Invezz

Prévisions pétrole brut : Brent teste 90 $, un choc de la demande peut tout changer

Prévisions pétrole brut : Brent teste 90 $, un choc de la demande peut tout changer
Devesh Kumar
17 août 2026, 07:29 AM

propulsé par

Invezz
Contrats à terme sur le Brent (buy)

Acheter des contrats à terme Brent à échéance proche (ou un ETF Brent suivant l'échéance proche). Thèse : le trafic à Ormuz est effectivement interrompu (traversées quasiment nulles), assurant un véritable plancher d'offre alors que le marché n'anticipe pas encore un effondrement complet de la demande. Le Brent proche de $90 est le principal champ de bataille ; avec des exportations du Moyen-Orient contraintes, la hausse peut se réévaluer rapidement en cas d'escalade.

Risque clé : Une percée diplomatique crédible entre les États-Unis et l'Iran qui rétablirait rapidement la navigation à Ormuz, faisant disparaître la prime géopolitique.

Services pétroliers (sell)

Vendre des actions de services pétroliers (par ex. Schlumberger SLB ou Halliburton HAL). Thèse : même si les perturbations d'offre persistent, l'article souligne que la demande constitue le plafond — l'AIE prévoit une baisse plus importante de la demande en 2026 et une contraction en glissement annuel au T3. Ce mélange met sous pression les dépenses d'investissement à long terme et la revalorisation des multiples des services, même si le brut reste volatil.

Risque clé : La demande se stabilise (ou des coupes de l'OPEP resserrent suffisamment l'offre) de sorte que les attentes de capex augmentent et que les résultats des services voient une réévaluation à la hausse.

  • Le Brent se rapproche de $90 alors que les perturbations à Ormuz rétablissent la prime géopolitique du pétrole.
  • Le WTI dépasse $82 tandis qu'une demande plus faible plafonne le rallye pétrolier plus large.
  • L'AIE prévoit une baisse de la demande pétrolière en 2026 alors que les prix élevés des carburants pèsent sur la consommation.

Les prix du pétrole ont augmenté lundi alors que l'effondrement de la diplomatie entre les États-Unis et l'Iran et un net ralentissement du trafic pétrolier dans le détroit d'Ormuz ont rétabli une prime géopolitique sur les marchés du brut.

Le Brent a progressé jusqu'à 1% à $89.40 le baril, tandis que le West Texas Intermediate est monté à $82.83.

Les deux indices ont gagné plus de 5% la semaine dernière après des attaques contre des pétroliers et des infrastructures énergétiques saoudiennes qui ont ravivé les craintes que des perturbations de l'approvisionnement puissent persister même si la demande mondiale s'affaiblit.

Ormuz maintient le risque haussier

Le moteur immédiat reste le détroit d'Ormuz, où l'activité maritime a fortement ralenti alors que Washington et Téhéran restent dans l'impasse sur la réouverture de la voie.

Seuls cinq navires de marchandises ont traversé le détroit samedi et aucun n'a été enregistré dimanche, contre 31 le week-end précédent.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré que Téhéran n'avait pas décidé de reprendre les négociations avec les États-Unis, tandis que les Émirats arabes unis ont accusé l'Iran d'avoir pris pour cible un autre pétrolier exploité par ADNOC.

Une nouvelle flambée de violences au Liban a accru le risque régional. Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont tué au moins 11 personnes ce week-end, la plus meurtrière escalade depuis la trêve de juin avec le Hezbollah.

La réaction du marché reste toutefois mesurée plutôt que chaotique.

Shane Oliver, économiste en chef d'AMP, s'attend à ce que le brut reste globalement dans une fourchette de $70-$100 tant que l'impasse à Ormuz persiste, les exportations limitées du Moyen-Orient assurant un plancher aux prix tandis qu'une demande plus faible en limite le potentiel haussier.

La demande devient le principal frein au brut

Le scénario haussier côté offre se heurte à des perspectives de consommation qui s'affaiblissent rapidement.

L'Agence internationale de l'énergie prévoit désormais que la demande mondiale de pétrole diminuera de 1.6 million de barils par jour en 2026, une contraction plus importante que celle projetée le mois dernier.

Elle prévoit que la demande chutera de 2.8 million de barils par jour en glissement annuel au troisième trimestre, les prix élevés des carburants et les chaînes d'approvisionnement perturbées affectant la consommation.

L'OPEP reste nettement plus optimiste, prévoyant une croissance de la demande de 580,000 barils par jour cette année, bien que cette estimation ait également été coupée à plusieurs reprises.

Cette divergence explique pourquoi le Brent a du mal à franchir nettement la barre des $90 malgré les fortes perturbations autour d'Ormuz.

Les opérateurs anticipent une réelle pénurie d'approvisionnement, mais s'interrogent de plus en plus sur la quantité de pétrole coûteux que l'économie mondiale peut absorber.

Le Brent près de $90 devient le prochain test

L'Energy Information Administration des États-Unis s'attend à ce que le Brent atteigne en moyenne environ $85 le baril au troisième trimestre avant de retomber vers $78 au quatrième, à mesure que le trafic maritime s'améliore et que la production stoppée reprend progressivement.

Le WTI reste en décote par rapport au Brent car les perturbations d'approvisionnement internationales affectent le pétrole transporté par voie maritime plus directement que le marché américain. L'écart met aussi en évidence pourquoi l'histoire plus large du pétrole ne peut pas se lire à partir du seul WTI.

La volatilité importe aussi pour les investisseurs utilisant des plateformes de trading pour s'exposer aux contrats à terme sur le brut, aux actions énergétiques ou aux ETF liés au pétrole.

Avec le Brent proche de $90, des changements dans le trafic à Ormuz ou des nouveaux développements diplomatiques pourraient provoquer des mouvements brutaux dans tout le secteur. Pour l'instant, la géopolitique fixe le plancher et la demande fixe le plafond.

Un nouvel effondrement du trafic à Ormuz pourrait pousser rapidement le Brent au-delà de $90, tandis que toute percée diplomatique crédible exposerait le brut à des perspectives de consommation de plus en plus molles.