Revue des matières premières : attaque houthis soutient l'or, Brent +58% en mars
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- Le brut Brent bondit de 58% après les attaques houthis ; Trump menace les puits iraniens.
- L'or en route pour son pire mois depuis 2008, en baisse de 14% en raison des craintes d'inflation.
- L'aluminium en hausse de 4.5% suite à des frappes endommageant des fournisseurs clés du Moyen-Orient.
Les prix de l'or ont progressé pour une deuxième séance consécutive lundi, même si le métal jaune se dirigeait vers une baisse mensuelle.
Les prix de l'argent sur le COMEX ont également bondi de près de 2%, et maintenu des gains au‑dessus de $70 l'once lundi.
Pendant ce temps, le brut Brent est resté au‑dessus de $100 le baril après que des rebelles houthis yéménites ont étendu le conflit lié à l'Iran en attaquant Israël.
Les prix des métaux de base ont également flambé, l'attaque des houthis renforçant les craintes de perturbations d'approvisionnement, notamment pour l'aluminium.
L'or conserve ses gains
Malgré sa perspective de baisse mensuelle, les prix de l'or ont progressé pour une deuxième séance consécutive lundi.
Ce rebond a été alimenté par une demande accrue en valeur refuge, alors même que le conflit au Proche‑Orient alimentait les anticipations d'une inflation plus élevée et de taux d'intérêt mondiaux en hausse.
Selon le président Donald Trump, les installations énergétiques et les puits de pétrole iraniens seraient anéantis à moins que le pays n'ouvre le détroit d'Ormuz.
Sa déclaration faisait suite au rejet par Téhéran des propositions de paix américaines comme irréalistes et au lancement de multiples attaques de missiles contre Israël.
L'or a bondi jusqu'à $4,550 au début de la séance européenne de lundi, les opérateurs intervenant pour profiter de sa récente chute.
Ce redressement fait suite à une importante vente qui a commencé il y a un peu moins de deux semaines, lorsque le niveau de support à $5,000 s'est rompu, entraînant le cours à un creux de $4,100 la semaine dernière.
Le prix a depuis connu un retour volatil, parvenant à repasser au‑dessus de $4,400. Ce niveau de $4,400 est désormais considéré comme le premier support crucial pour l'or en cas de nouveau repli.
Le prix de l'or s'oriente actuellement vers sa pire performance mensuelle depuis 2008, ayant chuté d'environ 14% en mars.
Cette baisse est attribuée aux inquiétudes croissantes sur l'inflation, alimentées par une forte hausse des prix de l'énergie, qui ont conduit les marchés à revoir leurs perspectives sur les taux d'intérêt.
Les investisseurs s'attendent de plus en plus à ce que les principales banques centrales adoptent des positions de politique monétaire plus restrictives alors que les pressions inflationnistes liées à l'énergie continuent de s'accumuler.
Les prix de l'argent se sont raffermis lors des premières transactions européennes malgré les spéculations sur un resserrement des banques centrales pour contrer l'inflation provoquée par la flambée des prix du pétrole.
L'aggravation des risques géopolitiques, en particulier les frappes de missiles houthis contre des sites militaires israéliens, a soutenu l'argent.
Le contrat or COMEX se négociait pour sa part à $4,572 l'once, en hausse de 1.1%, tandis que l'argent progressait de 1.6% à $70.935 l'once.
Le pétrole reste au‑dessus de $100
Le brut Brent était en passe d'enregistrer une hausse mensuelle record. Cette progression fait suite à l'extension du conflit lié à l'Iran, les houthis yéménites ayant mené leurs premières attaques contre Israël.
Le brut Brent a connu ce mois‑ci une hausse significative, d'environ 58%, ce qui constitue la plus forte augmentation mensuelle dans les données LSEG depuis 1988, dépassant les gains enregistrés pendant la guerre du Golfe de 1990.
Parallèlement, le West Texas Intermediate américain a grimpé de 51%, enregistrant sa plus forte hausse mensuelle depuis mai 2020. Cette envolée des prix a été déclenchée par la fermeture effective du détroit d'Ormuz par l'Iran, un point de transit crucial pour environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz.
Le conflit, qui a débuté le February 28 avec des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, s'est depuis étendu à travers le Moyen‑Orient, aggravant les inquiétudes concernant les voies maritimes autour de la péninsule Arabique et de la mer Rouge.
Lundi, l'armée israélienne a déclaré avoir intercepté deux drones lancés depuis le Yémen, un événement survenu deux jours après que des houthis alignés sur l'Iran ont tiré des missiles sur Israël pour la première fois depuis le début du conflit américano‑israélien avec l'Iran.
Le groupe libanais Hezbollah, soutenu par l'Iran, a également lancé des roquettes contre Israël lundi. Bien que la mer Rouge traite environ 15% du trafic maritime mondial, les houthis n'ont pas encore ciblé la navigation dans cette zone.
Le président américain Donald Trump a intensifié les inquiétudes sur les prix lundi en menaçant de frappes américaines contre les puits de pétrole et les centrales électriques iraniennes à moins que le pays ne rouvre le détroit d'Ormuz.
Trump avait précédemment déclaré qu'une pause dans les attaques contre le réseau énergétique iranien durerait jusqu'au April 6.
Au moment de la rédaction, le WTI se négociait à $103.07 le baril, en hausse de 3.4%, tandis que le Brent était à $112 le baril, stable par rapport au changement précédent.
L'aluminium grimpe
Les métaux de base ont entamé la semaine avec une volatilité importante.
Cette instabilité est provoquée par l'augmentation des tensions géopolitiques, notamment l'implication de militants houthis dans le conflit au Moyen‑Orient et de nouveaux déploiements de troupes américaines, qui ont accru les craintes de perturbations généralisées sur les marchés de l'énergie.
Alimentant encore l'anxiété, Trump aurait déclaré au Financial Times qu'il vise à «prendre le pétrole en Iran», pouvant inclure la saisie de l'île de Kharg.
Dans ce climat, les contrats à terme sur actions sont en baisse. Cependant, l'aluminium fait exception, s'échangeant actuellement en hausse de 4.5% suite aux attaques rapportées par Téhéran sur deux sites aux ÉAU et à Bahreïn.
Par ailleurs, des efforts diplomatiques sont en cours, avec des rencontres entre le Pakistan, l'Égypte, l'Arabie saoudite et la Turquie pour tenter de trouver une solution.
Le marché de l'aluminium fait face à une crise potentielle et à la perspective de prix records après les frappes iraniennes sur des installations de production au Moyen‑Orient.
Emirates Global Aluminium et Aluminium Bahrain, fournisseurs régionaux clés, ont signalé des dommages, et l'industrie anticipe des réductions de production à venir.
«L'impact du conflit est amplifié parce que les contraintes de production ailleurs ont érodé les stocks mondiaux, laissant le marché avec peu de marge face aux chocs, et une hausse durable des prix exercerait une pression supplémentaire sur les fabricants déjà à la peine à cause de la flambée des coûts énergétiques», a déclaré Neil Welsh, responsable du marché des métaux chez Britannia Global Markets, dans un commentaire envoyé par courriel.
Emirates Global Aluminium (EGA) a signalé des dommages importants sur son site de Taweelah, situé dans le parc industriel Khalifa Economic Zones Abu Dhabi (Kezad), suite aux attaques de missiles et de drones lancées par l'Iran samedi.
L'entreprise évalue encore l'étendue totale des dégâts, qui ont également entraîné des blessures pour plusieurs employés.
Le communiqué indiquait que la production d'aluminium primaire de la fonderie de Tavira a atteint 1.6 million metric tons en 2025.
Le contrat aluminium à trois mois sur la London Metal Exchange se négociait à $3,425.15 par ton, en hausse de 4.6% par rapport à la clôture précédente.
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