FMI réduit les prévisions pour le Royaume‑Uni et l'Allemagne alors que l'énergie flambe

FMI réduit les prévisions pour le Royaume‑Uni et l'Allemagne alors que l'énergie flambe
Rivanshi Rakhrai
14 avr. 2026, 16:27 PM

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Choc des importations d'énergie au Royaume‑Uni

Vendre le risque de taux britannique : vendre à découvert des futures sur gilts 10 ans du Royaume‑Uni (ou acheter des puts sur gilts 10 ans). La révision à la baisse de la croissance par le FMI et le ralentissement de la désinflation par la Banque d'Angleterre (objectif de 2 % atteint seulement fin‑2027) maintiennent une politique restrictive plus longtemps, tandis que la volatilité de l'inflation liée à l'énergie augmente la prime de terme. Cette combinaison accentue généralement la pente de la partie courte de la courbe et met sous pression les gilts de longue duration.

Risque clé : Une normalisation rapide des prix du gaz qui permettrait à la Banque d'Angleterre de baisser ses taux plus vite que prévu par le marché, effondrant la prime de terme et déclenchant un rallye des gilts.

Pression de stagflation en Allemagne

Vendre les valeurs cycliques allemandes à forte intensité énergétique : vendre à découvert l'exposition Xetra DAX via l'iShares Core DAX UCITS ETF (EXS1) ou acheter des puts sur le DAX. Le FMI réduit ses prévisions de croissance tandis que l'inflation augmente (choc énergétique), et le modèle d'exportation allemand est déjà affaibli face à la Chine — la stagflation réduit les multiples de valorisation et accroît le risque de compression des marges.

Risque clé : Une reprise marquée de la demande mondiale/des exportations ou une baisse durable des prix du gaz en Europe qui restaure la croissance sans relancer l'inflation.

  • Le FMI réduit fortement les perspectives de croissance du Royaume‑Uni en raison du choc énergétique.
  • Les prévisions pour l'Allemagne révisées à la baisse alors que l'inflation augmente sous l'effet de la guerre.
  • Le conflit en Iran menace la croissance mondiale et accroît la pression sur les décideurs.

Le Fonds monétaire international a fortement révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le Royaume‑Uni et l'Allemagne, invoquant les retombées inflationnistes du conflit en Iran.

Le Royaume‑Uni enregistre la plus forte révision à la baisse parmi les grandes économies avancées.

Le FMI s'attend désormais à une croissance du Royaume‑Uni de 0,8 % en 2026, contre 1,3 % prévu précédemment.

Le Royaume‑Uni fait face à la plus forte révision du G7

Il s'agit de la plus importante révision à la baisse parmi les économies du Groupe des Sept. Le Royaume‑Uni devrait désormais croître au même rythme que l'Allemagne et légèrement moins que la France.

Au niveau du PIB par habitant, il se classe en bas du G7.

Le FMI a attribué la révision à l'exposition du Royaume‑Uni à la flambée des prix du gaz naturel après la guerre américano-israélienne avec l'Iran.

Le conflit a initialement doublé les prix du gaz, affectant fortement l'économie britannique, qui dépend largement des importations d'énergie.

Le Fonds a également souligné le ralentissement des baisses de taux par la Banque d'Angleterre comme un autre facteur pesant sur la croissance.

La ministre des Finances britannique Rachel Reeves a critiqué la gestion du conflit par les États‑Unis.

Interrogée par le Mirror, elle a déclaré se sentir « très frustrée et en colère » face à ce qu'elle a qualifié d'absence de stratégie de sortie claire.

« C'est une folie et cela affecte des familles ici au Royaume‑Uni mais aussi des familles aux États‑Unis et dans le monde entier », a‑t‑elle déclaré, cité par Reuters.

L'impact économique menace les engagements du Premier ministre Keir Starmer et de Rachel Reeves d'accélérer la croissance et d'améliorer le niveau de vie.

Hausse du chômage et pressions inflationnistes

Le FMI prévoit que le taux de chômage britannique passe à 5,6 % cette année, contre 4,9 % en 2025.

L'inflation devrait atteindre un pic d'environ 4 % et s'établir en moyenne à 3,2 % en 2026.

Elle devrait revenir à l'objectif de 2 % de la Banque d'Angleterre uniquement d'ici la fin 2027.

Cela se compare aux prévisions antérieures d'une inflation à 2,5 % pour 2026.

Le Parti conservateur d'opposition a imputé la révision à la baisse aux décisions du gouvernement, notamment l'augmentation des charges pesant sur les employeurs.

Les perspectives de l'Allemagne elles aussi dégradées

L'Allemagne a également fait l'objet de révisions significatives à la baisse.

Le FMI prévoit désormais une croissance de 0,8 % en 2026 et de 1,2 % en 2027, soit des réductions de 0,3 point chacune.

Pour la zone euro, la croissance est prévue à 1,1 % en 2026 et 1,2 % en 2027, soit des ajustements à la baisse de 0,2 point, selon Reuters.

L'économie allemande peine à retrouver de l'élan depuis la pandémie de COVID‑19. La concurrence croissante de la Chine et des coûts énergétiques durablement élevés ont encore affaibli son modèle axé sur l'exportation.

L'inflation repart à la hausse sous l'effet de la montée des prix de l'énergie

Le conflit en Iran est devenu un choc économique mondial majeur.

Une flambée des prix du pétrole et du gaz après les frappes américano‑israéliennes du 28 février a poussé l'inflation allemande à 2,8 % en mars.

Le FMI prévoit que l'inflation allemande atteigne 2,7 % cette année, contre 2,3 % l'an dernier.

En réponse, le gouvernement de coalition allemand a annoncé des mesures d'allégement des prix des carburants à hauteur de 1,6 milliard d'euros via des réductions des taxes sur le diesel et l'essence.

Le FMI a mis en garde contre les subventions générales aux carburants, estimant qu'elles sont coûteuses et difficiles à inverser. Il a recommandé des aides temporaires et ciblées pour les ménages vulnérables.

Le chef économiste du FMI, Pierre‑Olivier Gourinchas, a averti que les décideurs publics doivent jouer un rôle d'équilibriste délicat.

« Quand on observe la volatilité sur les marchés des gilts, il est très clair que le marché est très sensible aux nouvelles fiscales au Royaume‑Uni », a‑t‑il déclaré à Reuters.