Le dollar reste près d’un plus haut de six semaines, soutenu par les données US et les doutes sur l’Iran

Le dollar reste près d’un plus haut de six semaines, soutenu par les données US et les doutes sur l’Iran
Devesh Kumar
22 mai 2026, 06:58 AM

propulsé par

Invezz
Position longue sur le dollar (DXY)

Acheter : Invesco DB US Dollar Index Bullish Fund (UUP) ou s’exposer long au DXY. Motif : des données américaines résilientes maintiennent les rendements du Trésor à des niveaux soutenant l’idée de « taux plus élevés plus longtemps », tandis que l’incertitude États‑Unis‑Iran soutient la demande de valeur refuge. L’euro est déjà en repli et les marchés n’intègrent pas de percée diplomatique durable, de sorte que le dollar a de la marge pour progresser.

Risque clé : Un accord clair entre les États‑Unis et l’Iran qui réduirait fortement le risque géopolitique et permettrait aux marchés d’anticiper des baisses de taux de la Fed plus rapides.

Position vendeuse sur EUR/USD

Vendre : EUR/USD (via paire FX ou ETF comme EUFX). Motif : la force du dollar est large (DXY proche de ses plus hauts en six semaines) et l’euro est sous pression après les récents gains du billet vert. Avec le risque lié au pétrole et au Moyen‑Orient toujours non résolu, les investisseurs continuent de privilégier le USD plutôt que l’EUR.

Risque clé : Le sentiment envers l’euro s’améliore parce que les données américaines se refroidissent et que les anticipations de baisses de taux augmentent plus rapidement que pour l’euro.

  • Le dollar est resté proche d’un pic de six semaines alors que les pourparlers États‑Unis‑Iran ont envoyé des signaux mitigés.
  • Le yen a fluctué autour de 159 pour un dollar alors que les risques d’intervention de Tokyo ont de nouveau augmenté.
  • La pression liée au pétrole a maintenu les devises asiatiques sous tension face au dollar américain.

Le dollar américain est resté proche d’un plus haut en six semaines vendredi, les données économiques américaines résilientes et l’incertitude autour des pourparlers États-Unis-Iran maintenant la demande pour le billet vert.

L’indice du dollar s’échangeait à 99,24, peu ou pas changé sur la journée et juste en‑dessous du sommet de jeudi à 99,515, le niveau le plus élevé depuis le 7 avril.

Ce mouvement a prolongé une période de renforcement du dollar, alimentée par des rendements du Trésor plus fermes, la demande de valeur refuge et les anticipations selon lesquelles les taux d’intérêt américains pourraient devoir rester plus élevés plus longtemps.

L’euro a glissé à 1,1613 $ depuis un niveau d’ouverture à 1,1683 $, le laissant sous pression après les récents gains du dollar.

La livre sterling était quasi stable à 1,3431 $, mais restait en voie d’afficher une hausse hebdomadaire d’environ 0,8 %, malgré la volatilité récente liée à l’incertitude politique au Royaume‑Uni.

Les données américaines soutiennent le dollar

Les dernières données américaines ont renforcé le soutien au dollar.

Les demandes d’allocations chômage hebdomadaires ont diminué, indiquant une résilience continue du marché du travail, tandis qu’un indicateur manufacturier de mai a atteint son plus haut niveau en quatre ans.

Ces chiffres ont renforcé l’idée que l’économie américaine reste suffisamment solide pour inciter la Réserve fédérale à la prudence sur les baisses de taux.

Ce contexte a aidé le dollar à surperformer, alors que les investisseurs tentent aussi d’évaluer l’impact inflationniste des prix du pétrole élevés et des tensions au Moyen‑Orient.

Tony Sycamore, analyste de marché chez IG, a déclaré qu’il n’était pas convaincu que les marchés soient beaucoup plus proches d’une résolution entre les États‑Unis et l’Iran, ce qui suggère qu’il reste encore de la marge pour que le dollar se renforce si les risques géopolitiques persistent.

Les pourparlers sur l’Iran maintiennent la prudence des marchés

Les marchés des changes sont restés sensibles aux signaux issus des négociations États‑Unis‑Iran.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré qu’il y avait eu « quelques signes encourageants » dans les discussions avec l’Iran, mais a ajouté que des questions majeures devaient encore être résolues.

Les réserves d’uranium de Téhéran et le contrôle du détroit d’Ormuz demeurent des points de tension clés.

Cette incertitude compte pour les marchés FX car toute perturbation autour du détroit d’Ormuz pourrait maintenir les prix du pétrole à un niveau élevé, alimenter les inquiétudes inflationnistes et soutenir le dollar à la fois par des flux refuge et des anticipations de taux plus élevés.

Pour l’instant, les investisseurs semblent réticents à intégrer une percée diplomatique durable tant que des signes de progrès plus nets ne seront pas apparus.

Le yen s’affaiblit tandis que la menace d’intervention s’accroît

Le yen japonais est resté sous pression, s’échangeant autour de 159,09 pour un dollar, laissant les opérateurs vigilants face à une éventuelle intervention de Tokyo.

La devise était en recul de 0,1 % sur la journée et a rendu plus de la moitié de ses gains post‑intervention.

Cela a renforcé les spéculations selon lesquelles les autorités japonaises pourraient réintervenir sur le marché si la faiblesse du yen s’accélère.

La direction à court terme du yen restera probablement liée au sentiment général du marché des changes, à la dynamique du dollar et aux déclarations officielles du Japon.

Les responsables politiques ont indiqué qu’il n’existe pas de limite fixe quant à l’ampleur ou la fréquence des interventions si des mouvements désordonnés menaçaient la stabilité du marché.

L’Asie émergente confrontée à la pression liée au pétrole

Les devises de l’Asie émergente sont également restées sous tension, la hausse des prix du pétrole et un dollar solide exerçant une pression accrue sur les soldes externes.

L’Indonésie a pris des mesures pour soutenir la roupie, le gouvernement exigeant que les exportateurs de ressources naturelles déposent 100 % de leurs recettes d’exportation dans des banques publiques à partir du 1er juin.

La mesure vise à accroître l’offre de dollars sur le marché intérieur et à stabiliser la devise.

Nigel Foo, responsable de la dette asiatique chez First Sentier Investors, a déclaré que la mesure visait à intervenir directement sur le marché des changes en augmentant la liquidité en dollars sur le marché domestique.

Il a ajouté que la valeur d’une monnaie reflète les fondamentaux sous‑jacents d’un pays, qui, dans le cas de l’Indonésie, se sont détériorés.

Les perspectives restent liées au pétrole et aux politiques

Pour l’heure, l’avantage du dollar reflète une combinaison de la résilience économique américaine, de l’incertitude sur la diplomatie au Moyen‑Orient et de la pression sur les devises asiatiques du fait des prix élevés de l’énergie.

Les marchés continueront de suivre les pourparlers États‑Unis‑Iran, les prix du pétrole et les risques d’intervention japonaise pour s’orienter.

Tant qu’il n’y aura pas de progrès diplomatiques plus tangibles, le dollar américain est susceptible de rester le principal bénéficiaire de l’incertitude sur les marchés des changes.