Orient met à rude épreuve les routes d'approvisionnement.

Des stocks faibles de distillats ont laissé le marché vulnérable à l'approche des récoltes dans l'hémisphère Nord et de la saison de chauffage hivernale.

Cela maintient les risques d'inflation élevés même si les prix du brut cessent de monter.