Matières premières : le pétrole rebondit face aux incertitudes autour d'Ormuz, l'or au‑dessus de 4 800 $

Matières premières : le pétrole rebondit face aux incertitudes autour d'Ormuz, l'or au‑dessus de 4 800 $
Sayantan Sarkar
09 avr. 2026, 19:20 PM
  • Le brut WTI a brièvement retrouvé 100 $ le baril en raison des inquiétudes liées au cessez‑le‑feu.
  • Les prix du pétrole ont rebondi : le Brent a pris plus de 3 % pour s'échanger au‑dessus de 98 $ le baril.
  • L'or et l'argent ont fortement progressé avec la baisse du dollar.

Le pétrole brut West Texas Intermediate a brièvement retrouvé la barre des 100 $ le baril jeudi avant de redescendre sous ce niveau crucial, alors que les inquiétudes sur la stabilité du cessez‑le‑feu de deux semaines au Moyen‑Orient ont saisi le marché. 

Parallèlement, le cours de l'or a progressé de près de 1 % soutenu par un dollar plus faible, ce qui a stimulé la demande pour le métal précieux. L'argent a également pris plus de 1 %, suivant la hausse de l'or. 

Les prix des métaux de base étaient mixtes : le cuivre était stable et l'aluminium reculait de près de 1 % au moment de la rédaction. 

Le repli de l'indice du dollar à son plus bas d'un mois a fourni un soutien potentiel aux prix des métaux de base plus tôt dans la journée, qui restent par ailleurs peu dynamiques, suite à l'accord de cessez‑le‑feu provisoire entre les États‑Unis et l'Iran. 

Le contrat aluminium à trois mois sur le London Metal Exchange s'établissait à 3 443,50 $ la tonne, en baisse de 1 %, et le contrat cuivre était pour l'essentiel stable à 12 696,80 $ la tonne. 

Le pétrole rebondit après de fortes pertes

Après leur plus forte baisse journalière depuis avril 2020, les cours du pétrole ont rebondi jeudi, poussant l'ICE Brent plus de 3 % plus haut pour s'échanger brièvement au‑dessus de 98 $ le baril. 

Ce redressement a été alimenté par le conflit en cours au Moyen‑Orient et par un pronostic défavorable quant à la durabilité du cessez‑le‑feu, qui a ravivé les inquiétudes sur la sécurité du détroit d'Ormuz.

Les termes du cessez‑le‑feu auraient été violés, faisant disparaître l'optimisme initial, selon Téhéran.

Israël a lancé sa plus vaste offensive contre le Liban depuis le début de l'invasion. Par ailleurs, le président Donald Trump a déclaré que les forces américaines « resteront en place en Iran et autour de l'Iran, jusqu'à ce que l'accord réel conclu soit pleinement respecté. » 

Une délégation iranienne doit arriver à Islamabad jeudi soir.

Après l'optimisme suscité par la perspective d'une réouverture du détroit, le Brent et le WTI étaient tous deux passés sous les 100 $ le baril lors de la séance précédente, le WTI subissant sa plus forte baisse depuis avril 2020.

Le détroit d'Ormuz est une voie essentielle pour le commerce mondial du pétrole et du gaz, transportant généralement près de 20 % de l'approvisionnement mondial. Cette voie relie les principaux producteurs du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, l'Irak, le Qatar et le Koweït, aux marchés internationaux.

Les analystes de Wood Mackenzie ont indiqué que la perturbation dans le détroit affecterait la reprise de 11 millions de barils par jour de la production pétrolière en amont au Moyen‑Orient, selon un rapport

Les interruptions d'approvisionnement pétrolier ont entraîné un resserrement significatif de l'équilibre mondial du brut, selon une note d'ANZ. Ce changement rapide a fait passer le marché d'un excédent en début d'année à un déficit important.

L'or au‑dessus de 4 800 $

Un dollar américain plus faible jeudi a soutenu une hausse de plus de 1 % des cours de l'or.

Les investisseurs évaluent actuellement la stabilité du cessez‑le‑feu récent entre Washington et Téhéran tout en anticipant la publication des données de l'indice des prix à la consommation (IPC) américain.

Le recul de l'indice du dollar a entraîné une hausse des prix de l'or, rendant le métal plus accessible en abaissant le coût pour les acheteurs utilisant d'autres devises.

Les investisseurs attendent également la publication de l'IPC américain pour mars, prévue vendredi.

La mesure d'inflation privilégiée de la Réserve fédérale, l'indice des dépenses de consommation personnelle (PCE), devrait avoir encore augmenté en mars, après une progression de 2,8 % sur 12 mois jusqu'en février, conforme aux attentes.

« À court terme, l'or devrait rester tributaire des gros titres, la clarification sur la durabilité et l'étendue du cessez‑le‑feu étant déterminante pour savoir si les prix pourront retrouver une dynamique haussière », a écrit Ewa Manthey, stratégiste matières premières chez ING Group, dans une note. 

Des signaux géopolitiques contradictoires entraînent une volatilité des cours de l'or, la demande de valeur refuge étant compensée par des variations de l'appétit pour le risque et du dollar.

Au moment de la rédaction, le contrat or sur le COMEX s'établissait à 4 811,70 $ l'once, en hausse de 0,7 %, tandis que l'argent valait 76,198 $ l'once, en hausse de 1,1 % par rapport à la clôture précédente.