L'or coincé près de $4,700 : pourquoi reste-t-il une valeur refuge ?

L'or coincé près de $4,700 : pourquoi reste-t-il une valeur refuge ?
Sayantan Sarkar
27 avr. 2026, 08:14 AM

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Or COMEX (GC)

Acheter GC lors des replis tant qu'il tient la fourchette $4,600–$4,900. Thèse : l'or est traité comme une « assurance systémique » (sans risque de contrepartie) et les banques centrales continuent d'accumuler ; la consolidation est donc une absorption, pas une rupture. Les craintes liées au pétrole/l'inflation et l'impasse des pourparlers États‑Unis‑Iran maintiennent la prime géopolitique, même si les taux pèsent à court terme.

Risque clé : La Fed adopte un chemin soutenu de « plus élevé plus longtemps » qui maintient les taux réels élevés et force l'or à casser en dessous de $4,600.

Producteurs aurifères (GDX)

Acheter GDX comme expression à effet de levier d'un or qui se maintient. Thèse : si l'or tient sa fourchette, les minières devraient surperformer à mesure que les marges se stabilisent et que les investisseurs passent des couvertures pures à une approche croissance‑avec‑protection. La demande des banques centrales soutient le complexe aurifère, et les producteurs bénéficient typiquement lorsque le marché cesse de craindre une forte vente de l'or.

Risque clé : Un fort mouvement risk‑off sur les actions, accompagné d'un stress du crédit, affecte les bilans et la liquidité des minières, dépassant le soutien apporté par l'or.

  • Les cours de l'or sont enfermés dans une fourchette, oscillant entre $4,600 et $4,900 l'once.
  • La hausse des prix du pétrole augmente l'inflation et réduit l'attrait de l'or.
  • La demande à long terme soutient les prix malgré la volatilité à court terme.

Les cours de l'or sont à nouveau ennuyeux, le métal jaune restant coincé dans une fourchette au‑dessus du niveau de $4,700 l'once. 

Ces dernières semaines, les volumes de négociation ont diminué alors que les prix évoluent dans une large bande, fluctuant entre $4,600 et $4,900 l'once. 

Bien que les tensions géopolitiques persistent et que l'inquiétude économique soit élevée, on constate, selon un article de Kitco.com, une absence notable d'urgence immédiate poussant les positions de marché. 

Lundi, les cours de l'or ont annulé leurs gains précédents et ont légèrement reculé, tandis que les prix du pétrole ont bondi de plus de 1 % en raison d'une impasse dans les négociations de paix entre les États‑Unis et l'Iran. 

Au moment de la rédaction, le contrat or COMEX se négociait à $4,727.11 l'once, en baisse de 0.3% par rapport à la clôture précédente. 

Tensions géopolitiques et pression inflationniste

« Nous attendons simplement de voir s'il y aura des progrès dans les discussions (États‑Unis‑Iran) dans les prochains jours, et ce sera le principal moteur de l'or », a déclaré Kyle Rodda, analyste principal des marchés financiers chez Capital.com, cité dans un reportage de Reuters. 

Dimanche, le président américain Donald Trump a déclaré que l'Iran est invité à appeler s'il souhaite négocier une résolution du conflit de deux mois, tout en soulignant simultanément que l'Iran ne doit « jamais disposer d'une arme nucléaire ».

Les perspectives de paix ont subi un revers lorsque Trump a annulé, samedi, un déplacement de deux envoyés américains au Pakistan, qui assurait la médiation du conflit.

Les prix du pétrole ont ensuite augmenté alors que l'impasse des négociations entraînait une perturbation prolongée des exportations d'énergie du Moyen‑Orient. 

La hausse des prix du pétrole brut alimente l'inflation en augmentant les coûts de transport et de production, ce qui accroît à son tour la probabilité de taux d'intérêt plus élevés.

Bien que l'or soit généralement considéré comme une couverture contre l'inflation, son attractivité peut être réduite par des taux d'intérêt élevés, car ceux‑ci rendent les actifs générant un rendement plus attrayants.

Les acteurs du marché se concentrent actuellement sur la décision de la Réserve fédérale américaine en matière de taux d'intérêt, attendue mercredi.

Couverture contre l'instabilité systémique

Pour autant, parier sur une baisse et s'opposer à la première valeur refuge mondiale, neutre sur le plan géopolitique, serait une décision insensée.

Les cours de l'or, bien qu'inférieurs aux sommets de janvier, restent historiquement élevés, reflétant une demande mondiale soutenue.

Les analyses récentes du marché mettent de plus en plus en évidence un décalage significatif entre les valorisations des actifs et les risques inhérents, notamment sur les marchés actions et de la dette souveraine. 

De plus, la stabilité économique mondiale fait face à une menace sous‑estimée due aux divisions géopolitiques persistantes. 

Par conséquent, l'or est désormais valorisé non seulement comme une couverture contre un événement économique spécifique, mais comme une assurance indispensable contre une instabilité systémique plus large.

Si la corrélation de l'or avec d'autres actifs peut être temporairement perturbée par la volatilité à court terme, sa fonction d'outil de diversification à long terme reste intacte.

Sur un horizon plus long, l'absence de rendement de l'or est moins préoccupante qu'elle ne le paraît pendant des cycles guidés par les taux d'intérêt à court terme. 

« Contrairement à la plupart des actifs financiers, l'or n'entraîne pas de risque de contrepartie — une caractéristique qui prend de la valeur en période d'incertitude systémique », indique le rapport de Kitco.

La consolidation récente de l'or ne signale pas une perte d'attrait : le marché absorbe simplement des cours plus élevés sans ventes massives, ce qui indique que les détenteurs à long terme restent dominants.

« Le retour de l'or à des échanges plus calmes et bornés par une fourchette peut finalement révéler de la stabilité plutôt que de la stagnation », indique le rapport. 

Activité des banques centrales et potentiel à moyen terme

Actuellement, l'or se négocie autour de $4,700 l'once, soit environ $1,300 au‑dessus de la moyenne annuelle 2025, un facteur qui affaiblit la demande de bijoux. 

Parallèlement, les achats d'or des banques centrales constituent un point d'attention notable.

Cela est particulièrement pertinent en raison de la nécessité pour la banque centrale turque de réduire de manière significative ses réserves d'or en mars. 

Cette mesure a été prise pour protéger la monnaie nationale contre l'impact de la guerre en Iran.

En définitive, on peut considérer que la demande physique d'or a été temporairement atténuée, mais, compte tenu du niveau élevé d'incertitude et d'une Réserve fédérale américaine qui sera probablement plus accommodante qu'auparavant, nous estimons que les prix de l'or ont le potentiel de remonter à moyen terme.

Barbara LambrechtAnalyste matières premières chez Commerzbank AG.