Pourquoi la roupie indienne a‑t‑elle chuté autant ? 5 raisons clés

Pourquoi la roupie indienne a‑t‑elle chuté autant ? 5 raisons clés
Rivanshi Rakhrai
25 avr. 2026, 13:54 PM

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Position courte USD/INR

Vendre USD/INR (ou acheter de l’INR via des puts USD/INR). L’article souligne une demande de dollars persistante liée à l’augmentation des importations de brut due aux tensions liées à la guerre en Iran, ainsi que des sorties de portefeuille étrangères continues. Avec un REER à des minima de plusieurs années et la RBI projetant 94 par USD, la trajectoire de moindre résistance reste une faiblesse prolongée de l’INR plutôt qu’un retour rapide vers la moyenne.

Risque clé : Une chute rapide des prix du pétrole et le retour des investisseurs étrangers sur les actions indiennes réduiraient la demande de dollars et inverseraient les sorties de capitaux.

Actions indiennes couvertes contre l’INR (sous‑pondérées)

Sous‑pondérer les actions indiennes les plus sensibles à la conversion FX et aux sorties de capitaux ; privilégier les exportateurs gagnant en USD plutôt que les acteurs domestiques générant des revenus en INR. Le principal moteur est la sortie de capitaux actions et une roupie plus faible qui peuvent peser sur les valorisations et l’appétit pour le risque. Si la roupie reste faible, les investisseurs étrangers continueront de demander des dollars, maintenant la pression sur les flux vers les actions indiennes.

Risque clé : Un rebond soutenu de l’INR déclenche des entrées étrangères et un réajustement des valorisations, compensant la pression liée à la conversion FX.

  • Le REER de la roupie tombe à un plus bas décennal, sous l’effet de la hausse du pétrole et des sorties de capitaux.
  • Une inflation faible et la demande de dollars pèsent davantage sur la roupie.
  • Les analystes prévoient une reprise limitée à court terme malgré la sous‑évaluation.

La valorisation de la roupie indienne par rapport aux principales devises mondiales a chuté à son plus bas niveau depuis plus d’une décennie, alourdie par la hausse des prix du pétrole et des sorties de capitaux persistantes.

Les données du dernier bulletin de la Reserve Bank of India ont montré que le taux de change effectif réel (REER) de la roupie, pondéré sur 40 devises, est tombé à 92.72.

Le REER tient compte des différentiels d’inflation et est largement utilisé pour évaluer la compétitivité d’une monnaie.

La dernière lecture place la roupie nettement en dessous de sa moyenne de long terme de 98.25, indiquant que la devise est fortement sous-évaluée par rapport aux niveaux historiques.

1. La flambée du pétrole liée à la guerre en Iran pèse sur la roupie

Une forte hausse des prix du pétrole, alimentée par la guerre en Iran, s’est imposée comme un facteur clé pesant sur la roupie.

Des prix du pétrole plus élevés augmentent la facture d’importation de l’Inde, renforcent la demande de dollars et exercent une pression baissière sur la monnaie locale.

Les analystes ont noté que la demande de dollars liée au pétrole s’est intensifiée alors que les importateurs accroissent leurs achats pour sécuriser les approvisionnements.

2. Les sorties de portefeuille étrangères accentuent la faiblesse de la monnaie

D’importantes sorties de portefeuille étrangères ont encore affaibli la roupie.

Les investisseurs ont retiré des capitaux des actions indiennes dans un contexte d’aversion au risque mondiale accrue et d’une demande croissante pour le dollar américain.

Comme le rapporte Reuters, les analystes de BofA Global Research ont indiqué que la roupie restera probablement sous pression en raison de « la demande de dollars liée à l’intensification des importations de pétrole pour sécuriser les approvisionnements et des sorties de capitaux actions importantes dans un contexte d’aversion au risque accrue. »

3. Une inflation faible tire le taux de change réel vers le bas

Une inflation relativement modérée en Inde a également contribué à la baisse du REER.

Une inflation plus faible réduit l’avantage du niveau de prix relatif, entraînant une baisse de la valorisation de la monnaie pondérée par les échanges commerciaux.

Ce facteur a amplifié l’impact d’une baisse d’environ 4,5% de la roupie depuis le début de l’année, selon un rapport de Reuters.

4. Tendance marquée de dépréciation depuis fin 2024

La lecture du REER de mars couronne un net retrait de près de 15 points depuis les sommets de fin 2024, marquant l’un des épisodes de dépréciation réelle les plus prononcés de ces dernières années.

La roupie a également atteint un record faible de 95.21 pour un dollar fin mars, soulignant la pression soutenue sur la devise.

5. Mesures pondérées par le commerce plus larges signalent une sous‑évaluation plus forte

Un indicateur REER plus étroit, basé sur six devises, montre une baisse encore plus prononcée.

L’indice est tombé à 89.61 en mars, son plus bas niveau depuis le début des relevés en avril 2015, et bien en dessous de sa moyenne de long terme proche de 100.

Les six principaux partenaires commerciaux de l’Inde au cours de l’exercice 2024–2025 comprenaient les États‑Unis, la Chine, les Émirats arabes unis, la Russie, l’Arabie saoudite et Singapour, selon les données du ministère du Commerce.

Perspectives de reprise limitées malgré la sous‑évaluation

Malgré l’apparente sous‑évaluation de la roupie, les analystes estiment que les possibilités d’un rebond à court terme sont limitées.

La demande durable de dollars et les incertitudes mondiales devraient maintenir la monnaie sous pression.

Parallèlement, un REER plus faible améliore la compétitivité à l’exportation et rend les actifs indiens moins chers pour les investisseurs étrangers, bien qu’il réduise la valeur de leurs investissements existants en termes de devise étrangère.

La Reserve Bank of India a retenu un taux de change de 94 pour un dollar dans ses projections pour l’exercice 2026–27.

Une dépréciation de 5% par rapport à ce niveau pourrait ajouter environ 40 points de base à l’inflation et 25 points de base à la croissance, selon les estimations de la RBI.